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Remise en liberté provisoire des journalistes arrêtés au Rwanda
KIGALI, 21 nov (AFP) - Trois journalistes, dont le directeur, du seul journal indépendant au Rwanda, arrêtés mercredi pour "diffamation et incitation au divisionnisme", ont été remis en liberté provisoire vendredi à Kigali, a-t-on appris de sources concordantes.
La police rwandaise affirme avoir maintenu en garde à vue, pendant près de 48 heures, trois journalistes de l'hebdomadaire Umuseso: le directeur, Robert Sebufurira, ainsi que Charles Kabonero et Emmanuel Munyaneza (BIEN Munyaneza).
Mais selon les journalistes de l'hebdomadaire, trois autres personnes ont été arrêtées puis relâchées. Il s'agit du directeur adjoint du journal, MacDowell Kalisa, d'un rédacteur, Mugisha Furaha, et du chauffeur de la publication, Nathan Budeyi.
"Les trois journalistes arrêtés ont été placés en liberté provisoire ce matin (vendredi) pendant que l'enquête suit son cours", a déclaré vendredi à l'AFP le porte-parole de la police, Damas Gatare.
Jeudi, il avait expliqué que les journalistes étaient accusés d'avoir publié "de fausses rumeurs, dans le cadre de la loi qui interdit l'incitation au divisionnisme et la diffamation".
Les 8.000 copies du numéro incriminé ont été confisquées mercredi à la frontière avec l'Ouganda, où Umuseso est imprimé.
"Nous avons juste publié un article affirmant que l'ancien chef d'état-major, le général major Nyamwasa Kayumba, est en train d'être démobilisé de force", a affirmé à l'AFP l'un des journalistes, MacDowell Kalisa. "Qu'y a-t-il de divisionniste à cela ?", s'est-il étonné.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'armée, le capitaine Ndore Rurinda, a estimé que cette information était "fausse et séditieuse".
M. Kalisa, dont la police dément l'arrestation, a également déclaré avoir reçu "des coups de pieds" de la part des policiers pendant sa garde à vue. "Ils voulaient qu'on livre les sources de notre information, mais nous avons refusé", a-t-il ajouté.
Umuseso, hebdomadaire publié en langue kinyarwanda, est considéré par les observateurs étrangers comme le seul journal indépendant au Rwanda.
Son ancien directeur, Ismaël Mbonigaba, avait été incarcéré en janvier dernier pour "incitation au divisionnisme et à la discrimination", à la suite de la publication d'une caricature du président rwandais, Paul Kagame, jugée offensante et d'un article qualifié de "divisionniste".
Il avait finalement été relâché plus d'un mois plus tard pour un vice de procédure invalidant sa mise en détention préventive.
M. Mbonigaba avait ensuite démissionné du journal, avant de devenir le directeur de campagne de l'ancien Premier ministre, Faustin Twagiramungu, candidat d'opposition malheureux à l'élection présidentielle du 25 août.
L'accusation de "divisionnisme ethnique", très grave au Rwanda, petit pays d'Afrique centrale encore traumatisé par le génocide de 1994, est considérée par plusieurs organisations internationales de défense des droits de l'Homme comme un prétexte utilisé par le pouvoir pour se débarrasser de tous les opposants potentiels.
Les massacres de 1994 ont fait près d'un million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon une estimation des autorités rwandaises.
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Document source: AFP |
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