Abordé par nos fins
limiers en son bureau de travail pour discuter de la question
des rwandais dits Congolais, Me Théodore Ngoy Ilunga wa Nsenga,
pasteur de l’Eglise de la Gombe, nous a fait de troublantes
et exclusives révélations sur la grande controverse de l’heure.
A savoir s’il existe ou a jamais existé des tutsis ou hutus
Congolais ou encore des rwandophones, des Congolais à morphologie
rwandaise et tutti quanti. Arguments scientifiques et historiques
à l’appui, il a démontré qu’il n’a jamais existé au Congo des
populations rwandaises, mais la nationalité congolaise.
Détenteur
d’un diplôme de spécialiste en communication chrétienne, spécialiste
en organisation et expert en planification formé par la Banque
centrale du Congo au pays et à l’étranger (Bureau Conseil Van
Djick-Banque Nationale de Belgique), secrétaire du Conseil d’Administration
de la Banque centrale du Congo, ancien Assistant à l’Institut
supérieur de Développement rural de Bukavu, licencié en Sciences
Politiques et Administratives, Agrége d’Enseignement de l’Université
de Lubumbashi (ex-Université officielle du Congo, UOC), licencié
en Droit, Assistant à la Faculté de Droit de l’université protestante
au Congo. Avocat à la Cour d’Appel, Président du Projet international
de l’Unesco, la route de l’esclavage », Président de C.Just
et délégué du Gouvernement au Dialogue intercongolais à Sun
City, Théodore Ngoy n’est plus à présenter. Nous vous laissons
découvrir la quintessence de ses révélations amplifiées par
notre rédaction.
Pays
de mille Collines, pays de mille miracles, il n’y a qu’au Rwanda
ou l’impossible peut s’accomplir. Dans ce minuscule et étrange
pays, les parents sont rwandais, la progéniture est Congolaise.
Tantôt Banyamulenge, tantôt Tutsie ou Hutue congolaise ou interahamwe
et aujourd’hui rwandophone.
Ainsi,
au gré d’une fantaisie qui prend à revers l’histoire, Papa Kagame
féconde, maman Rwanda enfante, la servante Congo nourricière
fait grandir, la Communauté internationale approuve, puis applaudit
et l’Onu identifie, accorde les extraits de naissance et l’humanité
progresse.
C’est
suivant cette logique implacable qu’Azarias Ruberwa a été conçu
et est ne rwandais. Son interview en tant que demandeur d’asile
politique auprès de Marcelin Epie, officier de protection du
Hcr (au Katanga) au début des années 80 en fait foi. A la question
de savoir quel était son pays d’origine, Ruberwa avait répondu
sans ambages qu’il venait du Rwanda où il avait fui la dictature
ainsi que la répression d’Habyarimana. Aujourd’hui, l’homme
se dit Congolais de naissance et siége même au sommet de la
République en tant que Vice-président de la RDCongo. Par quelle
magie ?
Avec
un sang-froid déroutant, le Pasteur Théodore Ngoy lève un coin
de voile définitif sur cette supercherie. Laquelle culminant
au cas d’Azarias Ruberwa, constitue tout un plan d’action néocolonialiste
de Kigali contre la RDCongo.
L’identité
a un prix
En 1951, près de
10ans après sa demande d’asile, Ruberwa ( et 6 de ses compagnons)
s’adressent au Président de la Conférence Nationale Souveraine
au nom de la tribu banyamulenge. Il se dit katangais de Vryura
et exige la reconnaissance de la nationalité Congolaise des
Banyamulenge. 12 ans plus tard, le 17 juillet 2003, à la prestation
de serment des Vice-présidents au Palais du Peuple, il est Sud-Kivutien
de Minembwe. Quel Congolais a jamais été ressortissant de deux
provinces à la fois ?
Il
faut être indulgent pour le rwandais Ruberwa, qui arrivé en
RDCongo à l’âge adulte, n’a pas eu le temps de maîtriser cette
particularité Congolaise qui veut que chacun soit ressortissant
exclusif d’une province. Se croyant sans doute au Rwanda où
la promiscuité légendaire (317 habitants au kilomètre carré)
rend confuses les limites, il a cru que l’on pouvait indifféremment
se réclamer ressortissant de telle ou telle autre province au
Congo.
