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L'église kimbanguiste ou plus officiellement, l'église de Jésus-Christ sur la terre par son Envoyé spécial Simon Kimbangu, est en train de perdre son âme, s'enfonçant chaque jour un peu plus dans la crise. Cette situation qui pourrait conduire, si on n'y prend garde, à la disparition de l'Eglise ou à la pere d'une bonne partie de son prestige, préoccupe beacuoup de monde non seulement dans la communauté Kongo où l'Eglise a vu le jour, en 1921 à Nkamba, près de la ville actuelle de Mbanza-ngungu, où elle est considérée comme un vrai patrimoine national, mais aussi dans le monde entier où elle compte selon les statistiques officielles les plus récentes plus de 17 millions de fidèles répartis en 38 pays en afrique , en europe et en amérique. SIGNES VISIBLES DE LA CRISE La haine, les intérêts personnels, la ruse et le mensonge ont pris la place de l'amour, de la solidarité et de la sincérité. Les signes de cette décadence sont visibles partout, à commencer par Kinshasa et el Centre d'Accueil de la commune de Kasa-vubu qui abrite nombre de services centraux de l'église et son centre névralgique où aimaient se retrouver chaque mois en son premier Dimanche pour le nsinsani, fidèles et pasteurs en fraternelles coniviabilité. Dimanche dernier, le centre était faiblement animé. Avec beacoup de gêne, un fidèle explique que les autres sont à Monkoto ou à la maison. Et puis, il y a tout ça dira avec tristessse en montrant un local victime visiblement d'une mise à sac et des murs couverts de graffiti pas pariculièrement gentils et qui arrosent d'injures divers groupes, organisations ou individus ayant pour noms CHOREKI les sorciers, "faux dieux", etc L'Eglise se retrouve divisée de fait en deux camps, siégeant l'un à la résidence de l'avenue Monkoto, l'autre au centre d'accueil de la Commune de Kasa-vubu. Ce sont les enfants Diangenda et Kisolokele qui ont élu domicile à Monkoto après avoir été "chassés" du centre d'accueil par les "bambuta" Ces "anciens" don't l'âge varie entre 52 et 90 ans sont très respectés au sein de l'Eglise, car ils lui ont consacré toute leur vie. De plus, certains ont connu personnellement la Prophète dans leur jeunesse avant de servir successivement Mama Muilu qui avait assuré la survie de l'Eglise dans la clandestinité pendant les années d'emprisonnement de Simon Kimbangu, puis Joseph Diangenda et Salomon Dialungana.Malgré cela, les fils du Prophète les ont toujours tenus en respect et limité très strictement leur pouvoir pour éviter les dérapages afin de garantir le développement de l'Eglise et assurer sa survie en la mettant à l'abri des ambitions démesurées et folles qui mettent à mal bien des organisations congolaises. Simon Kimbangu lui-même avait décidé que le pouvoir au sein de l'Eglise se transmettait exclusivement au sein de la lignée consanguine. C'est ainsi que Joseph Diangenda succéda à son père et que son frère Dialungana lui succéda et que le fils de ce dernier, l'actuel chef spirituel de l'Eglise, M. Simon Kiangani Kimbangu lui succéda, sur décision inspirée de ses 25 frères et soeurs réunies solennellement dans la ville sainte de Nkamba au mois d'août 2001. Ces 25 frères et soeurs étaient devenus par la même occasion les adjoints du chef spirituel, c'est-à-dire, des successeurs potentiels, comme Salomon l'a été aux côté de son frère Joseph Diangenda. Pour de nombreux observateurs, les "anciens" auraient mal accepté cette décision qui maintenait le pouvoir dans la maison de Kimbangu, état des choses contre laquelle ils avaient lutté sous Diangenda et Dialungana en réclamant sans succès un changement des statuts. Ils ont alors décidé de relancer la lutte avec un Simon Kiangani plus maléable, plus vulnérable et qui était loin d'être protégé par les charismes de ses pères. Et avec l'espoir d'avoir enfin fain de cause; L'assemblée générale extraordinaire de l'Eglise qui fut convoquée au mois d'octobre de l'année dernière pour examiner la fameuse question de succession leur donna raison comme s'y attendait. En chassant les enfants du Centre d''Accueil et de l'Eglise en exécution des résolutions de Nkamba alors que eux-mêmes prenaient , enfin, toutes les commandes de l'Eglise, les "bambuta" ont entraînée celle-ci dans la division et la violence,car les fidèles estiment que les décisions de Nkamba sont trop intéressées et donc injustes. SCENES DESOLANTES Depuis, l'Eglise ne cesse de se diviser à tous les niveaux, des scissions se produisent sur la justesse ou l'l'injustice des mesures ou plus exactement des sanctions qui ont été prises. Et sur leur application.Alors