Burundi

Opinion
Bulletin No 103
Semaine du 10 mars 2008

BURUNDI : A QUI PROFITE LE CHAOS ENGENDRE PAR LES GRENADES A BUJUMBURA ?

Bujumbura, le 13 mars 2008 ( Burundibwacu.org) La Rédaction vient de recevoir de Mr Kapoli Xavier, lecteur assidu de notre site, un témoignage personnel sur les attagues à la grenade perpétrés par des individus jusqu’ici inconnus, contre les domiciles de certains parlementaires en opposition ouverte avec le pouvoir du Président Pierre Nkurunziza.

Jusqu’ici et pour garder sa neutralité par rapport au climat d’incertitude et de confusion politique en cours dans notre pays, notre site s’était gardé à dessein d’intervenir dans le débat, en attendant de posséder des informations certaines qui lui auraient permis de s’exprimer là-dessus à bon escient.

En décidant de proposer aujourd’hui le document qui suit à l’attention de nos lecteurs, nous avons voulu tout simplement les inviter à en confronter le contenu avec la thèse diamétralement opposée qui circule actuellement à travers le monde entier, en particulier suite à l’appel que 46 parlementaires burundais - apparemment angoissés et en proie au désespoir - viennent d’adresser à Son Excellence le Secrétaire Général des Nations-Unies, en prenant à témoin toutes les plus hautes autorités politiques et morales de la terre.

Fort évidemment, tout en confirmant que les idées exprimées dans l’article ci-dessus n’engagent que leur auteur, nous restons à la disposition de quiconque voudra s’exprimer là-dessus, pourvu que ce soit dans le respect des normes élémentaires de la courtoisie et de la pondération.

BURUNDI : A QUI PROFITE LE CHAOS ENGENDRE PAR LES GRENADES A BUJUMBURA ?

Tout d’abord, depuis bientôt deux ans, une certaine presse a réussi à inoculer savamment dans le subconscient collectif des burundais une véritable psychose d’une insécurité généralisée, en allant jusqu’à préciser "ad nauseam" que le chef d’orchestre de cette catastrophe annoncée n’est personne d’autre que le Chef de l’Etat lui-même, assisté par le Chef des Services de Renseignements, les Généraux ex-FDD ainsi que par des inconditionnels du parti présidentiel. Dans ce sens, l’opinion nationale et internationale a été régulièrement inondée d’informations alarmantes, faisant état de l’imminence certifiée de putschs sanglants organisés par le pouvoir du CNDD-FDD contre lui-même, qui devaient sonner le glas pour tous les membres de l’opposition et donc aussi pour la démocratie naissante.

Fort heureusement, rien de tout cela n’a été confirmé par des faits concrets, au grand dam de ces prophètes de malheur qui manifestement étaient fort déçus de ce que leurs prévisions ne s’étaient pas réalisées. En effet, à part qu’il n’y a eu aucune tentative de putsch dans un sens comme dans l’autre, l’opinion publique n’a pratiquement jamais eu vent d’une vague de violences commanditées par le pouvoir du CNDD-FDD à l’endroit d’une quelconque personnalité de l’opposition, Ou de la population en général.

Toutefois, dans le même laps de temps, alors que les négociations entre le Gouvernement et le Palipehutu-FNL d’Agathon Rwasa étaient au point mort, il y a eu une véritable recrudescence d’actes de violence, de banditisme et de vol à main armée un peu partout dans le pays. Cela a eu comme effet immédiat l’augmentation du climat d’insécurité, surtout dans certaines provinces comme Bujumbura Rural, Bubanza et Ruyigi où la population a fini par se sentir abandonnée par le pouvoir central incapable de les défendre. Effectivement, l’honnêteté intellectuelle nous oblige de reconnaître, nous aussi, que les Forces de Sécurité ont souvent brillé par leur incapacité d’identifier et de mettre hors d’état de nuire un ennemi qui réussissait souvent à se mimétiser dans la population innocente après le forfait. Mais il n’en est pas moins surprenant que la même presse proche des milieux de l’opposition ait systématiquement et à priori accusé le pouvoir du CNDD-FDD d’être le commanditaire de ces nombreux actes de barbarie, et cela sans se donner la peine d’en inventer au moins une preuve convaincante et tangible.