Au
fond, la vérité c’est que Vryura n’est pas une localité du Katanga.
C’est un espace vital accordé aux populations rwandaises par
Mobutu sur le plateau de Kansimba entre Kalemie et Moba aux
environs des années 1970. Spécialiste dans la falsification
de l’histoire, les rwandais ont transformé leur site d’accueil
en village auquel ils ont donné un nom rwandais. Si bien qu’au
fil du temps Vryura s’est infiltré dans le vocabulaire katangais,
puis Congolais.
L’expérience
a été revue puis enrichie en 1976, lorsque pour la première
fois le terme Banyamulenge a été créé comme champ politique
opérationnel pour les sujets rwandais vivants au Congo. Grâce
à ce nouveau concept, ces derniers ont liquidé, sans frais,
leur passif identitaire, créant aussitôt une nouvelle comptabilité
de leur existence sur le sol Congolais.
A
ce propos, le pasteur Ngoy, péremptoire, révèle que la dénomination
Banyamulenge a été créée à partir d’un petit village Congolais,
Mulenge, une localité du groupement Kigoma, dans la collectivité
du groupement Kigoma, dans la collectivité chefferie de Bafulero,
territoire d’Uvira, district du Sud-Kivu, province du Sud-Kivu.
C’est en 1921, avant le découpage territorial que l’autorité
coutumière de Bafulero avait installé en petits groupes d’éleveurs,
des immigrants Tutsi originaires du rwanda, qui seront rejoints
beaucoup plus tard, dans les années 40 et 50 par des émigrés
tutsis en provenance du rwanda.
Depuis
1976 donc la dénomination Banyamulenge désigne les immigrés
Tutsis, transplantés dans les territoires de Mwenge (sur les
hauts plateaux de Minembwe et de Kamambo) ainsi que ceux d’Uvira
(sur les hauts plateaux de Bafulero et de Bijombo). Une infime
partie d’immigrés était installée sur les hauts plateaux de
Muhizi, dans la zone rurale de Mwenga.
Concept
de tricherie et de magouille collectives, Banyamulenge est devenu
un bien curieux passe-droit pour les Tutsis ceux de Kalehe,
d’Idjwi, de Walungu et de Kabare, au Sud-Kivu, de Rutshuru,
de Masisi et de Walikale au NordKivu, ainsi que ceux de Kalemie
et de Moba au Katanga. Or, installés de la même manière dans
ces territoires que ceux de Mulenge, l’honnêteté exige que l’on
parle aussi des Banyakalene, Banyaidjwi, Banyawalungu, Banyakabare,
Banyarutshuru, Banyamasisi, Banyawalikale, Banyakalémie et des
Banyamoba.
Une
comptabilité aussi exhaustive aurait mis a nu toute l’étendue
de la supercherie rwandaise. Aussi fallait-il, après décompte
final, imposer une marque déposée tutsie. Laquelle agit désormais
comme une carte d’identité collective pour tous les tutsis :
les immigrés, les transplantés et ceux du Rwanda.
Faisant
fi de ces vérités historiques, Azarias Ruberwa le démiurge-stagiaire
(de Kagame bien entendu) a osé soutenir, dans sa lettre du 7
août 1991 adressée au président de la Cns, que : « Nous, tribu
banyamulenge vivant sur le territoire zaïrois voici 4 siècles…
».
La
fantaisie rwandaise
Demandeur d’asile
politique dans les années 80, mendiant la nationalité Congolaise
en 1991, Ruberwa a malheureusement frappé à la mauvaise porte.
Car, il y a 400 ans, la Cns n’existait pas. Elle n’était donc
pas une tribune d’histoire pour plonger ses regards dans l’Afrique
de la traite négrière.
Mais,
il y a plus de 400 ans les belges découvraient le Congo par
Diego Cao. C’est eux qu’il faut impérativement interroger pour
savoir qui était Congolais à la naissance de l’EIC en 1885 et
qui ne l’était pas. Toute autre démarche relèverait de la pure
distraction.
