Actualité Régionale

Qui tire les ficelles ?
(L'Avenir Quotidien 04/02/2005)


La transition congolaise vers un système démocratique classique traverse une zone de turbulences. Plus on chemine vers le terme de cette transition, plus la barque attrape du vent et prend eau de toutes parts. Mais, il y a curieusement des personnalités qui se trouvent dans cette barque ballottée dans tous les sens qui éprouvent un malin plaisir à cela. Peut-être par simple goût de l'aventure. Peut-être aussi par cynisme. En ce qui les concerne, c'est un véritable suicide auquel ils se livrent peut-être sans le savoir. Dans l'un ou l'autre cas, ils ne sont pas excusables et ne s'en prendront qu'à eux-mêmes ou ils seront simplement surpris de couler avec la barque.

A côté, il y a aussi des gens qui éprouvent une joie sans doute plus vive que celle des premières citées. Et pour cause ? Ils se frottent les mains et font même des incantations pour que le tourbillon dure le plus longtemps possible. S'ils avaient le pouvoir de faire perdurer cette situation, ils le feraient volontiers sans la moindre hésitation. Si l'on considère cette dernière catégorie, les personnes qui ont fait les belles lettres se rappellent aisément le texte de Salluste qui dit à peu près ceci : " Qu'il est beau de contempler, quand on est sur le rivage d'une mer, une barque ballottée par le vent. Non pas parce qu'on prend plaisir à la souffrance des autres mais simplement parce qu'on n'est pas soi-même confronté à cette situation… "

Il nous semble que les stoïciens sont encore nombreux dans cette république à côté des épicuriens qui se livrent aux plaisirs, même sains. Et la série d'actions apparemment anodines enregistrées dans un laps de temps, ne peut porter que la marque de ces gens-là. Car, il est bien difficile de comprendre que l'on connaisse une journée ville morte (diversement exécutée) le 10 janvier avant une autre décrétée prétendument le 14 janvier pour observer un deuil en mémoire des victimes tombées quatre jours plus tôt.

A propos de ces victimes, les bonnes consciences se sont interrogées sur le fait qu'il y a eu des victimes enregistrées dans des coins de la capitale où la présence des agents de l'ordre n'a pas été signalée. C'est qu'il y a anguille sous roche.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a eu cette folle rumeur sur l'assassinat du chef de l'Etat d'abord puis d'un vice-président avant que l'on crée une drôle de situation à l'aéroport international de N'Djili.

Maintenant, ce sont des incidents dans un campus universitaire, celui de l'Isc (Institut supérieur de commerce) pour ne pas le citer. Si l'on suit de près les différents récits, on peut se rendre compte que l'on pouvait limiter les dégâts, mieux éviter ce qui s'est produit. Il aurait fallu pour ce faire du tact de part et d'autre sans oublier une bonne dose de compréhension et de tolérance. Ce qui choque aussi, c'est le fait qu'il y a un peu trop de violences ces derniers temps. C'est comme s'il y a des gens qui ne sont là que pour se délecter de la violence et du sang humain. C'est comme si l'on ne s'est pas assez abreuvé du sang qui a abondamment coulé au plus fort de la guerre.

Qu'on ne perde pas de vue que la violence appelle la violence. Cela est indéniable. Qui a donc intérêt à voir les campus flamber ? Ce sont des gens qui doivent être à la recherche du sensationnel après avoir échoué sur d'autres terrains. Ils espèrent que les étudiants leur serviront de béquilles pour conquérir le pouvoir ou le conserver (c'est selon). Mais c'est complètement idiot !



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