Burundi

Actualité
Bulletin No 105
Semaine du 24 mars 2008

Rukindikiza et sa clique cherchent des proies désespérément

Bujumbura le 26.03.2008 (Samson Kwizera)

J’ai lu avec indignation l’article de monsieur Gratien Rukindikiza intitulé « ISAAC BIZIMANA EN PRISON POUR 25 MILLIONS VOLES PAR NTISEZERANA, LE 2ème VICE-PRESIDENT » Cette énième provocation de Monsieur Rukindikiza mérite qu’on fasse tout sauf répondre aux imbéciles par le silence. Analysons à chaud ce pavé jeté dans le cyberespace comme dans la mare par monsieur Rukindikiza dans ses habituelles plaidoiries d’un avocat du diable incorrigible.

D’une manière globale, à voir le titre et le contenu de l’article, on comprend très bien les visées démoniaques de cet imposteur qui blanchit des sommes d’argent sale arrachées aux personnages à qui il miroite de prétendues propriétés purificatrices de son site Internet. Disons que ces accusations gratuites dont Rukindikiza et la RPA sont friands, dénient à leurs médias toute vertu. Je m’en voudrais ne pas dire au passage que mon amour des joutes apologétiques ne me laisserait point respirer en laissant passer comme une lettre à la poste les propos incendiaires du pyromane Rukindikiza.

La mission impossible de casser un mandat d’arrêt international

Est-il nécessaire de rappeler que les magouilles autour de l’importation et de la commercialisation du pétrole ne datent pas du régime Nkurunziza? Si tout acte visant à couper les herbes sous les pieds des bandits en col blanc qui s’enrichissaient au détriment du trésor public vaut tant d’attaques à la personne déterminée à assainir les finances publiques, on comprend aisément la portée de l’article de Rukindikiza.

Pour noyer le Deuxième Vice-Président de la République dans une marée noire de corruption avérée, monsieur Rukindikiza part des hypothèses pour tirer ses éternelles conclusions hâtives, nous citons: « Il était difficile de comprendre que la ministre des finances soit accusée d'avoir détourné 8 milliards de francs bu et au même moment, accuser le pétrolier Taruku d'avoir encaissé 8 milliards de frs Bu de l'Etat en remboursement de la dette de l'Etat envers la société Interpétrole. La question qui se posait était de savoir si Taruku a reçu les 8 milliards. Ce dernier répond par un oui. Si Taruku les a reçus, Denise Sinankwa, ministre des finances de l'époque, ne les a pas alors détournés.»

Rappelons utilement que madame Sinankwa avait, par le passé, eu à connaître la prison à cause de la mauvaise gestion lorsqu’elle était employée par la société Interpétrole. Sortie de prison, elle n’avait jamais terminé sa dette envers son ancien employeur. Une fois devenue ministre des finances, elle a cru que l’occasion était trouvée pour se racheter et redorer son image envers Interpétrole. Pour faire d’une pierre deux coups, elle a naturellement pensé à garnir son compte bancaire à l’étranger. Est-il vrai qu’elle s’est achetée un appartement à Paris?

Cette sortie de Monsieur Rukindikiza devrait justifier la police burundaise et Interpol à entendre le faux journaliste dans le cadre des efforts visant à arrêter la ministre en cavale étant donné que le brûlot a été commandé par Sinankwa et qu’il n’y a aucun doute que Rukindikiza a des contacts avec la fugitive.

Monsieur Rukindikiza tente par ailleurs et en vain Dieu merci, de dérouter ses lecteurs. Personne n’a dit que madame Denise Sinankwa a pris tous les milliards des caisses de l’Etat pour les mettre dans sa propre poche. Elle est accusée d’avoir payé indûment l’homme d’affaires Taluk. Le crime de l’ex-ministre Denise Sinankwa est d’avoir payé à la société Interpétrole une somme qui avait été déjà payée par l’Etat. Cela s’appelle le détournement des fonds publics. L’Etat doit réclamer et récupérer son dû. Avancer que le fait que Taluk répond par oui à la question sollicitant un accusé de réception des milliards trafiqués par madame Sinankwa, cette question ne se pose pas. Les faits sont têtus, très éloquents et accablants. Rukindikiza aurait dû demander conseil pour quelque syllogisme plus intelligent!

Vous en conviendrez que le but premier de cette partie de l’article de monsieur Rukindikiza n’est pas d’accuser le Deuxième Vice-Président de la République d’avoir détourné 25 millions de fbu mais de chercher à disculper madame Sinankwa et de rendre grotesque le mandat d’arrêt international qui a été lancé contre elle. Vous voyez très bien que Rukindikiza vend des chimères avec ses élucubrations. Avec un papier si médiocre, l’avocat pédant échoue lamentablement à sauver la peau de sa cliente mais parvient probablement à blanchir quelque montant: un métier très lucratif qui ne fait que souligner que « tout flatteur vit au dépens de celui ou celle qui l’écoute!»

