RÉVÉLATIONS TROUBLANTES SUR L’ASSASSINAT
DU REPRÉSENTANT DE L’OMS AU BURUNDI.
L’assassinat
du Dr Kassy Manhlan aurait été commandité par un haut responsable politique
burundais qui projetterait d’autres
assassinats, notamment celui du Chargé d’affaires de l’Union Européenne.
Le texte qui suit nous a été envoyé avec une petite
note d’accompagnement libellée comme suit : «… tu ne diras jamais à personne qu'il est venu de moi pour
protéger mes sources. Les informations sont très sûres à 100% et je dispose
d'autres informations pouvant mettre X en prison directement. Si tu as des
questions, tu peux me contacter… ».
Dans
sa petite note, notre informateur a révélé le nom de Monsieur X, qui se trouve
effectivement être une « personnalité politique hautement placée ».
Nous avons promis de ne pas révéler ni l’identité de notre informateur, ni le
nom de Monsieur X. Manhlan est mort, rien ne peut le faire revivre. Nous
espérons tout au moins que ce document attirera l’attention des magistrats du
bureau du Procureur Général de la République pour que justice soit faite. Tout
finit par se savoir, la vérité finit toujours par triompher.
La rédaction de ABarundi.org
Le 9 août 2002
QUI A TUE LE DR KASSY MANHLAN, REPRESENTANT DE L’ OMS AU BURUNDI?
Le représentant de l’OMS au Burundi, le Docteur
Kassy Manhlan, a été tué dans la nuit du 20 au 21 novembre 2001. Kassy Manhlan
était de nationalité ivoirienne et avant d’entrer à l’OMS, il était doyen de la
faculté de médecine à l’Université d’Abidjan en Côte d’Ivoire.
Cette mort a suscité beaucoup de questions qui n’ont
pas eu de réponses.
Qui a tué le représentant de l’OMS?
Qui a commandité son assassinat?
Quel est le mobile du crime?
Comment a-t-il été tué?
A travers cet article, nous tenterons d’apporter des
réponses qui sont le résultat de nos enquêtes dans les milieux occidentaux qui
ont suivi cette affaire. Nous avons aussi exploité les émissions de la RPA sur
cet assassinat.
Le soir du 20 novembre 2001, le Dr Kassy pensait
qu’il rentrait du travail comme les autres soirs. Il ignorait qu’il était filé
depuis quelques jours et que ce jour était le jour J, soit le 20 novembre 2001,
la fin des filatures. A 22 heures, au moment de la sortie de son bureau, il est
filé par trois hommes, tous des anciens militaires. Chez lui, neuf hommes
l’attendaient. Il a été maîtrisé et conduit à son travail pour détruire un
fichier très important et très… intéressant. C’est ce fichier qui est le mobile
de son assassinat.
Après avoir détruit son fichier qui l’avait pris
beaucoup de jours à confectionner et documenter, le commando l’a alors conduit
chez lui pour y être tué à minuit. Son cadavre a été acheminé à bord d’une
camionnette sur les bords du lac Tanganyika, près du cercle nautique, pour être
dévoré par les crocodiles. Cependant, le cadavre a été épargné par les
crocodiles du lac.
Pour que cet assassinat se réalise, on peut noter
plusieurs complices. On peut citer notamment les gardiens de son domicile à Rohero
I et la société de sécurité PSG du colonel Sinzinkayo. Les autres
complices sont les enquêteurs qui ont
orienté expressément les recherches
vers de fausses pistes comme celle de Gertrude Nyamoya, considérée à tort par
les enquêteurs comme le cerveau du crime. Elle croupit encore dans la prison
centrale de Mpimba alors qu’aucune preuve tangible ne l’implique directement
dans cet ignoble assassinat. Notons que cette dame était la secrétaire du
Docteur Kassy. Certains se demandent même si elle n’est pas emprisonnée parce
qu’elle connaissait le dossier explosif du fameux rapport.
Paradoxalement, les assassins du Docteur Kassy se
promènent tranquillement à Bujumbura. Ces criminels sont protégés et ne seront
jamais inquiétés car ils étaient en mission commandée ou plutôt sous-traitée.
