Burundi

Libre Opinion
Bulletin No 97
Semaine du 21 janvier 2008

Soutenir la lutte du CNDD-FDD contre le sectarisme et pour la collaboration des forces politiques pour la paix: une revue de l'actualité politique (Dossiers FNL, Ruyigi, Muyinga, Divorce entre le Frodebu et le FNL, etc.)

Bujumbura le 23.01.2008

Juste après les élections de 2005, le Parti CNDD-FDD était pratiquement le seul de tous les partis politiques du pays, ainsi que le Gouvernement, qui multipliaient les appels à la paix et à une fin de la guerre du FNL pour permettre la reconstruction du Burundi. Aujourd’hui, quand il ne reste plus que deux ans avant les échéances électorales de 2010, les autres partis (Frodebu, Uprona, CNDD, etc. ) se joignent au train de la paix. Apparemment, dans un calcul politicien au détriment du peuple, les partis de l'opposition ont passé les trois dernières années les mains croisées ou en encourageant le FNL à ne pas signer la paix: ces partis politiques semblaient vouloir tirer profit du ressentiment populaire inévitable contre le parti au pouvoir suite à la continuation de la guerre et la souffrance de la population.

En effet, la dernière parution de l'Aube de la Démocratie, le journal officieux du FRODEBU accuse ouvertement le FNL et titre : "RWASA Agathon BLOQUE LES INSTITUTIONS BURUNDAISES", Ce journal du FRODEBU pointe du doigt le FNL: "..L'insécurité persistante qui sème la désolation à travers tout le pays trouve son fondement dans la problématique de la question du Palipehutu-FNL" et ce journal insiste que le FRODEBU doit "...se battre bec et ongles pour arracher la fin de la guerre avec 2008", le Frodebu refuse "..d'envisager une compétition électorale de 2010 dans une situation de guerre...". et que "...le Palipehutu-Fnl ne devrait plus se focaliser sur le Médiateur NQUAKULA", " ..doit écouter les conseils judicieux du directoire politique qui épaule le facilitateur..", et "..bien plus il devrait observer le prescrit du dernier conseil de Sécurité à ce sujet.....". En conclusion, on observe que toutes les forces politiques du pays sont maintenant d'accord pour préparer des échéances électorales paisibles pour 2010. Il aura fallu 3 ans de souffrances pour arriver à ce point.

Apres ce retournement de veste public du Frodebu contre le FNL, c'est évident que si le FNL signait la paix maintenant avec l'administration pilotée par le CNDD-FDD, il obtiendrait beaucoup plus de concessions et avantages qu'il n'obtiendrait en signant la paix avec une nouvelle administration CNDD-FDD après 2010 et encore moins avec une hypothétique administration issu d'une victoire du FRODEBU en 2010. L'animosité et la violence politique n'ont plus de place au Burundi démocratique: le FNL a maintenant le soutien total de toute la classe politique Burundaise pour la paix et le meilleur partenaire reste maintenant et après 2010, le Gouvernement démocratique issu de la victoire du CNDD-FDD.

Trois ans après les élections de 2005, au chapitre des réussites du parti CNDD-FDD que tous les citoyens Burundais devraient célébrer figurent la révolution de l'Education et du secteur de la Santé accomplis par la politique progressiste inspirée par le parti CNDD-FDD: la construction massive des écoles dans tout le pays et la politique de l'éducation pour tous, aucune région ne se plaindra plus qu'elle n'a pas assez d’écoles ou de centres de santé.

En préparation pour 2010, on mettrait la correction de la lenteur à gérer des dossiers difficiles qui ont emmaillés la route des trois dernières années Par exemple, à cause de cette lenteur à conclure rapidement le dossier des 30 citoyens morts à Muyinga aux mains des forces de securité publiques, les pertes ne se limitent plus maintenant aux vies de 30 personnes, il s’y ajoute les zizanies potentielles entre la Documentation Nationale et les FDN, entre hauts officiers ex-FAB et ex-rebelles.