Dans cet amalgame de dénonciations calomnieuses et de plaidoiries ahurissantes, monsieur Rukindikiza n’oublie pas d’accuser et les individus et le parti politique. Un peu rusé tout de même, il ramène Hussein Radjabu sous les feux de l’actualité pour dire que l’ancien homme fort du parti CNDD-FDD ne pouvait pas ne pas tremper dans une telle affaire. Il est vrai que les accusations du député Mathias Basabose et toute l’avalanche de magouilles dénoncée ont sérieusement éclaboussé le despote qui rumine sa défaite dans les geôles de Mpimba. On s’attendait à une révélation qui ferait croire que Denise aurait reçu les ordres de l’ancien homme fort du parti pour procéder à un tel paiement au mépris des procédures requises.

Les raisons du séjour de Bizimana en prison

L’ancien gouverneur de la Banque Centrale du Burundi croupit en prison pour des faits avérés de corruption et de détournement de fonds publics. Alors que les ordres de paiement ne peuvent jamais comporter moins de neuf signatures, Isaac Bizimana a agi de connivence avec la ministre Sinankwa pour autoriser le paiement des sommes astronomiques versées à la société Interpétrole. Une fois l’affaire découverte, la justice a été saisie et le délinquant sur place arrêté et écroué. Le dossier étant pendant devant la cour, on ne prendrait point le risque d’étendre les commentaires. Faisons plutôt remarquer que monsieur Rukindikiza revient à ses vomissements en dénigrant les institutions de la République.
En effet, exception faite des profanes, les habitués des dédales du droit écrit savent très bien que tout magistrat doit au moins vérifier les trois compétences avant de se saisir d’une affaire. Dans le jargon judiciaire, on parle de la compétence ratione materiae, de la compétence ratione loci et de la compétence ratione personae. Comme c’est frappant de voir combien ces exigences paraissent dérisoires aux yeux de monsieur Rukindikiza qui s’efforce d’accréditer l’hypothèse d’une justice aux ordres, où tous les magistrats ne soient que des brebis galeuses, menées à la baguette par le pouvoir exécutif!

Toutefois, affirmons sans ambages qu’une partie de la population burundaise a trop souffert des jugements iniques de la magistrature burundaise. On se souvient par exemple de la condamnation à mort du directeur du lycée de Kibimba dans une parodie judiciaire. Quid par contre du sort réservé aux auteurs et commanditaires du massacre des étudiants dans les campus de Mutanga ou Kamenge ? C’était sous le règne des fascistes. Mais à quelque chose malheur est bon: ayez s’il vous plaît une pensée pour le repos de l’âme du directeur du lycée de Kibimba!
Après la restauration de la démocratie, l’orgueil des disciples des professeurs Mujos ou de Makoroka est loin de disparaître comme neige devant le soleil. Pour dire que les magistrats burundais sont loin de s’incliner bêtement devant les ordres des vainqueurs des élections de 2005 pour prendre une personne en promenade et l’écrouer d’une manière arbitraire! A moins que monsieur Rukindikiza ne cherche à nous dire indirectement que Bizimana a été vite emprisonné parce qu’il est Hutu alors que Sinankwa (une Tutsie) se la coule encore dans quelque métropole européenne!

Bâtir sur le tribalisme, c’est bâtir sur le sable

N’en déplaise aux sénateurs burundais qui rejettent les candidatures de magistrats appelés à réduire le déséquilibre ethnique dans la magistrature burundaise. Du côté de la chambre haute du parlement burundais, on demande cyniquement des années d’expérience à des magistrats hier discriminés dans la faculté de droit et dans les juridictions de la République! La situation burundaise est-elle ordinaire ou exceptionnelle? Disons que la réconciliation nationale pose des préliminaires. Le changement est irréversible depuis que le peuple a été poussé à prendre les armes pour défendre sa dignité. Ce message est valable également pour ceux qui essaient d’empêcher la démobilisation des ex-FAB alors qu’il s’agit d’une exigence non négociable du côté des bailleurs de fonds. Pour corriger de petites erreurs sur les listes des militaires et policiers à démobiliser, on refuse poliment d’exécuter cette tâche et on essaie de la confier à des commissions pléthoriques alors que le temps fixé pour atteindre le point d’achèvement est presque consommé! Nous exhortons la Force de Défense Nationale et la Police Nationale à ne pas tomber dans le piège de ceux qui veulent faire capoter le processus de démobilisation. Nous ne manquerons pas de rappeler aux pouvoirs publics de bien organiser les mesures d’accompagnement et de réinsertion sociale pour éviter que les démobilisés ne se livrent aux actes de vandalisme par désespoir.

Là où le bât blesse…

C’est écœurant pour les militants du parti CNDD-FDD de voir Rukindikiza inventer une affaire de 25 millions de fbu qui auraient servi à rembourser les dépenses du congrès. Tous les Burundais savent que même le président de la République soutenait le congrès de Ngozi. Bien que Radjabu ait choisi d’ouvrir les comptes du parti sous les noms de ses maîtresses ou séides, la détermination des militants était telle que les frais pour financer le congrès ne pouvaient pas manquer. C’est vraiment grotesque de chercher à accroire que monsieur Gabriel Ntisezerana a détourné quelque 25 millions pour les gens qui connaissent le parcours de cette personnalité de la République. Est-ce à dire que monsieur Rukindikiza aime tellement le parti CNDD-FDD qu’il souffre de voir ses dirigeants tarder à réclamer une telle somme? Pour ceux qui connaissent le fonctionnement des partis politiques burundais, ils savent pourtant qu’ils sont loin de badiner avec des sommes collectées pour des actions précises car des comités de suivi sont généralement mis en place. Mais monsieur Rukindikiza veut dénigrer le parti CNDD-FDD et produire la preuve que tout homme peut s’improviser et collecter de l’argent pour se remplir les poches!

