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Elections : le schéma irakien envisagé (Le Potentiel 04/02/2005) Il n ’est plus permis de rêver. La transition doit prendre fin dans le délai constitutionnel, sans recourir à des interprétations sélectives des textes. Tel est le vœu unanime de la population congolaise déjà très angoissée pour en finir une fois pour toutes avec la formule 1+4. Bonne ou mauvaise initiative pour sortir du tunnel, la recette a fait son temps, l’ expérience a été tentée et vécue. Les dés sont jetés. Il est temps de tirer un trait. Mais comment ? A plus d’une fois, des personnalités marquantes, tant nationales qu’internationales se sont prononcées sur le processus de transition. Elles ont insisté et affirmé avec force qu’il n’y a pas d’autres alternatives en République démocratique du Congo que l’organisation des élections. Elles permettront, à la fois de mettre fin à la transition, et de nous débarrasser de cette formule hybride, 1+4 pour autant qu’elle est porteuse des germes de destruction, avant d’engager la Rdc sur le parcours des Etats viables. Cette volonté, l’organisation des élections, a été largement exprimée lors du Dialogue inter-congolais jusqu’à être l’un des objectifs fondamentaux de cette même transition. Car, au-delà, il convient de le préciser, on mettra fin à la crise de légitimité en Rdc, source d’instabilité politique permanente dans ce pays. L’institutionnalisation de la Commission électorale indépendante, Cei, s’inscrit dans ce contexte. Le déroulement actuel du séminaire inter-institutionnel vise au renforcement de cette conviction. Et la remobilisation recherchée s’inscrit également dans cette logique : les élections sont désormais incontournables. Elles doivent avoir lieu pour éviter le chaos. SCHEMA IRAKIEN Il est un fait que c’est aujourd’hui que le pan du voile sera levé sur la tenue des élections. Il est également possible que le calendrier électoral soit rendu public. Mais au regard justement de ce débat autour de l’hypothèque des élections, plusieurs cas de figure sont évoqués. Le plus vraisemblable serait le «schéma irakien» qui pourrait être appliqué en République démocratique du Congo. On se souvient que l’Irak demeure l’un des pays chauds actuellement dans le monde. La guerre de Bush contre Saddam Hussein ne fait que commencer quand bien même l’ancien homme fort de Bagdad soit sous le verrou. Cependant, Bush, avec les Etats- Unis, la Grande-Bretagne, le Portugal, la Pologne, le Japon, pays qui disposent encore des troupes en Irak, Bush disions-nous, vient de relever un défi : il a organisé les élections en Irak sous les bombes et les roquettes. Bilan annoncé 35 morts. Mais les Irakiens ont voté pour disposer des élus afin qu’ils exercent le pouvoir de façon légitime. ELECTION OU DEMOCRATIE DE PARODIE ? La question demeure permanente. Mais quel était le choix à faire tant pour les Américains, les Irakiens et les Nations Unies ? Quoique l’on dise, chacun a trouvé son compte, bon gré mal gré. Et Bush est heureux que l’après-Saddam Hussein se poursuit malgré les morts encore au quotidien, mais avec cette certitude que les Américains vont se retirer pour laisser les Irakiens seuls. Avant l’Irak, c’était l’Afghanistan, un autre pays à haut risque où les élections se sont déroulées aussi sous haute tension. L’Afghanistan dispose maintenant d’un gouvernement démocratiquement élu et a repris sa place sur l’échiquier international nonobstant le fait que les taliban n’ont pas encore décroché. L’Afghanistan est un Etat et s’emploie, de façon souveraine, à gérer ses contradictions internes. La Rdc demeure un pays à risque. L’insécurité est encore perceptible. Les Kivu et l’Ituri sont toujours en ébullition et demeurent encore les ventres mous de la Rdc. La réunification de l’armée traîne, l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays en souffre. Oui, des préalables, auxquels il convient d’ajouter les insuffisances financières, à accomplir pour garantir les conditions optimales d’une bonne élection. Cependant, il n’est point question de tirer les choses en longueur pour autant que la transition risque d’engendrer une autre situation complexe. La Rdc a plus que besoin de nouvelles institutions. La Communauté internationale y croit et a décidé de s’impliquer pleinement pour arrêter le « théâtre de chez nous ». La comédie et la pièce ont assez duré que sa rediffusion par ces crises à répétition révolte. La Communauté internationale est lassée d’une classe politique moins engagée politiquement. Or, il est clairement établi que l’Union européenne et les Etats-Unis supporteront la grosse partie de l’enveloppe financière destinée aux élections en Rdc. Et si le responsable de la Monuc, au nom du Ciat, affirme que la Communauté internationale « ne fuira pas après les élections », cela signifie diplomatiquement qu’un schéma électoral existe déjà bel et bien. L’hypothèse d’imposer un schéma à l’irakienne n’étonnerait pas les personnes avisées, pourvu que la transition prenne fin en vue de rétablir la vraie légitimité du pouvoir. Car, pense-t-on, chacun aura trouvé son compte. C’est-à-dire les participants au Dialogue inter-congolais avec le respect de l’Accord global et inclusif ; le peuple congolais qui appelle à une nouvelle ère, et la Communauté internationale qui cessera d’être au chevet d’un pays qui a tout pour être dans le concert des Nations. POUR QUELS RESULTATS ? Question pertinente qui soulève un débat intéressant. Mais ce qu’il faut retenir et savoir, c’est que la transition doit prendre fin. Que le cliché 1 + 4 disparaisse. Pour ce faire, il faut payer un prix : l’organisation des élections. La synthèse des interventions à l’ouverture du séminaire inter-institutionnel interpelle les institutions, toutes alors. Elles sont appelées à exercer les tâches pré-électorales : vote des lois essentielles, déploiement de la Commission électorale indépendante dans les provinces, activation de 9.000 centres d’inscription, accélération de la réunification de l’armée pendant que la Monuc devra renforcer son rôle de sécurisation pour un retour réel de la paix. Il est un f ait que, même si toutes les conditions sont réunies, les résultats ne seront pas totalement satisfaisants. C’est mal connaître les pays de la jeune démocratie et leurs impondérables. Aujourd’hui, le réalisme politique, en pareilles circonstances, recommande qu’il importe de tout mettre en oeuvre en vue d’obtenir le minimum de meilleurs résultats escomptés. Tout n’étant qu’un processus, quitte à ce que l’on s’attèle à parfaire l’oeuvre politique pour tendre inexorablement vers un Etat viable. Le souhait le plus ardent est d’ouvrir inévitablement les sentiers de la paix pour quitter ceux de la confusion et de l’opprobre. Par Le Potentiel
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