Parmi les faits de violence qui méritent une attention particulière de notre part, eu égard surtout à leur impact sur l’opinion publique ainsi qu’à leurs conséquences sur le comportement de la communauté internationale envers notre pays en tant que tel, nous citerons les deux attaques à la grenade contre les résidences de certains parlementaires de la dissidence ou de l’opposition politique au pouvoir du CNDD-FDD, le 19 Août 2007 et tout récemment le 8 Mars 2008.

Dans le premier cas, des inconnus ont lancé des grenades contre les domiciles des députés du CNDD-FDD Pasteur Mpawenayo et Jean-Marie Nduwabike, ainsi que Nephtali Ndikumana du CNDD. Au même moment, d’autres grenades ont été lancées contre la résidence de l’ancien Vice-Président de la République, Mr Frédéric Bamvuginyumvira, membre du FRODEBU.

Et comme il fallait s’y attendre eu égard surtout au climat politique incandescent qui régnait à l’époque à cause du blocage des travaux de l’Assemblée Nationale et du Gouvernement, consécutif à l’emprisonnement de Mr Radjabu Hussein, des voix s’élevèrent pour accuser sans plus le Président Nkurunziza et les siens d’avoir ourdi et mis le forfait à éxécution.

Dans la soirée du 8 Mars dernier, les attaques à la grenade ont pris pour cibles les résidences des députés Pasteur Mpawenayo, Alice Nzomukunda et Zaituni Radjabu du CNDD-FDD, ainsi que celle de Léonard Nyangoma, Président du CNDD.

Encore une fois, ces attaques sont survenues alors que les travaux sont bloqués à l’Assemblée Nationale, suite à la destitution de Mme Alice Nzomukunda de la deuxième Vice-Présidence de l’Assemblée Nationale.

Ici aussi, la même presse accusatrice s’est empressée de rendre le Président de la République responsable de cette enième tentative d’assassinat à l’endroit de certains membres de l’opposition et de la dissidence interne au parti présidentiel.

Pour ma part, sans prétendre aucunément imposer mon point de vue à quiconque et encore moins me substituer au travail de ceux qui sont chargés de mener des enquêtes impartiales et objectives sur ces actes ignobles, je voudrais partager avec le lecteur le doute que continuent de susciter en moi certaines circonstances dans lesquelles se sont déroulés les faits en question.

Faute de temps et d’espace, je me contenterai de relever quelques incongruences dans la version des faits telle que donnée par les victimes présumées des attaques et dûment relayée par certains médias gagnés à la cause de l’opposition à outrance.

1. Cas de l’Hon. Pasteur MPAWENAYO, Député du CNDD-FDD, inconditionnel de Mr Radjabu Hussein :

Le 19 Août 2007, à 19h00, il y a eu effectivement l’explosion d’une grenade au domicile de Mr Pasteur MPAWENAYO et chez son voisin.

D’après nos informations, l’enquête policière a révélé que la grenade est tombée juste sur la barza de la maison visée. Toutefois, à voir l’impact de la grenade sur le sol et compte tenu de la hauteur de la clôture ainsi que de la toiture au-dessus de la barza touchée, étant donné aussi qu’il existe un mur garde-fou tout le long de la barza de la maison de Mr Mpawenayo, les experts en balistique affirment qu’il est absolument impossible que quelqu’un ait pu lancer une grenade de l’extérieur et atteindre la barza au point effectivement touché.

Bien plus, les mêmes enquêteurs précisent que l’anneau de la grenade qui a explosé sur la barza en question a été trouvé par la police, à l’intérieur de la parcelle, sous la voiture de l’Hon. Pasteur Mpawenayo, exactement à 3 mètres du lieu d’explosion.