Certains enquêteurs zélés ont été ramenés à l’ordre pour ne pas s’intéresser à
la bonne piste. Même le Procureur
Général de la république, Monsieur Gérard Ngendabanka, a mordu à l’hameçon
et ne semble vouloir pas s’intéresser à la bonne piste.
L’assassinat de Kassy a été décidé dès la
connaissance par certains « milieux politiques burundais » du
rapport en préparation sur les fonds destinés à combattre l’épidémie de la malaria.
D’après certaines sources qui ont été mises au courant du rapport en question,
le rapport contenait les détails sur le détournement des fonds destinés au
projet de lutte contre la malaria.
En effet, ces fonds ont été détournés par un très
haut responsable politique burundais, Monsieur X, et sa femme pour l’achat des immeubles et des voyages à
l’étranger. Ainsi, la malaria a décimé plus de gens que la guerre pendant la
même période car les médicaments ont manqué faute d’argent alors que les fonds étaient
débloqués par les organismes internationaux. Les fonds ont été virés à partir
du Burundi à Paris sur un compte d’une « société
d’étude et de conseil » (que nous ne pouvons révéler pour le moment). Ce
qui est sûr par ailleurs, c’est que le dirigeant de cette société d’étude et
conseil est un ami personnel de X. L’argent a été ensuite transféré sans
problème sur le compte privé de X.
Il va de soi que le rapport du docteur Kassy était
très compromettant pour Monsieur X, c’est pourquoi ce dernier a commandé, non
seulement la destruction du rapport, mais aussi de celui qui l’avait préparé.
Je ne citerai pas le nom de X, cette « personnalité politique hautement
placé » pour des raisons de confidentialité.
La lâcheté et le cynisme de Monsieur X et sa femme
vont au-delà de l’imaginable lorsqu’ils laissent croupir en prison une
innocente pour couvrir leur crime crapuleux. Mais X est tellement puissant que
personne ne peut résister à son rouleau compresseur. La preuve est que la
famille Nyamoya, personnalité très importante à Bujumbura, assiste impuissante
à l’emprisonnement sans preuve de sa fille Gertrude.
Les tueurs ont fait un travail rémunéré. Le chef de
cette opération d’assassinat est un officier de l’armée burundaise qui a été
porté pour l’occasion à la tête d’un commando 10 hommes, tous des anciens
militaires. Ce chef du commando continue à vaquer habituellement à ses
activités et bénéficie d’une couverture totale.
Pour la
première fois au Burundi, un représentant diplomatique, et de
surcroît d’un organisme de l’ONU, a été
assassiné sur décision politique. On note aussi l’organisation pour la première
fois d’un commando mixte militaro civil destiné à éliminer les personnalités
gênantes. La question qui se pose est de savoir si l’Etat burundais continuera
à couvrir ce crime malgré les informations détenues par les chancelleries
occidentales sur le mobile et les assassins du représentant de l’OMS.
Il y’a quelques jours au début du mois d’août 2002,
une dépêche de l’AFP et une autre de MISNA signalaient que la vie du chargé
d’affaires de l’Union européenne (UE), Jessrey RUDD, est menacée par un homme
de main recruté pour l’attaquer, citant la délégation de la commission
européenne dans une note au gouvernement burundais.
Selon les mêmes sources, il est prévu une attaque
contre cette personne dans les jours à venir. Nous ne pouvons pas mettre en
parallèle ces craintes de la communauté européenne et l’assassinat du Dr Kassy,
mais tout laisse à penser qu’il s’agit du même commando qui a tué Kassy, sans
doute avec le même « commanditaire ». Il y a en tout cas une
similitude frappante quant aux mobiles : il s’agit encore une fois d’une
affaire de détournement des aides de la communauté internationale.
Mr RUDD est très occupé actuellement à rédiger un
rapport d’audit sur l’aide de l’Union Européenne qui a été détournée. D’après
certaines informations, ce dossier pourrait compromettre sérieusement le
déblocage des fonds destinés au redressement de l’économie burundaise pour
accompagner le fragile processus de paix. Encore une fois, c’est le peuple burundais,
toutes ethnies confondues, qui devra payer les pots cassés.
Pierre Horumpende