A
la question posée, le colonisateur a répondu sans équivoque,
soutient le Pasteur Théodore Ngoy. Lorsqu’on parcours toutes
les archives coloniales retraçant l’histoire du
Congo
de la préhistoire au Congo-Belge, nulle part, il n’est fait
allusion à l’existence des populations rwandomorphes ou rwandophones.
Ainsi,
lorsqu’on consulte la carte ethnographique du Congo-Belge dressée
par le docteur Joseph Maes ( en 1800) d’après les documents
du Musée du Congo-Belge et les résultats des expéditions de
Thonner dans l’Ubangui, du Duc de Mecklembourg dans la Province
Orientale, de Hutereau dans l’Itimibiri-Uele-Ubangui, de Torday
dans le Kasaï-Sankuru et de Maes dans le Kasaï-Lufemi-Lac Léopold
II et la Lubenie, tous les groupes ethniques du Congo sont répertoriés
de l’Equateur au Katanga en passant par le Kivu et les deux
Kasaï. Nulle part n’apparaissent les Banyamulenge.
Pourtant,
cette carte a été établie plus de 200 ans après l’apparition
de ces derniers au Congo suivant les élucubrations de Ruberwa.
En
rapport avec cette carte ethnographique, il existe une encyclopédie
en 3 tomes intitulée : « Encyclopédie du Congo-Belge : « De
la préhistoire au Congo-Belge ». Pour le Tome I, cet imposant
ouvrage a été rédige par un Comité de sommités du monde scientifique
dont L. Goffin, docteur en Droit et professeur à l’Institut
supérieur, de Commerce Saint-Louis, M. Bequaert, Licencié d’Histoire
de l’Art et Archéologie et Conservateur au Musée du Congo-Belge
à Tervueren, Van Der Kerken, Docteur en Droit, professeur à
la Faculté de Droit de l’Université de Gand, professeur à l’Institut
universitaire des Territoires d’Outre-mer et membre du Conseil
colonial, Membre titulaire de l’Institut Royal Colonial Belge,
M. Robert, Ingénieur Géologue, professeur à l’université Libre
de Bruxelles, Membre du Conseil colonial, Membre titulaire de
l’Institut Royal colonial Belge, P.J. Livens, Ingénieur Chimiste
Agricole, Chef de la Division d’Agrologie de l’I.N.E.A.C., Maître
de Conférences à l’Université de Louvain, J. Léonard, Docteur
en Sciences Botaniques et attaché scientifique à l’I.N.E.A.C.,
W. Robyns, Docteur en Sciences botaniques, Directeur du Jardin
Botanique de l’Etat, professeur à l’Université de Louvain, Membre
de l’Académie Royale Flamande de Belgique, J.E. Opsomer, Ingénieur
Agronome Colonial, professeur à l’Université de Louvain, Ancien
chef de Division de l’I.N.E.A.C. au Congo-Belge, Chargé de missions
en Indonesie, à Ceylan, au Kenya, en Uganda et au Congo-Belge,
puis prix Schepkens (Génétique) de l’Académie Royale de Belgique,
L. Pynaert, Ancien Directeur du Jardin Colonial de Lacken, J.
Bonnet, Ingénieur Agronome Colonial et Professeur à l’Institut
agronomique de l’Etat à Gembloux.
En
parcourant ce Tome I qui a plus de 1000 pages, on y découvre,
au chapitre premier, une description détaillée de tous les groupes
ethniques vivants au Congo (coutumes, mode vestimentaire, croyances,
régime alimentaire....). On y parle des Mongo, des Ngwaka, des
Ekonda, des Gombe, etc.., à l’Equateur, des Baholoholo, des
Batabwa, des Bazela au Katanga et quant au Kivu, on y trouve
des Bavira, des Babembe, des Banande, des Bahuvu, des Bafulero,
etc. Aucune allusion aux Banyarwanda ou Banyamulenge (quelle
affinité dans la conception du phonème).
Par contre, avec
une précision déroutante, l’Encyclopédie à la 193ème page (toujours
au chapitre I) situe toute espèce ou toute forme des Tutsis
ou des Hutus qu’on peut rencontrer sur la planète, au Rwanda
en tant que leur pays d’origine.