Or, d’après la déclaration unanime des 4 policiers de la garde de l’Hon. Pasteur Mpawenayo, les criminels présumés ne sont pas entrés dans la parcelle. En conséquence, puisque l’anneau de la grenade a été effectivement trouvé à l’intérieur de la parcelle, il va de soi que la personne qui l’a lancée se trouvait donc nécessairement à l’intérieur de la parcelle, puisque c’est là qu’il l’a dégoupillée.

D’autre part, dans leurs déclarations à la police, les quatre éléments de la garde de l’Hon. Mpawenayo divergent sur leur emplacement exact au moment de l’attaque. Par exemple, alors que l’un d’entre eux a affirmé qu’ils étaient tous à l’extérieur de la parcelle, un autre a dit qu’ils étaient en train de manger, tandis que le troisième a déclaré qu’ils étaient en train de changer de tenue pour se relaxer après leur voyage dans Bujumbura Rural. Le quatrième a dit, quant à lui, qu’il montait la garde.

Pour sa part, le témoignage d’un enfant vivant dans la maison a indiqué que, quelques minutes avant les explosions, les policiers ont donné l’ordre d’éteindre le poste de télévision dans le salon et d’aller la regarder chez le voisin qui habite dans la maison annexe située derrière la maison principale. D’après ce témoignage, c’est au moment où les enfants frappaient à la porte du voisin que les grenades ont commené à exploser.

Pour en savoir plus, les enquêteurs sont allés chez le voisin de l’Hon. Pasteur Mpawenayo, répondant au nom de NTIRANDEKURA Salvator, et ont appris que ce soir-là trois grenades étaient tombées chez lui. Comme il travaille à Rumonge au sud du Burundi, seuls les enfants et sa femme se trouvaient à la maison. La police a effectivement collecté des éclats de grenade de type offensif, alors qu’un des enfants qui se trouvaient à l’intérieur de la maison a été blessé. Seul le côté donnant sur la résidence de l’Hon. Mpawenayo a été endommagée.

Les experts en balistique affirment aussi que généralement, les éclats de la grenade offensive s’orientent en faisceaux dans la direction même qui va du point de lancement vers le point de chute. Ainsi, si les grenades avaient été lancées à partir de la route, les dégâts auraient été différents chez le voisin de l’Hon. Mpawenayo. Et les informations policières affirment que dans sa déclaration la victime n’a cessé de confirmer que toutes les grenades ont été lancées à partir de la parcelle du député Pasteur Mpawenayo. C’est pour cette raison d’ailleurs que cette personne a préféré quitter rapidement les lieux pour aller s’établir ailleurs.

D’autre part, une dame qui était assise devant une boutique située en face de la maison de Mr Salvator Ntirandekura affirme qu’elle n’a vu aucun assaillant sur la route. Elle dit qu’elle a entendu le bruit des explosions en provenance des parcelles, et qu’elle n’a pas bougé de l’endroit où elle était assise, mais qu’elle n’a vu personne prendre la fuite après les explosions.

Enfin, une autre source indique que dans la foulée, Mr Pancrace CIMPAYE, porte- parole du FRODEBU, est arrivé chez l’Hon. Mpawenayo, et lui a demandé de lancer le plus vite possible un communiqué accusant le pouvoir en place. Il a précisé que même pour le compte de son parti, Mr Frédéric Bamvuginyumvira venait de déclarer sur la voie des ondes que le pouvoir du Président Nkurunziza avait tenté de l’éliminer physiquement. Mr Cimpaye a insisté sur le fait qu’il fallait harmoniser les déclarations dans ce sens.