qu'on assiste à une consolidation du groupe de Monkoto qui, selon les estimations réunirait environs 15% des fidèles contre 35 au groupe autour des "bambuta" du centre d'accueil, les affrontements et les manifestations se multiplient dans les paroisses. Il y a deux semaines, une bataille rangée a opposé des fudèles à Kingasani. Le 31 janvier dernier, c'était le tour de la paroisse du Plateau de Bateke où deux groupes de musiciens – les FAKI, proches des "bambuta" et le CHOREKI de Monkoto – en sont venus carrement aux mains. La raison serait que le pasteur de laparoisse qui recevait le chef spirituel avait manifesté sa solidarité avec les chefs spirituels adjoints injustement sanctionnés, en habillant ses hôtesses d'accueil de T-shirts sur lesquels était reprise la formule 25 + 1 (vingt cinq adjoints au chef spirituel et ce dernier pour former la famille sainte à la tête de l'Eglise). Une autre scène beaucoup plus scandaleuse a eu lieu deux jours auparavant, cette fois au centre kimbanguiste de la commune de Kasa-vubu, mais toujours en présence du chef spirituel. Une jeune femme que personne n'est parvenue à maitrisée s'est approchée du chef spirituel qui accompagnait ses frères et soeurs avec lesquels ils venait de s'entretenir, et, sans crier gare, elle a relevé ses pagnes et a retourné dans toute sa nudité son derrière aux enfants Diangenda et Kisolokele pour leur souhaiter tous les malheurs du monde et leur manifester toute sa haine. De mémoire de Kimbanguiste, c'est la première fois que tant de haine avait été manifestée en des lieux saints. Que la présence du chef spirituel n'ait rien fait pour arrêter cette odieuse scène n'a fait qu'aggraver la désobéissance des fidèles. Il est vrai que certaines paroisses, notamment au Congo-Brazza où il s'est rendu dernièrement, ont réfusé de recevoir le chef spirituel. Un autre drame se prépare pour le chef spirituel avec son prochain voyage en Angola où il n'est pas bien vu à cause des pressions qu'il exerce sur son grand frère Paul Kisolokele à qui il veut retirer la gestion de l'Eglise alors que c'est lui qui en est le bâtisseur bien apprecié de la population et des fidèles. En cinq ans, il est arrivé à réaliser plus que tous ses prédécesseurs en 50 ans. Il a en effet construit des écoles primaires et secondaires qu i sont considérées commes les plus belles de tout le réseau kimbanguiste. L'UNESCO en est fière. Il a aussi doté le centre kimbanguiste de Luanda d'une désidence officielle pour le chef spirituel et de 20 villas ultra modernes et d'une polyclinique. Une université est en chantier. La dernière assemblée tenue à Nkamba a estimé que ce Kisolokele était dangereux et devait pour cela être relevé de ses fonctions d'autant plus qu'il ne serait qu'un bâtard. Et, incapable de régler eux-mêmes ce nouveau problème, les responsables de l'Eglise kimbanguiste ont demandé au gouvernement angolais d'évacuer l'ndésirable. Cette demande s'est faite d'une curieuse façon par une « déclaration destinée à l'ambassadeur angolais à Kinshasa » en date du 24 janvier, avec copie pour information au Président Dos Santos. Selon nos informations, les angolais qui n'ont pas envie de se mêler de cette affaire auraient cependant fait comprendre aux autorités de l'Eglise qu'elles étaient, à leur avis, sur le point de commettre une nouvelle grosse bêtise. JUBILATION Celui-ci semble se contenter d'être reconnu théoriquement par les deux camps. Les "bambuta" qui, apparemment, ne s'inquiètent de rien sont décidés d'aller jusqu'au bout de leur prise de pouvoir. Aussi après avoir chassé les jeunes de l'Eglise, se concentrent-ils pour le moment au démantèlement de tout leur pouvoir.Là aussi les choses sont loin de se passer sans violence comme en témoigne la mise à sac du domaine agricole de Lutendele qu'exploitait une des filles de Papa Kisolokele. L'organisation CHOREKI dirigée par Armand Diangenda a été suprimée. Deux autres enfants Kisolokele, un médecin et une pharmacienne qui travaillaient pour rien dans des formations médicales de l'Eglise ont été remerciés. Des aumoniers militaires supposés être proches des enfants ont été également été éloignés de Kinshasa. Les plus gros efforts sont déployés pour arracher des mains des enfants une coopérative d'épargne créée par les fils du Prophète et une stattion de radio télévision. Rien ne prouve mieux l'intention de nuire que les jubilations qui accompagnent la réussite de chaque action dirigée par les "bambuta" contre les enfants et que célèbre avec des mots pleins de haine et indignes d'un vrai chrétien une feuille pamphletaire et polemiste appelée "VERITAS". |