Monsieur Rukindikiza ne rate aucune occasion pour s’attribuer les qualités d’un homme exceptionnel qui peut entendre ce que le Président de la République et son proche collaborateur se disent à huis clos ! Et il a le culot d’écrire: « En fonction des rapports de forces, le 2ème vice-Président a gardé ses indemnités et seule sa parcelle a été réduite. La ligne de défense du 2ème vice-Président Ntisezerana a joué sur deux angles. D'une part, il a dit qu'il voulait se rembourser sa part dans l'organisation du congrès de Ngozi. A deux, il avait accusé le Président Nkurunziza d’avoir détourné l’argent du Falcon». Quels rapports de forces? Autrement dit, face à son Deuxième Vice-Président, le Président de la République n’est qu’un chef de pacotille! Quel culot!

Pour ce qui est des dépenses liées à l’organisation du congrès, Rukindikiza aurait mieux fait de s’informer sur la mobilisation qui a caractérisée les militants qui voulaient se débarrasser d’un chef qui avait osé dire à ses ouailles: « Vous vantez vos diplômes? Vous allez les brûler pour vous réchauffer!» L’autre mensonge grossier est battu en brèche par le bon sens: S’ils étaient à deux, comment se fait-il que Rukindikiza ait entendu cette conversation? Sinon, qui d’autre était là? A moins que Rukindikiza ne cherche à dire que monsieur Ntisezerana n’est qu’un pauvre type qui divulgue facilement le contenu des conversations confidentielles!

Pour ceux qui connaissent le tempérament de monsieur Ntisezerana, ils sont plus que scandalisés par de telles accusations. Que dire de l’immeuble que monsieur Gabriel Ntisezerana élève non loin du monument de l’unité? Le chantier avance et il s’agit d’un immeuble qui dépasse de très loin les 25 millions dont parle monsieur Rukindikiza. Il aurait donc été plus objectif de demander à la cour des comptes de demander au Deuxième Vice-Président de la République d’expliquer l’origine de cette fortune au lieu de le salir si grossièrement.

Encore et toujours le dossier Interpétrole ?

Il convient encore une fois de souligner que monsieur Rukindikiza n’avait rien d’intéressant à présenter aux lecteurs. Le dossier Interpétrole a été traité par l’inspection générale de l’Etat et le rapport peut être consulté, sur demande, à la Deuxième Vice-Présidence de la République. Les preuves d’un détournement de fonds publics existent et ce sera à la justice de trancher. Quant aux haines ou à la mesquinerie que monsieur Rukindikiza nourrit envers monsieur Rurimirije et le Général Adolphe Nshimirimana, vous voyez très bien qu’elles n’avaient rien à faire dans un article avec un titre pareil: Taluk qui a longtemps compté sur l’amitié de maître Prosper Banzubaze sait très bien que la balance et le glaive de la justice l’attendent de pied ferme et que les circonstances atténuantes, c’est aux juges de les accorder et non aux émissaires du Président de la République!

On ne le dira jamais assez, monsieur Rukindikiza aime avoir recours à cette formule creuse « selon certaines sources » pour accuser sans preuves. De grâce, laissons la justice faire son travail et encourageons plutôt les Burundais à se mettre au travail en toute sérénité. Nul n’ignore que les chantiers de la lutte contre la corruption, les détournements et les malversations financières préoccupent énormément le Deuxième Vice-Président de la République.

Ces campagnes malveillantes, d’ailleurs abandonnées par le site arib.info et dont monsieur Rukindikiza cherche à prendre le relais, ne produisent que le même effet qu’un chien qui aboie sans empêcher une caravane de passer. Car, il est loin le temps où les fossoyeurs de la démocratie et de la justice burundaise imposaient leurs allégations cyniques comme des vérités bibliques.

La médiocrité outrageante de monsieur Rukindikiza rappelle les déboires du colonel Jean Bikomagu au lendemain du putsch sanglant qui a emporté le très regretté Melchior Ndadaye. Alors que les preuves accablantes s’accumulaient contre les Forces Armées Burundaises, quel cynique n’a été le culot dudit colonel de s’ingénier à disculper une armée pourtant mouillée jusqu’au cou! Cette sortie de monsieur Rukindikiza confirme qu’il est resté un élève de ses maîtres sanguinaires et experts en fabrication de boucs émissaires! Nous souhaitons que le mandat d’arrêt international contre madame Denise Sinankwa donne enfin des résultats.

26 mars 2008

Samson Kwizera

mise en ligne par Janvier Mbarushimana

Document source:
Abarundi.org
Document authors:
Samson Kwizera


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