Burundi

Actualité
Bulletin No 101
Semaine du 25 février 2008

A Bururi, le Deuxième Vice-Président de la République s’entretient avec les cadres de la province (suite)

Bujumbura, le 24 février 2008

Cellule Presse et Communication
Deuxième Vice-Présidence de la République

Quelques questions soulevées par les chefs de service

Le médecin provincial de Bururi a commencé par remercier Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République pour l’occasion qui leur était offerte de lui faire parvenir directement leurs doléances. Il a commencé par affirmer que dans la province de Bururi, la mesure de la gratuité des soins était bien appliquée et qu’elle avait très remarquablement contribué à l’amélioration de la vie des ménages. Il a toutefois fait remarquer que les 21 dispensaires de la province avaient besoin de réparation et que le matériel était insuffisant. Il a demandé au gouvernement de créer un autre hôpital à Bururi car les hôpitaux de Rumonge et de Matana sont petits et parfois très éloignés de certaines communes (comme c’est le cas de Burambi et Mugamba par rapport à l’hôpital de Rumonge). Il a demandé au gouvernement de trouver une autre ambulance pour l’hôpital de Rumonge car l’autre venait d’être déclassée par un grave accident.

Le deuxième intervenant fut le responsable du projet Bututsi. Il a expliqué que ledit projet était arrivé à terme en date du 31 décembre dernier mais que des négociations étaient en cours pour que la Banque Africaine de Développement accepte de financer une deuxième phase avec extension des activités du Projet sur la province de Makamba. Il a expliqué que si le financement de la deuxième phase était trouvé, le projet comptait également s’occuper du volet d’accueil et insertion des rapatriés.

Le troisième intervenant, monsieur Jonathan Ndegeya, est revenu sur la question de la route Bururi-Makamba. Il a expliqué qu’une telle route était vitale à la province car elle permettra à la population de ne plus faire 200 km pour arriver à Makamba étant donné que la nouvelle route n’est longue que de 45 km.

Monsieur Ndegeya a fait remarquer que cette route ouvrira un accès rapide à la Tanzanie et réduira par conséquent les prix des marchandises. Il a dit que les études de faisabilité de cette route avaient été terminées et que l’OPEP avait promis de financer le chantier. Il a demandé au gouvernement de s’occuper de ce dossier de même que celui de la route Bururi-Mahwa-Gitega en faisant remarquer que les petits commerçants de Gitega font actuellement trois jours à vélo pour venir à Rumonge alors que le tracé de la nouvelle route réduirait sensiblement ces délais.

Monsieur Charles Kantungeko, directeur de l’hôpital de Rumonge est quant à lui revenu sur la question de l’ambulance accidentée avant de dire que l’hôpital qu’il dirige manque de maternité capable de faire face à l’afflux des femmes qui viennent y accoucher. Il a demandé au gouvernement de doter l’hôpital d’une salle de maternité avec un nombre suffisant de lits pour que les mères qui accouchent puissent y rester le temps en observation comme cela est recommandé par les usages.

Monsieur Jean Bucumi (un enseignant) a soulevé la question du prix du café décidé par le Président de la République et qui n’est jamais entré en vigueur. Il a ensuite posé la question de connaître l’action envisagée par le gouvernement pour contraindre les députés à faire leur travail. Troisièmement, monsieur Bucumi a évoqué la situation des enfants non enregistrés à l’état civil et qui ne peuvent pas encore bénéficier de la mesure de gratuité des soins de santé.

Un certain Saïdi a alors pris la parole pour demander au gouvernement d’accorder les indemnités de risques aux enseignants, d’aider d’une manière remarquable les enseignants qui partent travailler loin de leur province d’origine, d’encourager le dialogue entre les enseignants, les parents et la direction d’une même école et d’éloigner des écoles les personnes mal intentionnées qui se mêlent des problèmes de l’éducation des enfants.