On
est tout de suite en droit de se demander, avec beaucoup de
légitimité, comment d’aussi grandes sommités intellectuelles,
occupées à retracer l’histoire du Congo, de la préhistoire au
Congo-Belge, n’ont pu se rendre compte de l’existence des Banyamulenge
au Congo. D’autant plus qu’installés au pays depuis le 16ème
siècle, selon Ruberwa, ces populations devaient constituer un
groupe ethnique absolument important 200 ans après, au lendemain
de la création de l’Etat indépendant du Congo.
Qu’à
cela ne tienne, peut être avons-nous mal lu l’Encyclopédie.
Sans doute une insuffisance intellectuelle. Rabattons-nous alors
sur un ouvrage d’une religieuse simplicité : Naissance du Congo-Belge
(L’Etat Indépendant du Congo, 1500 photos d’époque sur le pays
et ses habitants 1903— 1904) ouvrage du musée Royal de l’Afrique
Centrale.
Personne
n’est assez bête pour ne pas admirer une photo. Simplement,
mécaniquement. La RDCongo, toute comptabilité faite, compte
450 ethnies. 150 photos, c’est plus de 3 fois au-delà de cette
comptabilité. Malheureusement, même en feuilletant cet ouvrage
comme un automate, on n’y voit aucun Tutsi ni aucun Hutu. Voir,
simplement, bêtement. Pas lire ou interpréter. Ruberwa, où es-tu
passé ?
Le
cri du cœur
Aucun
démenti n’est plus beau que celui qui vient des concernés eux-mêmes.
En mai 1997, James Kabarebe se retrouve chef d’Etat-Major Général
des Forces Armées Congolaises, Bizima Karaha, ministre des Affaires
Etrangères, Moïse Nyarugabo, Secrétaire particulier du Chef
de l’Etat puis Pdg de l’Office des Biens Mal Acquis (Obma),
Deogracias Bugera, Secrétaire Général de l’Afdl, puis ministre
d’Etat à la Présidence et Azarias Ruberwa, directeur de Cabinet
de Bizima Karaha.
Le
26 juillet 1998, Laurent Désiré Kabila met fin à la Coopération
rwandaise. James Kabarebe et ses troupes quittent la Rdc pour
le Rwanda. Le lendemain de leur départ, les Congolais trouvent
le ministère des Affaires Etrangères vide de Bizima Karaha et
d’Azarias Ruberwa. Simple coïncidence peut-être. Non, car Déogratias
Bugera s’est aussi évaporé dans la nature. Tout comme Moïse
Nyarugabo. . . Les Rwandais se connaissaient entre eux et sont
restés solidaires à l’arrivée comme au départ.
Mais,
le 2 août 1998, la guerre d’agression éclate, pilotée par Bizima
et les siens. lls se disent Congolais et réclament le départ
de L.D. Kabila. James
Kabarebe effectue
une descente commando à Kitona. Après l’échec de la prise de
Kinshasa, ce dernier retourne de nouveau au Rwanda, redevient
rwandais et se voit nommé Chef d’Etat-Major Général de son pays.
Comble d’ironie, les Bizima, Nyarugabbo et Ruberwa continuent
de se dire Congolais. S’ils l’étaient réellement, pourquoi sont-ils
rentrés au Rwanda après le 26 juillet 1998 ? Comment James Kabarebe
qui les accompagnait, dans chacune de leurs croisades Congolaises,
à titre de tutsi Congolais, s’est finalement rendu à l’évidence
et a repris sa vraie nationalité ?
L’actuel
Chef d’Etat-major de l’Armée patriotique Rwandaise nous en donne
la raison au cours d’une conférence qu’il a tenu le 2 août 2002
à l’Université Libre de Kigali (ULK). Etaient à ses côtés, Charles
Murigande (Secrétaire Général du FPR et ministre des Affaires
Etrangères) ainsi qu’Azarias Ruberwa (alors secrétaire Général
du Rcd). S’exprimant sur la situation qui prévaut dans la région
des Grands Lacs et répondant à la question d’un intervenant
qui voulait comprendre le concept banyamulenge, James Kaharebe
a tranché : « Les banyamulenge n’existent pas. Les prétendus
banyamulenge sont, en réalité, des rwandais. Car ils parlent
le Kinyarwanda et ont la culture rwandaise. Malheureusement,
ce sont des rwandais opportunistes et complexes ».