2. Concernant l’attaque contre Mr. BAMVUGINYUMVIRA Frédéric :

La nuit du 19 Août 2007, une grenade a explosé dans le garage, faisant un trou dans une tôle et déformant une tige métallique. Par contre, chez son voisin, Mr. Damas, une autre grenade est tombée à 1 mètre et demi de la clôture mitoyenne avec la parcelle de Mr Bamvuginyumvira.

D’autre part, alors que les dégâts ont été minimes chez Mr Bamvuginyumvira, Mr Damas lui-même a été blessé à l’épaule, et deux véhicules garés à l’intérieur de sa parcelle ont été sérieusement endommagés. Bien plus la grenade qui a explosé chez Mr Damas était défensive, tandis que celle qui a explosé chez Mr Bamvuginyumvira était offensive.

Les experts en balistique affirment quant à eux que leurs analyses confirment que les deux grenades ont été lancées certainement à partir de la route et que l’objectif visé était manifestement le garage de Mr Bamvuginyumvira. Enfin, les enquêteurs font noter qu’au moment des explosions, tous les enfants, les travailleurs et les autres résidents se trouvaient à l’intérieur de la maison.

3. Au sujet de l’attaque contre le député Jean-Marie NDUWABIKE :

Les enquêtes font noter que dans ce cas aucune grenade n’a explosé à l’intérieur de la parcelle mais bien à l’extérieur, tout près de la route, blessant deux passants qui sont allés se faire soigner à l’Hôpital Militaire de Kamenge. Trois autres grenades ont explosé dans la parcelle du voisin de l’Hon. Nduwabike, mais sans causer aucun dégât.

Pour sa part, la famille de Mr Nduwabike était à une fête de mariage. Et l’intéressé ne s’est pas empêché de déclarer qu’il venait d’être la cible d’une attaque, alors qu’aucune grenade n’était tombée chez lui.

4. A propos de l’attaque contre le député Nephtali NDIKUMANA

Les enquêtes policières ont révélé qu’une grenade est tombée dans la barza de sa résidence. Pour sa part, l’Hon. Ndikumana a déclaré qu’il était assis dans la barza au moment de l’explosion, en train de lire la Bible. Il a confirmé aussi qu’aucun assaillant n’est entré dans sa parcelle.

Toutefois, à voir l’endroit précis où il dit qu’il était assis au moment de l’explosion ainsi que la direction des éclats de la grenade offensive, il est difficile de croire qu’il soit encore en vie, sans une égratignure sur son corps.

Entre-temps, j’ai appris que la Police Judiciaire aurait voulu incriminer les députés Pasteur Mawenayo, Nephtali Ndikumana et Jean-Marie Nduwabike ainsi que Mr Frédéric Bavuginyumvira, de même que les éléments de leur garde respective. Toutefois, étant donné que les Parlementaires burundais jouissent de l’immunité, jusqu’ici la justice s’est contentée d’interpeller les policiers préposés à leur garde rapprochée, et le dossier ad hoc a été transmis au Ministère public pour compétence.

Entre-temps, le Député Mpawenayo a refusé catégoriquement que les éléments de sa garde soient interrogés par la police. Il a même tenté de faire évader le chef de poste de sa garde, mais ce dernier sera arrêté par les responsables de son unité d’origine, 24 heures après son évasion.

De même, d’aucuns trouvent pradoxal que l’Hon. Pasteur Mpawenayo en personne ait refusé toute relève de sa garde, même devant l’évidence que cette dernière n’avait pas su intervenir au moment de l’attaque.

Un autre élément auquel semblent s’intéresser les enquêteurs, c’est que l’attaque aux domiciles de ces opposants connus au pouvoir du Président Pierre Nkurunziza aient eu lieu en fin de semaine, au moment où les gens sont naturellement portés à sortir et à se divertir avec les amis. Il n’en devient donc que plus curieux que les chefs de ménage visés se soient trouvés ponctuellement à la maison, et que personne d’entre eux ne se soit trouvé à l’extérieur de sa maison au moment des explosions.