D’autres question ont été posées sur les équilibres ethniques au sein de l’armée et de la police, dans la fonction publique; sur la réduction des effectifs dans les internats; sur les véhicules promis aux directeurs des écoles secondaires ; sur la mise en application de la mesure présidentielle d’augmentation des salaires ( 34%), sur la personnalité et le passé des Burundais appelés à faire partie de la Commission Vérité et Réconciliation; sur la participation des rapatriés et des déplacés à la Commission Terre et Biens.

On notera l’intervention plus ou moins amusante de monsieur Sylvère Semabaya qui a posé des questions portant sur la violation flagrante de la culture burundaise en légalisant l’héritage des filles (alors que l’adage dit « Umwigeme akura iyo aroye »), sur la non protection des réfugiés burundais en laissant les Etats Unis d’Amérique, l’Australie et d’autres pays venir ramasser des Burundais dans les camps en Tanzanie; le comble pour monsieur Semabaya étant la décision du gouvernement de « surcharger » les enfants de l’école primaire avec l’apprentissage des langues comme l’Anglais et le Swahili à côté du Kirundi et du français!

Le Deuxième Vice-Président répond aux préoccupations des cadres de Bururi

A la question du directeur provincial de la santé portant sur la création d’un autre hôpital à Bururi, Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a répondu que cela rentrait dans les projets du gouvernement et que des partenaires comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique et la Chine avaient été saisis des requêtes en ce sens. Il en est de même pour toutes les infrastructures à construire dans le cadre de la mise en application de la mesure de la gratuité des soins de santé. Pour ce qui est de l’ambulance, le Deuxième Vice-Président a demandé à tous les fonctionnaires de prendre soin des véhicules de l’Etat car il est scandaleux de constater que ce genre de véhicules n’a qu’une durée de vie très courte. Il a dénoncé les comportements des responsables des hôpitaux qui détournent les ambulances de leur mission et les utilisent dans d’autres activités. Il a promis d’étudier le cas de l’ambulance de l’hôpital de Rumonge avec le ministre ayant la santé publique dans ses attributions pour voir comment remplacer l’ambulance déclassée.

Sur la question du financement de la phase II du projet Bututsi, Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a promis de suivre d’une manière particulière ce dossier et de s’impliquer pour que la BAD débloque les fonds.

Sur la question du démarrage des travaux de la route Bururi-Makamba, le Deuxième Vice-Président de la République a fait remarquer que si les études de faisabilité sont terminées et que l’OPEP a promis de financer ce chantier, l’Etat n’avait d’autre obligation que celle de faire en sorte que cet argent arrive et que le chantier démarre sans délais. Il a promis de suivre de près ce dossier.

Quant à la construction de la route Bururi-Mahwa-Gitega, il a dit que cela était un projet très avancé du côté du gouvernement. Il a par contre encouragé la population de Bururi à s’occuper de l’entretien des routes et à en construire d’autres lors des travaux communautaires.

A la question du prix du café, le Deuxième Vice-Président a dit que le gouvernement s’efforçait de faire en sorte que le café burundais soit mieux vendu sur le marché international. L’autre mesure prise pour que le caféiculteur puisse être mieux payé est l’ouverture de la concurrence et le financement des campagnes café à travers les appels d’offres internationaux. Le gouvernement essaie de surcroît de supprimer les intermédiaires dans le commerce du café et d’encourager les caféiculteurs à se regrouper en associations.

Madame la Ministre du Commerce et de l’Industrie est intervenue pour dire que la route Bururi-Makamba aura des retombées significatives sur l’économie de la province et qu’elle permettra à la population d’arriver facilement en Tanzanie. Parlant de l’augmentation du prix du café, elle a encouragé les caféiculteurs a produire un café de bonne qualité, à entretenir la saveur très recherchée du café burundais en s’occupant mieux de leurs plantations, de la récolte jusqu’à la vente. Madame Euphrasie Bigirimana a encouragé les caféiculteurs à travailler en associations et à s’échanger des informations avec leurs collègues d’autres provinces. Les mêmes conseils ont été donnés aux producteurs du thé.

