Université du Burundi                        Campus Mutanga, le 24 septembre 2002

Les Etudiants HUTU

De l’Université du Burundi

 

                        Transmis copie pour information à :

 

 

 

 

 

                        Son Excellence Monsieur le Président de la République,

                        Avec les assurances de notre plus haute considération

                       

                        Son Excellence Monsieur le Président du Senat,

                        Avec les assurances de notre plus haute considération

 

                        Excellence Monsieur le Vice-Président du Gournement de

                        Transition,

 

                        Avec les assurances de notre plus haute considération

 

 

A son Excellence Monsieur le Président

De l’Assemblée Nationale de Transition

 

A BUJUMBURA

 

 

 

 

Objet : Climat d’insécurité à l’Université du Burundi

 

 

Excellence Monsieur le Président,

 

 

Au moment où le bilan des victimes en vies humaines innocentes qu’occasionne la crise socio-politique au Burundi ne cesse de s’alourdir, nous Etudiants HUTU de l’Université du Burundi avons l’insigne honneur de nous adresser auprès de Votre Honorabilité pour exprimer notre profonde inquiétude à propos du plan macabre des étudiants extrémistes Tutsi visant l’extérmination des étudiants HUTU de, de ce fait, solliciter votre rapide intervention pour nous sauver de ce génocide longtemps en préparation et aujourd’hui en pleine execcution.

 

En effet, Excellence Monsieur le Président, si nous jugeons bon de faire un bref historique, ce n’est nullement pour vous apprendre l’histoir : c’est plutôt pour vous rappeler certaines…

( illisible mais en rapport avec le précedent massacre à l’université du Burundi)……. Maintenant, personne n’a fait l’économie des raisons de cette conduite génocidaire qui a fait que plus d’une centaine d’étudiants HUTU périssent dans des conditions non encore élucidées. La sagesse burundaise est révélatrice de ce point de vue : « Havugwa uwo bubezwe »-« Kabaye akamizwe n’ingoma »

 

 

 

Excellence Monsieur le Président, des populations dont vous avez le mandat de représenter sont en train d’être systématiquement décimées sur le territoire national. C’est vraiment déplorable. Hier, c’était à Taba ( là aussi puisque les hommes courageux l’ont dénoncé), aujourd’hui, ou demain, c’est imminement l’université du Burundi. Sauvez ce qui peut l’être encore.

 

Ce qui s’est passé dans la nuit du 23 septembre 2002 ne pourrait être qu’une goutte venant faire déborder la vase. En effet, dans la nuit du 23 septembre 2002, une cinquantaine d’Etudiants extremistes Tutsi aidés de quelques éléments subversifs venant de l’extérieur, en l’occurrence ceux de NYAKABIGA, ont failli déclencher le massacre par des gestes d’intimidation. C’était juste à minuit. Ces étudiants ont commencé l’animation avec des slogans déstabilisateurs. Ils s’étaient rassemblés dans la cantine universitaire. Ces slogans n’étaient aucunement différents de ceux des partisans de Puissanced’Auto-Défense-Amasekanya. Vers une heure du matin, deux individus déposés par un véhicule près du cabaret sis à Nyakabiga III, 10e Avenue se sont introduits dans les enceintes du campus Mutanga passant par dessus la cloture. Lorsque ces deux personnes sont arrivées à la cantine, l’animation a cessé pendant vingt cinq minutes. Nous éstimons que c’était là le début de la tenue d’une réunion.

 

Après , l’animation a repris de plus belle et ces deux individus se sont retirés pour rejoindre le véhicule qui les attendait à la 10e Avenue de Nyakabiga III.

 

Précisons ici que nous avons appris des sources dignes de confiance que dans ces jours-ci les membres du parti pour le redressement national ( PARENA) sous la conduite de leur chef tribalo-anti-clérical et ex-chef d’Etat, le colonel Jean Baptiste Bagaza et, en connivence avec quelques soldats de l’armée ( dont quelques officers) ne ménagent aucun effort pour venir à bout de leur projet satanique de renverser les institutions issues des Accords de Paix d’Arusha. Ainsi, ils envisagent de massacrer autant que possible tous les dignitaires et/ ou étudiants HUTU sur toute l’etendue du territoire national. Il va s’en dire que les étudiants TUTSI du PARENA se revèlent comme d’habitude, plus zélés et plus virulents dans cette sale bésogne.

 

Excellence Monsieur le Président, une situation aussi explosive qu’est la nôtre nécessite des solutions urgentes et durables. C’est pourqoui nous aimerions formuler nos doléances envers Votre Haute Autorité :

 

1.      Nous aimerions Vous demander que la position militaire supprimée sans raison valable soit rétablie au sein du campus Mutanga et qu’elle soit particulièrement active à l’entrée venant de Nyakabiga

 

2.      Nous demandons que le Maire de la ville retire l’autorisation aux membres de l’Association Contre le Génocide ( A.C. Génocide-Cirimoso) et Puissance d’Auto-défense ( P.A.Amasekanya) de faire le Cross matinal du dimanche. En Effet,ce sport s’accompagne toujours des slogans intimidateurs et malveillants à l’endroit de certains gens et se clôture par des réunions qui ne font que raviver le climat de l’extrémisme à l’Université du Burundi.

 

3.      Que personne ne puisse plus entrer au campus au-delà de vingt-trois heures comme le stipule le règlement de l’ordre intérieur de l’Université du Burundi.

4.      Comme nous remarquons que l’origine de tout acte d’insécurité se prépare presque toujours à partir de la cantine, il serait mieux de la fermer elle-aussi à 23 heures.

 

5.      Comme il a été d’usage que les informations déstabilisatrices et d’intimidation sont toujours affichées devant notre restaurant, nous demandons que plus jamais ne soit affiché le bulletin du Parti PARENA intitulé « Lettre à la Nation » ainsi que d’autres écrits subversifs.

 

 

6.      Ne plus prendre à la légère les informations que nous Vous fournissons notamment quand il s’agit de secourir nos vies en dangers.

 

 

 

Espérant une réaction satisfaisante au présent message, Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre très haute considération.

 

 

 

 

            Nous tenons à Vous préciser ici

Que pour des raisons d’ordre sécuritaire,

Nous ne signons pas ce document ;

Mais nous sommes prêts à le défendre au ca où Vous le souhaiteriez.

 

 

CPI. À :

 

 

 Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique.

 

Monsieur le Ministre de la Défense Nationale

 

Monsieur le Ministre de l Education Nationale

 

Monsieur le récteur de l’université du Burundi

 

 

A BUJUMBURA