Extrémistes hutus: le Rwanda n'exclut pas une coopération militaire avec l'armée congolaise
KIGALI, 28 nov (AFP) -
Le Rwanda n'exclut pas de coopérer militairement avec l'armée congolaise, sur le territoire de la République démocratique du Congo, afin de rapatrier les miliciens hutus rwandais opposés au régime de Kigali qui y opèrent toujours, a déclaré vendredi le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande.
M. Murigande s'exprimait à Kigali de retour d'Afrique du Sud, où les présidents rwandais et congolais, Paul Kagame et Joseph Kabila, se sont donnés jeudi douze mois pour régler le problème des membres des ex-Forces armées rwandaises (FAR) et des miliciens extrémistes hutus Interahamwe menaçant le retour de la paix dans l'est de la RDC.
"Il n'y a pas eu de mesure concrète (décidée à Pretoria), mais nous nous sommes fixés cet objectif et nous allons développer des stratégies pour y arriver", a affirmé le ministre à la presse à son arrivée à l'aéroport de Kigali.
Il a précisé qu'une "commission mixte" serait créée à cette fin et que son homologue congolais, Antoine Ghonda, effectuerait une visite à Kigali, "probablement la semaine prochaine", pour mettre au point des mesures concrètes.
Prié de dire si l'une de ces mesures pourrait être une coopération entre les armées des deux pays, sur le territoire congolais, afin de neutraliser ces combattants, M. Murigande a répondu: "Rien n'est à exclure. S'il s'avère que c'est le moyen le plus sûr pour atteindre ces résultats, on va certainement utiliser ce moyen là. "
Il a également assuré que les ex-FAR et Interahamwe, impliqués dans le génocide rwandais de 1994 avant de combattre aux côtés de Kinshasa au cours de la guerre en RDC de 1998 à 2003, n'étaient plus les bienvenus sur le territoire congolais.
"Avec l'engagement et la résolution des deux gouvernements, notamment du gouvernement de la RDC, on peut même atteindre cet objectif en mois de trois mois", a-t-il estimé.
"Leurs jours sont comptés en République démocratique du Congo", a-t-il poursuivi.
Lors du mini-sommet de jeudi à Pretoria, MM. Kabila et Kagame ont réaffirmé leur intention de rapatrier les ex-FAR et Interahamwe qui, selon le communiqué final "constituent une menace pour la stabilité de la RDC et du Rwanda".
En signant un accord de paix avec le Rwanda le 30 juillet 2002, Kinshasa s'est engagé à neutraliser et rapatrier ces combattants. En contrepartie, Kigali a officiellement retiré ses troupes de l'est de l'ex-Zaïre, en octobre 2002, après quatre ans d'occupation.