Quant à Mr Pancrace CIMPAYE, des renseignements fiables révèlent que son personnel de service a passé la soirée dans une grande torpeur, pour le fait qu’en rentrant chez lui, il a pris soin de communiquer à l’un d’entre eux qu’il allait faire exploser une grenade mais qu’il ne fallait pas avoir peur. Se rendant compte qu’il s’était trahi lui-même, Mr Cimpaye n’a pas fait exploser la grenade, mais il s’est employé a calmer les esprits qu’il avait troublés par sa déclaration intempestive.

5. Autour des attaques du 8 mars 2008 :

Après les explosions, un des assaillants en fuite sur une motocyclette a eu la malchance de cogner un véhicule et est tombé dans les mains de la police. Il a été attrapé avec une grenade non encore explosée. Son ami a pu prendre la fuite, mais il y a des indices sérieux qui montrent que la personne arrêtée entretient des contacts nourris avec Alexis Sinduhije, Alice Nzomukunda et Mathias Basabose, qui de leur côté auraient même promis de corrompre les OPJ pour le faire évader.

Un autre fait curieux est que cette attaque a eu lieu quelques jours après la libération provisoire des suspects des attaques du 19 Aout 2007. Et l’un de ces suspects libérés provisoirement a été identifié par la police au domicile de l’Hon. Mpawenayo, alors qu’il n’existe aucun lien de parenté ou d’affinité régionale entre eux.

D’après une autre source, peu de temps avant le début des explosions, chez Mr Domitien BACAMURWANKO, ex-commissaire PAFE, pendant la réception de félicitation de son beau-frère qui venait de recevoir son diplôme, un certain Augustin BAZUVURA, un inconditionnel de l’Hon. LEONCE Ngendakumana, s’est exclamé en disant l’heure des grenades était presque arrivée et qu’il fallait rentrer vite à la maison.

Une semaine auparavant, un député du nom de RUTUNA Déo a déclaré qu’ils allaient mettre à genou le pouvoir en place en créant l’insécurité, tout en précisant que les medias étaient déjà préparés à participer à ce travail de sape.

Entre-temps, l’observateur averti n’aura pas manqué de remarquer que personne parmi les personnalités prétendument visées par les attaques à la grenade n’a subi un dégat humain fût-il minime, pendant que les membres de leurs familles ainsi que leur personnel de service avaient été soigneusement mis à l’abri.

En tout cas, il est pour le moins étonnant que des tueurs à gages apparemment expérimentés et précis dans le lancement des grenades, aient systématiquement, par deux fois, raté tous et chacun des objectifs visés, alors qu’ils en ont dégoupillé et lancé autour de vingt.

Mais pendant que la Police continue ses enquêtes que de notre côté nous souhaitons impartiales, transparentes et diligentes, des sources bien informées indiquent qu’au cours d’une réunion qu’elle a organisée récemment à son domicile, l’Hon. Alice Nzomukunda se serait félicitée d’avoir réussi à convaincre le BINUB de faire inscrire le Burundi dans la phase trois. Qui signifie que l’insécurité est en passe de devenir maximale dans ce pays. Par ailleurs, elle aurait recommandé à ses amis présents à la réunion et fidèles au trio Alexis Sinduhije, Radjabu Hussein et Léonce Ngendakumana, de travailler dur afin de ternir toujours davantage l’image du Burundi aux yeux de la communauté internationale.

Reste à savoir, dans le cas précis de Mme Nzomukunda, ce que gagnera dans tout cela la population qui l’a élue et mandatée pour l’aider à sortir de la pauvreté, alors que c’est cette même plèbe qui, par ses sacrifices quotidiens, continue à payer entre autres le grand budget alloué à son intendance ainsi que son loyer mensuel de 2500 dollars, même s’il est avéré que le propriétaire n’en reçoit que 1700.

Kapoli Xavier à Bujumbura.

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

Document source:
Burundibwacu.org
Document authors:
Xavier Kapoli


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