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Ultimatum des rebelles au président de la conférence des évêques du Burundi

Ultimatum des rebelles au président de la conférence des évêques du Burundi

BUJUMBURA, 31 déc (AFP) - Les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL), dernier mouvement encore en guerre contre le gouvernement, ont donné mercredi 30 jours au président de la Conférence des évêques du Burundi, Mgr Simon Ntamwana, pour quitter le Burundi, dans une déclaration à l'AFP.


Cet ultimatum intervient deux jours après la mort du nonce apostolique au Burundi, Mgr Michael Courtney, tué dans une embuscade à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Bujumbura et dont les obsèques se déroulent mercredi à Bujumbura.


"Nous sommes très clairs et très sérieux là-dessus, il a 30 jours pour quitter le Burundi, et pas plus", a déclaré le porte-parole des FNL, Pasteur Habimana, joint par téléphone par l'AFP.


"Nous demandons instamment à l'Eglise catholique, à Rome de trouver un autre pays d'accueil pour Mgr Simon Ntamwana dans les jours qui viennent", a-t-ajouté.


Mgr Simon Ntamwana avait accusé mardi les FNL d'avoir "exécuté" Michael Courtney.


"Mgr Ntamwana doit partir, c'est un ultimatum. Sinon, l'avenir en dira plus", a prévenu le porte-parole des FNL.


"C'est une honte, Mgr Ntamwana est un homme sans parole, qui soutient les FDD (Forces pour la défense de la démocratie, ancien mouvement rebelle qui participe désormais au gouvernement) depuis longtemps et qui nous en veut parce que nous avons refusé sa présence lors des discussions (de paix) de Nairobi", a-t-il ajouté.


Les FDD, ex-principal mouvement rebelle burundais, ont signé un accord de paix global le 16 novembre avec le président burundais, Domitien Ndayizeye.


Les FNL et une délégation gouvernementale, dont des officiers supérieurs de l'armée, avaient négocié fin novembre à Nairobi, sans succès, pour trouver une issue à la guerre.


Il s'agissait d'une "première", car les FNL, issues de l'ethnie majoritaire hutue, avaient toujours refusé jusqu'alors de négocier avec le gouvernement, soulignant qu'ils ne discuteraient qu'avec l'armée, dirigée par les Tutsis ou les représentants de la communauté tutsie.


"De la façon dont il a été exécuté, et je parle bien d'une vraie exécution, on voit que Mgr Courtney était recherché", avait déclaré mardi Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega et président de la Conférence des évêques du Burundi.


"Les différents appels du nonce aux FNL pour qu'ils quittent la voie de la guerre, et les réactions de leur part, tout cela montre à mon avis qu'il ne faut pas chercher les coupables ailleurs que chez les FNL", avait-il ajouté.


Mgr Courtney avait joué les médiateurs pour parvenir à la paix au Burundi, déchiré depuis 10 ans par une guerre civile. A ce titre, il rencontrait régulièrement les groupes rebelles et notamment des responsables des FNL, qu'il tentait d'amener à la table des négociations, selon des sources diplomatiques.


"Nous jurons solennellement devant le peuple burundais et l'Eglise que nous n'avons pas organisé l'embuscade contre le nonce apostolique", a pourtant réitéré M. Habimana.


Les FNL avaient déjà rejeté lundi et mardi la responsabilité de cette attaque sur l'armée régulière.


Ce meurtre est sans précédent dans l'histoire moderne du Vatican: aucun ambassadeur du Saint-Siège n'a été tué, même dans les périodes les plus troublées du 20ème siècle comme la Seconde Guerre mondiale ou la guerre froide.


Depuis 1993, la guerre civile au Burundi a fait plus de 300.000 morts, essentiellement des civils, selon l'Onu.



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AFP
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AFP
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