| La
Femme en Inde
"Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand
un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu
y tomber et t'y noyer", chanson populaire de l'Inde...
En effet, la naissance d'une fille en Inde est considérée comme une malédiction.
Ainsi, la discrimination contre les femmes touche tous les secteurs de
la vie sociale, toutes les périodes de sa vie :
1) La naissance.
Bien peu de familles acceptent d'accueillir un bébé fille. Ainsi la pratique
du foeticide (lorsqu'il est possible de savoir, par écographie ou autre
méthode le sexe du futur bébé) et de l'infanticide sont monnaie courante.
Le traitement préférentiel donné aux enfants de sexe masculin est flagrant
dès le début de la vie.
2) A partir de 6 ans.
Beaucoup de fillettes découvrent avec leur mère, le monde de la prostitution.
A huit ans elle deviennent indépendantes ! Elles sont jetées sur le trottoir
pour débarrasser la maison et pour devenir un des moyens de faire rentrer
de l'argent dans la famille. Beaucoup de filles de cette tranche d'âge
meurent suite à de mauvais soins de santé volontairement limités ou non
administrés.
3) De 10 à 14 ans.
Elles subissent de plein fouet l'adolescence : elles sont mariées de force,
elles sont l'objet de dons faits aux couvents (le Davadasi traditionnel
: offrande des jeunes filles aux dieux) où elles deviennent l'esclave
sexuelle du prêtre. Les viols perpétrés par leur propre époux sont aussi
innombrables et constituent la rançon quotidienne de milliers de femmes
opprimées.
La justice ne considérant pas les viols domestiques de la même manière
que les viols extraconjugaux, les époux n'encourent aucune peine véritable.
La traite des femmes et des jeunes filles est extrêmement prolifique vers
les pays voisins, le Moyen-Orient, l'Europe de l'Est et de l'Ouest. Ainsi,
le tourisme sexuel peut se développer et atteindre des proportions toujours
plus inhumaines.
4) Le restant de leur vie.
Opprimée jusqu'à la plus petite parcelle de leur être, les femmes indiennes
n'ont, en tant qu'adulte, aucune garantie de jouir de leurs droits et
de leur liberté au même titre que les hommes. Elles sont soumises à des
lois sur le statut personnel fondées sur des règles religieuses qui renforcent
l'inégalité par rapport aux hommes en matière de divorce, de droits sociaux
de base et de droits successoraux.
C'est à cette période, également, que beaucoup de femmes mariées ou prêtes
à l'être sont assassinées par leur mari (ou futur) avec la complicité
de la famille de celui-ci parce que la dot de la fille est insuffisante
! Cet acte monstrueux prend, une fois de plus, racine dans la tradition
indienne...
D'un autre côté, le viol des femmes est à ce point fréquent, qu'il a pu
être classé en neuf catégories : dans la communauté, collectif, touchant
particulièrement les filles mineures, marital, commis par les membres
de l'armée ou de la police, dans les institutions (hôpitaux, détention
provisoire, prisons), dans une situation de dépendance économique, au
sein d'organisations politiques.
5) Pour les femmes qui auront échappé à cette discrimination outrancière
durant les deux premiers tiers de leur vie, il leur reste l'angoisse de
l'attente de la mort de leur époux qui signera dans beaucoup de cas (notamment
dans les villages) leur propre mort. C'est la pratique encore courante
du Satî où la veuve doit s'immoler d'elle même (bien souvent contrainte)
sur le bûcher où est en train de brûler la dépouille de son mari.
Cette pratique ne touche pas uniquement les veuves âgées mais aussi les
jeunes épouses dont le mari viendrait à décéder prématurément. D'autres
pratiques ont aussi court comme la mise à mort systématique de femmes
soupçonnées de sorcellerie.
Le gouvernement, même s'il a montré quelques volontés de changer les lois
pour essayer de faire évoluer les esprits vers plus d'humanité à l'égard
des femmes, est freiné par le poids des traditions et de la conscience
collective qui sont encore bien trop puissant.
Malgré cela, certaines femmes arrivent à fuir le carcan patriarcal et
se retrouvent "femmes coolies" dans les rues des grandes villes. Une liberté
fragile qui leur est inconnue et qui leur donne le vertige...
Quelques Chiffres Clés (1999)
* Le pourcentage d'analphabètes âgés de 15 à 24 ans (en 1990)
était de 59,7% pour les femmes et 33,7% pour les hommes,
* Le pourcentage d'analphabètes âgés de 25 ans et plus (en 1990) était
de 80,6% pour les femmes et 50,2% pour les hommes.
* 5 000 femmes indiennes sont tuées chaque année (12 à 14 femmes chaque
jour) parce que leurs maris estiment leur dot insuffisante, meutres essentiellement
déguisés en incendies de cuisine...
* Les fillettes qui travaillent sont exposées à de multiples risques liés
à l'emploi. En Inde, dans les fabriques d'allumettes, elles commencent
souvent à travailler entre 5 et 7 ans, 10 à 12 heures par jour et 7 jours
sur 7. Bon nombre d'entre elles sont victimes d'incendies accidentels
et de produits chimiques dangereux.
* En Inde, le décès d'une fillette sur six est imputable à la négligence
et à la discrimination.
* A titre d'exemple, une étude effectuée en Inde a révélé que 51 % des
garçons étaient nourris au sein, contre seulement 30 % des filles.
* Les statistiques sur la proportion des femmes faisant partie de la population
active ne reflètent pas la participation réelle des femmes aux activités
économiques dans les secteurs informels ou dans l'agriculture où l'on
retrouve un grand nombre de femmes. Par exemple, en Inde, l'utilisation
d'une définition plus large du terme "activité économique" a fait passer
le pourcentage des femmes ayant une activité économique de 13 % à 88 %.
* En Inde, 17 % des domestiques ont moins de 14 ans.
* Chaque année, 200 femmes sont tuées pour avoir été soupçonnées de sorcellerie.
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