C’était
devant Azarias Ruberwa qui n’a pas daigné bronché. D’ailleurs,
pour mieux le confondre, Kabarebe a enchaîné : « On ne peut
pas se nommer du nom d’une colline (Mulenge). Cela reviendrait
à dire Banya mont Kigali pour designer les habitants du mont
Kigali. Ce n’est pas une nationalité ».
James
Kabarebe a vraiment raison. Parce que, explique le Pasteur Théodore
Ngoy, citant le belge Heyse qui s’interrogeait sur le sort des
populations rwandaises vivant au Congo : « si les Congolais
de l’EIC sont devenus des belges depuis l’annexion du Congo
à la métropole, que deviennent les populations rwandaises vivant
dans ce pays ? Ils demeurent ce qu’ils sont, c’est-à-dire ils
sont l’annexion du Congo à la métropole, que deviennent les
populations rwandaises vivant dans ce pays ? Ils demeurent ce
qu’ils sont, c’est-à-dire ils sont ressortissants du Rwanda-Urundi
».
Même
l’Onu, à travers sa mission de maintien de la paix en 1960 au
Congo (l’ONUC) a établi cette sacrée évidence. S’adressant aux
populations rwandaises de Mulenge, Lemera et Katobo, elle ne
leur reconnaît pas la nationalité Congolaise, elle les considère
plutôt comme des réfugiés rwandais venus chercher asile sur
le sol Congolais. Témoin la correspondance officielle leur adressée
à cet effet et traduite même en Kinyarwanda.
Face
à tant d’évidences et puisque personne depuis les Belges jusqu’à
l’histoire nationale (de la préhistoire à nos jours) en passant
par l’ONU ne connaît l’existence des Rwandais dits Congolais,
le démiurge Kagame, peut-il nous dire, quand au commencement,
assisté par son fils Ruberwa, ils créèrent les Banyamulenge
et les placèrent au Congo il y a 400 ans, où ils les avait exactement
places, qui était leur premier ancêtre et quel est l’arbre généalogique
de cette ethnie ?
Un
plan machiavélique
On comprend aisément,
à la lumière des faits historiques, que l’acharnement des populations
rwandaises, assistées par le machiavélique Kagame, relève d’une
démarche irrationnelle, politicienne et donc nuisible pour la
Rdc.
Il
n’est un secret pour personne que le Rwanda se trouve cruellement
confronté au problème d’espace. Avec 317 habitants au Km2, il
faut obtenir coûte que coûte un débouché territorial. Or le
grand et majestueux Kivu se trouve à portée de main. Dote d’immenses
richesses. D’où, au nom d’une folie de conquête et d’expansion
(à l’instar des israélites dans la Bible) le Rwanda tient à
annexer le Kivu. Ainsi va se réaliser le rêve du Grand Empire
Hima-Tutsi. En même temps seront résolus toutes les difficultés
d’espace. La meilleure façon de procéder pour faire réussir
ce plan c’est d’imposer, contre la raison et l’histoire, l’existence
des Rwandais dits Congolais, en l’occurrence les banyamulenge,
au Congo depuis des temps immémoriaux.
Jusqu’au
départ des belges en 1960, ce plan n’a trouve aucune modalité
d’expression. C’est en 1,972, sous l’instigation de Bisengimana
Barthélemy, ancien Directeur de Cabinet du Maréchal Mobutu,
que pour la première fois, les banyamulenge ont obtenu la nationalité
Congolaise de manière collective.