La leçon de cette situation est qu'il n'existe qu'une seule façon de régler une crise: rapidement et dans le droit par les autorités compétentes, en remontant la chaîne de responsabilité quand les instances locales sont en difficultés. Comme ce fut le cas récemment à l'Université du Burundi, le problème est remonté jusqu'au Conseil des Ministres et maintenant, les étudiants sont rapidement de retour dans leurs classes
. Certains étudiants avaient même commencé à essayer d'ethniciser le problème mais l'intervention des autorités au plus haut sommet a permis d'éviter le désordre et les étudiants sont rapidement de retour en classe pour faire ce qui est bon pour eux: étudier.

Actuellement à Ruyigi, on ne doit pas permettre que la situation de crise de confiance et de bras de fer interethniques se prolonge: les citoyens et l'administration doivent retourner à faire ce qui est bon pour eux: le travail et le développement. La discorde politisée interethnique à Ruyigi aura certainement été un des facteurs qui ont poussé l'ONG Action Contre la Faim de se retirer du pays. Et aussi, dans cet imbrioglio, certains diabolisent la Maison Shalom, qui vient d'inaugurer un grand hôpital à Ruyigi. Donc bientôt, si cela n'est pas arrêté, ce sera une double perte pour les citoyens de Ruyigi, car tous les financements vont tarir.

L'action décisive immédiate à Ruyigi doit venir rapidement du Gouverneur, puis du Ministre de l'Intérieur, et en cas d'échec, ensuite du 1er Vice-président, dont ce ministère est de ressort, du Conseil des Ministres et enfin du Président de la République. Réunir en conférence tous les protagonistes, revoir tous les dossiers d'emprisonnements actuels effectués par les autorités de Ruyigi et de Gitega, trouver des solutions de consensus à la discorde ethnique, éviter tout emprisonnement expéditif à motivation ethnique, punir sans états d'âmes tout participant à une attaque contre le Gouverneur, etc.

Pour comprendre les dangers du pourrissement, en revenant au cas de Muyinga, au départ, on assistait à une controverse entre le Gouverneur de Muyinga qui refusait l'existence des massacres et les accusations de l'APRODH, puis du Procureur, ensuite entre diverses instances judiciaires, etc. Et maintenant, dix-huit mois après, le cap est franchi d'accusations de montage jusqu'au plus haut sommet de la hiérarchie militaire et de la Documentation Nationale. Concernant aussi l’affaire du putsch, presque deux ans après, la cassette vidéo de la torture de M. Kadege à la Documentation Nationale circule librement à Bujumbura. Tout le monde perd par le pourrissement d'une situation et l'unique solution est toujours l'intervention rapide et décisive, aussi pénible soit elle, par les autorités hiérarchiques, quand le bas échelon devient incapable de remettre l'ordre, la justice et la modération dans une situation.

En exemple positif de résolution rapide d’une crise, ce fut le cas des actions rapides, claires et délibérées des autorités de l’Université du Burundi, de son Conseil d’Administration, du Ministre de l’Education de tutelle, et puis par l'intervention décisive du Conseil des Ministres à Université du Burundi. Cela aurait pu être le cas lors de la crise de Muyinga pour éviter le pourrissement et maintenant la crise de Ruyigi est une opportunité d'intervention par les autorités compétentes pour remettre les citoyens de Ruyigi au travail et à la quiétude de la reconstruction.

A propos des échéances 2010, les analystes politiques qui ont eu l'opportunité de sillonner le pays, pour constater la construction des centaines de sales de classes et de centre de santés, des efforts de reboisement, de la nouvelle campagne d'arbres fruitiers, des nouvelles routes en construction, etc., la victoire électorale du CNDD-FDD est prévisible car seuls les résultats tangibles comptent pour la population, et surtout, la paix si le FNL décidait de rejoindre le giron pacifique de la Nation.



Jean-Charles Nkanganyi

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

Document source:
Abarundi.org
Document authors:
Jean-Charles Nkanganyi


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