| Bujumbura
le 23.01.2008
Juste après
les élections de 2005, le Parti CNDD-FDD était pratiquement
le seul de tous les partis politiques du pays, ainsi que le Gouvernement,
qui multipliaient les appels à la paix et à une fin de la
guerre du FNL pour permettre la reconstruction du Burundi. Aujourd’hui,
quand il ne reste plus que deux ans avant les échéances
électorales de 2010, les autres partis (Frodebu, Uprona, CNDD,
etc. ) se joignent au train de la paix. Apparemment, dans un calcul politicien
au détriment du peuple, les partis de l'opposition ont passé
les trois dernières années les mains croisées ou
en encourageant le FNL à ne pas signer la paix: ces partis politiques
semblaient vouloir tirer profit du ressentiment populaire inévitable
contre le parti au pouvoir suite à la continuation de la guerre
et la souffrance de la population.
En effet, la dernière parution de l'Aube de la Démocratie,
le journal officieux du FRODEBU accuse ouvertement le FNL et titre : "RWASA
Agathon BLOQUE LES INSTITUTIONS BURUNDAISES", Ce journal du FRODEBU
pointe du doigt le FNL: "..L'insécurité persistante
qui sème la désolation à travers tout le pays trouve
son fondement dans la problématique de la question du Palipehutu-FNL"
et ce journal insiste que le FRODEBU doit "...se battre bec et ongles
pour arracher la fin de la guerre avec 2008", le Frodebu refuse "..d'envisager
une compétition électorale de 2010 dans une situation de
guerre...". et que "...le Palipehutu-Fnl ne devrait plus se
focaliser sur le Médiateur NQUAKULA", " ..doit écouter
les conseils judicieux du directoire politique qui épaule le facilitateur..",
et "..bien plus il devrait observer le prescrit du dernier conseil
de Sécurité à ce sujet.....". En conclusion,
on observe que toutes les forces politiques du pays sont maintenant d'accord
pour préparer des échéances électorales paisibles
pour 2010. Il aura fallu 3 ans de souffrances pour arriver à ce
point.
Apres ce retournement de veste public du Frodebu contre le FNL, c'est
évident que si le FNL signait la paix maintenant avec l'administration
pilotée par le CNDD-FDD, il obtiendrait beaucoup plus de concessions
et avantages qu'il n'obtiendrait en signant la paix avec une nouvelle
administration CNDD-FDD après 2010 et encore moins avec une hypothétique
administration issu d'une victoire du FRODEBU en 2010. L'animosité
et la violence politique n'ont plus de place au Burundi démocratique:
le FNL a maintenant le soutien total de toute la classe politique Burundaise
pour la paix et le meilleur partenaire reste maintenant et après
2010, le Gouvernement démocratique issu de la victoire du CNDD-FDD.
Trois ans après les élections de 2005, au chapitre des réussites
du parti CNDD-FDD que tous les citoyens Burundais devraient célébrer
figurent la révolution de l'Education et du secteur de la Santé
accomplis par la politique progressiste inspirée par le parti CNDD-FDD:
la construction massive des écoles dans tout le pays et la politique
de l'éducation pour tous, aucune région ne se plaindra plus
qu'elle n'a pas assez d’écoles ou de centres de santé.
En préparation pour 2010, on mettrait la correction de la lenteur
à gérer des dossiers difficiles qui ont emmaillés
la route des trois dernières années Par exemple, à
cause de cette lenteur à conclure rapidement le dossier des 30
citoyens morts à Muyinga aux mains des forces de securité
publiques, les pertes ne se limitent plus maintenant aux vies de 30 personnes,
il s’y ajoute les zizanies potentielles entre la Documentation Nationale
et les FDN, entre hauts officiers ex-FAB et ex-rebelles.