La
Pasteur Théodore Ngoy explique que la réaction des autochtones
du Kivu fut très violente. Elle contraignit le comité central
de l’époque à faire élaborer par le parlement la loi n°80/002
du 29 juin 1981 abrogeant la loi n°72/002 du 5 juin 1972 spécialement
l’article 15, qui accordait collectivement la nationalité Zaïroise
à certains groupes d’étrangers au Zaïre. Il s’ensuit que sans
préjudice des critiques formulées contre lui, le décret-loi
n° 197 du 29/01/1 999 modifiant et complétant la loi n°87/002
du 299 juin 1981 sur la nationalité Congolaise constitue à ce
jour la loi souveraine sur la nationalité en Rdc.
Avec
raison quand on comprend ce que cachait la démanche de Bisengimana.
Sujet rwandais ainsi que l’atteste clairement l’Annuaire des
diplômés de l’Université Lovanium de Kinshasa (1958-1968), -Bisengimana
qui a été président des étudiants rwandais à Lovanium, ne pouvait
accorder la nationalité qu’à d’autres rwandais. Comme il était
tutsi rwandais, ce sont ses frères d’ethnie qui devraient bénéficier
de la mesure.
Quelque
soit l’angle où l’on analyse la question des banyamulenge comme
celles des autres rwandais dits Congolais, on se retrouve sans
issue quand on veut forcer la réalité et leur reconnaître la
nationalité Congolaise. A vrai dire, le Congo étant un pays
d’autochtones et non un pays de peuplement (comme les USA ou
le Canada), il demeure absolument impossible de faire passer
des réfugies rwandais pour des Congolais. Surtout lorsqu’on
s’est que la première vague des infiltrés est venue sur notre
sol depuis 1914. Puis a suivi en 1933 la vague des transplantes
avec la fameuse mission d’implantation des banyarwanda (MIBRA),
organisée par la colonisation pour décongestionner les différents
territoires rwandais.
Sans
conteste, Ruberwa et se comparses (Bizima Nyarugabo...) ne sont
pas des Congolais. Le peuple Congolais doit s’assumer et exiger
leur retrait sans délai des institutions de la République. Il
leur faut aller rejoindre leur compagnon de lutte, James Kabarebe
qui a eu le courage de dénoncer la supercherie du label banyamulenge
dont il s’est servi au Congo et qui a su reprendre sa vraie
nationalité.
Au
lieu de faire un procès d’hermaphrodite la Rdc pour réclamer
une nationalité de droit ou de fait, les rwandais Bizima, Ruberwa
et Nyarugabo doivent avoir le courage de porter plante à la
Belgique pour les avoir volontairement oubliés au moment où,
en dressant la comptabilité des ethnies au Congo. Les Belges
nous ont légué un territoire où n’a jamais existé des Banyamulenge
ou des rwandais dits Congolais. Tout bien considéré, ces derniers
souffrent d’une crise d’identité qui trahit leur tricherie.
Le Rwanda possède principalement deux tribus : les Hutus( 90%)
et les Tutsi (10%). Mais il faut aussi citer les Twa, des populations
pygmées (l%). Au delà de leurs frontières et précisément au
Congo, les hutus deviennent Interhamwe par la fantaisie de Kagame
et les Tutsis sont des banyamulenge. Mais conscients des limites
de cette thématique, ses concepteurs sont vite passé à la surenchère.
Des
banyamulenge, nous en sommes venus aux Tutsis Congolais. Concept
avant-gardiste qui préparait le mariage Tutsi-Hutu sur le sol
Congolais sous le label des rwandophones. Ainsi, ces derniers
se voudront désormais être des congolais qui parlent le Kinyarwanda.
Quand on sait que les hutus ont la morphologie bantoue des Congolais,
on comprend l’étendue de la confusion.
D’ailleurs,
entre le concept tutsi Congolais et les rwandophones en vogue
ces derniers jours, la Monuc nous a gratifié en son temps avec
la création ex-nihilo des Congolais à morphologie rwandaise.
Pourtant,
par devoir de continuité de son administration et des actes
qui en découlent, l’ONU, par la Monuc, doit entériner la décision
de l’ONUC en 1960 vis-à-vis des populations rwandaises installées
en Rdc. En attendant, puisque nous y sommes déjà, la Monuc et
Kagame peuvent toujours nous prévenir sur les modalités thématiques
de leur prochaine paternité. |