A la question relative au mauvais fonctionnement du parlement burundais, le Deuxième Vice-Président a demandé plutôt à la population d’en parler directement avec leurs élus. On signale au passage que du public, une voix s’est fait entendre en réclamant un référendum national en vue de la dissolution du parlement burundais!

Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a encouragé les parents à faire enregistrer leurs enfants pour qu’ils puissent tous bénéficier des soins de santé gratuits. Il a réitéré avec insistance la responsabilité de la justice, des forces de l’ordre, des parents dans la protection des enseignants. Il a demandé que soit puni avec sévérité tout acte portant atteinte à la dignité du personnel enseignant mais a encouragé également le dialogue entre la direction des écoles, les comités des parents, les forces de l’ordre et l’autorité communale et provinciale.

A la question portant sur les équilibres ethniques dans l’armée, la police et la fonction publique, le Deuxième Vice-Président a rappelé que ces équilibres étaient écrits noir sur blanc dans la constitution de la République et que ce processus doit se poursuivre bien que cela prenne du temps. Il a expliqué que le gouvernement s’efforçait de travailler en tenant compte des préoccupations de la population. Il a dit que c’est dans cette optique que les salaires des fonctionnaires ont été revus à la hausse sans oublier de préciser que les 34% ont commencé à être payés avec le mois de janvier. Il a encouragé les fonctionnaires à augmenter leur rendement pour que la production puisse motiver d’autres augmentations car cela n’est un secret pour personne que les salaires du Burundi restent très bas.

Répondant aux questions touchant aux compositions des Commissions Vérité et Réconciliation et Terre et Biens, le Deuxième Vice-Président a dit que le gouvernement ferait tout pour que ces commissions travaillent et aident la nation à résoudre définitivement les problèmes liés à cette foule de violations graves des droits de l’homme, aux spoliations et aux ventes forcées des propriétés immobilières. Il a dit prendre bonne note de la proposition de l’intervenant de faire figurer les rapatriés et les déplacés dans la Commission Terre et Biens.

Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a demandé à monsieur Semabaya de reconnaître que la réforme de la loi sur l’héritage en faveur des filles était une question qui doit être débattue largement par les intéressés et les pouvoirs publics. Il a précisé que cette réforme rentre dans le cadre de la politique de l’égalité des genres. Quant à la politique décidée par le HCR en concertation avec le gouvernement burundais et visant à installer certains réfugiés burundais aux USA, en Australie et dans d’autres pays, il a fait remarquer que tout se faisait en respectant l’avis des intéressés étant donné que tout Burundais a le droit de rentrer au bercail ou de s’établir dans tout pays de son choix.

A la critique faite à l’enseignement de l’anglais et du Swahili à l’école primaire, le Deuxième Vice-Président de la République a confié que cette mesure répondait aux contraintes de l’adhésion du Burundi à la Communauté Est-Afraine et que cela devra rendre de grands services à la population appelée à évoluer dans un espace économique plus vaste. Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana n’a pas manqué de préciser que les études pédagogiques ont démontré que les enfants apprennent facilement les langues.

Il a dit prendre bonne note de toutes les requêtes formulées et a promis de les examiner avec les ministres concernés. Il a terminé en remerciant les chefs de service de Bururi pour l’échange franc et fructueux. Il les a encouragés à soutenir leur nouveau gouverneur et à travailler ensemble pour le développement de leur province et de tout le pays.

Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a promis de revenir très bientôt dans la province de Bururi pour lancer le projet de plantation d’une nouvelle variété de palmiers à huile sur cinq mille hectares.

Bujumbura, 25 février 2008
Cellule Presse et Communication
Deuxième Vice-Présidence de la République

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

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Abarundi.org
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