La leçon de cette situation est qu'il n'existe qu'une seule façon
de régler une crise: rapidement et dans le droit par les autorités
compétentes, en remontant la chaîne de responsabilité
quand les instances locales sont en difficultés. Comme ce fut le
cas récemment à l'Université du Burundi, le problème
est remonté jusqu'au Conseil des Ministres et maintenant, les étudiants
sont rapidement de retour dans leurs classes
. Certains étudiants avaient même commencé à
essayer d'ethniciser le problème mais l'intervention des autorités
au plus haut sommet a permis d'éviter le désordre et les
étudiants sont rapidement de retour en classe pour faire ce qui
est bon pour eux: étudier.
Actuellement à Ruyigi, on ne doit pas permettre que la situation
de crise de confiance et de bras de fer interethniques se prolonge: les
citoyens et l'administration doivent retourner à faire ce qui est
bon pour eux: le travail et le développement. La discorde politisée
interethnique à Ruyigi aura certainement été un des
facteurs qui ont poussé l'ONG Action Contre la Faim de se retirer
du pays. Et aussi, dans cet imbrioglio, certains diabolisent la Maison
Shalom, qui vient d'inaugurer un grand hôpital à Ruyigi.
Donc bientôt, si cela n'est pas arrêté, ce sera une
double perte pour les citoyens de Ruyigi, car tous les financements vont
tarir.
L'action décisive immédiate à Ruyigi doit venir rapidement
du Gouverneur, puis du Ministre de l'Intérieur, et en cas d'échec,
ensuite du 1er Vice-président, dont ce ministère est de
ressort, du Conseil des Ministres et enfin du Président de la République.
Réunir en conférence tous les protagonistes, revoir tous
les dossiers d'emprisonnements actuels effectués par les autorités
de Ruyigi et de Gitega, trouver des solutions de consensus à la
discorde ethnique, éviter tout emprisonnement expéditif
à motivation ethnique, punir sans états d'âmes tout
participant à une attaque contre le Gouverneur, etc.
Pour comprendre les dangers du pourrissement, en revenant au cas de Muyinga,
au départ, on assistait à une controverse entre le Gouverneur
de Muyinga qui refusait l'existence des massacres et les accusations de
l'APRODH, puis du Procureur, ensuite entre diverses instances judiciaires,
etc. Et maintenant, dix-huit mois après, le cap est franchi d'accusations
de montage jusqu'au plus haut sommet de la hiérarchie militaire
et de la Documentation Nationale. Concernant aussi l’affaire du
putsch, presque deux ans après, la cassette vidéo de la
torture de M. Kadege à la Documentation Nationale circule librement
à Bujumbura. Tout le monde perd par le pourrissement d'une situation
et l'unique solution est toujours l'intervention rapide et décisive,
aussi pénible soit elle, par les autorités hiérarchiques,
quand le bas échelon devient incapable de remettre l'ordre, la
justice et la modération dans une situation.
En exemple positif de résolution rapide d’une crise, ce fut
le cas des actions rapides, claires et délibérées
des autorités de l’Université du Burundi, de son Conseil
d’Administration, du Ministre de l’Education de tutelle, et
puis par l'intervention décisive du Conseil des Ministres à
Université du Burundi. Cela aurait pu être le cas lors de
la crise de Muyinga pour éviter le pourrissement et maintenant
la crise de Ruyigi est une opportunité d'intervention par les autorités
compétentes pour remettre les citoyens de Ruyigi au travail et
à la quiétude de la reconstruction.
A propos des échéances 2010, les analystes politiques qui
ont eu l'opportunité de sillonner le pays, pour constater la construction
des centaines de sales de classes et de centre de santés, des efforts
de reboisement, de la nouvelle campagne d'arbres fruitiers, des nouvelles
routes en construction, etc., la victoire électorale du CNDD-FDD
est prévisible car seuls les résultats tangibles comptent
pour la population, et surtout, la paix si le FNL décidait de rejoindre
le giron pacifique de la Nation.
Jean-Charles Nkanganyi
mis en
ligne par Janvier Mbarushimana
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