Burundi

Actualité
Bulletin No 105
Semaine du 24 mars 2008

A Gitega: Le Deuxième Vice-Président de la République rencontre les cadres du ministère de l’agriculture et de l’élevage (deuxième partie)

Bujumbura, le 16 mars 2008

Cellule Presse et Communication
Deuxième Vice-Présidence de la République

Après la direction générale de l’agriculture, ce fut le tour de la direction générale de la mobilisation pour l’auto développement et la vulgarisation agricole (DGMAVA). Cette direction générale comprend: la direction de l’animation et de la formation agricole, 16 directions provinciales de l’agriculture et de l’élevage (DPAE) et la direction du centre multi média. Le directeur général, monsieur Pierre Sinzobatohana a pris la parole pour dire que leur travail se heurtait à l’insuffisance des semences et à l’absence de la politique d’irrigation. Il a toutefois déclaré qu’ils avaient initié un programme visant à encourager les ménages à avoir des trous à compost comme par le passé. Il a expliqué que les moniteurs agricoles avaient reçu le devoir de réaliser 10 champs modèles par colline avec l’appui des membres des comités communaux de développement. Il a parlé de l’urgence d’intensifier la lutte anti-érosive en commençant par les sommets des collines et a plaidé en faveur d’un programme national de lutte contre l’érosion. Il a également confié le manque d’expériences des moniteurs agricoles qui viennent d’être recrutés (autour de 2203 personnes) et qui doivent par contre servir et du côté de l’ISABU, et du côté de l’OCIBU et du côté du Minagrie. Il a plaidé en faveur de la création des centres semenciers, de la création et de la protection des centres de multiplication des semences et des variétés résistantes aux maladies. Il a souhaité que le gouvernement accorde une aide alimentaire aux familles indigentes pour les empêcher des manger les semences qu’on leur donne à multiplier. Il a demandé à Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de donner des instructions à l’ordonnateur du trésor public pour qu’il accepte enfin de débloquer les fonds PPTE prévus pour 2007 étant donné que s’il faut réhabiliter les étables et planter les herbes que vont manger les vaches, la partie du budget qui est débloquée est dépensée à perte si l’autre partie ne suit pas pour permettre l’achat de ces vaches! S’il faut développer des plantations de pommes de terre et que l’argent pour acheter les engrais n’est pas débloqué, c’est de l’argent perdu et des efforts gaspillés. Il a demandé au gouvernement de revoir la quantité de 40 litres de carburant qui est accordée au directeur général par semaine alors qu’il doit s’occuper de 16 DPAE!

Pour une nouvelle politique d’exploitation des plaines

Monsieur Macaire Nahimana a récupéré le micro pour plaider en faveur d’une nouvelle politique des plaines au Burundi. Il a pris pour exemples les plaines de l’Imbo et du Moso. Il a demandé au gouvernement de stopper l’expansion de la ville de Bujumbura dans la plaine alors qu’elle peut être très utile à la production agricole et que les constructions seraient plus en sécurité sur les collines. Il a demandé au gouvernement d’encourager de nouvelles cultures tournées vers l’exportation dans les plaines de l’Imbo et du Moso.

Monsieur Nahimana s’est indigné du fait que la jeunesse scolarisée n’aime pas l’agriculture mais court désespéramment derrière quelque poste de la fonction publique. Il a fait remarquer que dans les pays développés, ce sont souvent des gens bien formés qui réussissent dans l’agriculture. Il a demandé par exemple à la banque BNDE de lancer un crédit agricole en faveur des ingénieurs agronomes qui se lancent dans l’agriculture (achat de machines, achat des engrais et des semences sélectionnées). Il a regretté que sur les collines, l’agriculture soit réduite à un petit métier où les gens travaillent jusqu’à 11 heures et rentrent jouer aux cartes en attendant l’ouverture des bistrots. Il a dénoncé certaines ONG étrangères qui viennent au Burundi pour gérer des fonds alloués à l’agriculture par l’Etat au lieu de venir avec leur argent propre parce qu’ils piquent et de l’argent et du travail aux Burundais. Il a demandé au gouvernement de définir une politique de la recherche agricole avec un financement approprié. Notons que la DGMAVA compte promouvoir la petite irrigation et l’irrigation par gravité dans les centres semenciers : 350 pompes manuelles d’irrigation ont été commandées. Elle compte également sensibiliser la population à la pratique des terrasses radicales et de creusement des courbes de niveau sur les collines à forte pente.

Le pays souffre du gaspillage des ressources

L’autre intervenant a été monsieur Pierre Ndikumagenge. Il a dénoncé le poids de la bureaucratie dans le travail des agronomes et des vétérinaires (qui passent le gros de leur temps dans les bureaux que sur terrain). Il a demandé à l’Etat de repenser le développement communal avec des encadreurs à la base et auprès des paysans, avec des ingénieurs et des universitaires à la tête des champs modèles subventionnés par l’Etat comme l’Europe subventionne ses agriculteurs. Il a dénoncé le gaspillage des ressources qui caractérise l’élite burundaise comme ce cas des ingénieurs agronomes qui préfèrent aller enseigner la biologie dans les collèges communaux plutôt que d’innover en créant des plantations. Il a demandé à l’Etat de faire en sorte que l’agriculture puisse absorber le gros des chômeurs de la capitale qui recherchent un petit poste où ils touchent moins de 70.000 fbu alors qu’ils peuvent gagner plus dans les plantations à développer dans leurs provinces respectives. Il a parlé de la honte de cette survie journalière qui semble ne jamais gêner des pseudos intellectuels.

Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a répondu qu’il prenait au sérieux toutes les propositions et qu’il allait soumettre aux bailleurs de fonds un projet de création d’un crédit agricole: faire en sorte qu’une partie des fonds soit canalisée vers une bonne exploitation des ressources humaines et l’autre partie pour les financements des projets de création de plantations par les diplômés des instituts ou universités, du moins en attendant que l’industrie se développe au Burundi. Il a toutefois demandé de ne pas sous-estimer l’impact de l’aide alimentaire de la PAM sur les comportements des paysans. Il a souligné l’urgence d’offrir un encadrement soutenu aux moniteurs agricoles et d’encourager la population à viser l’autosuffisance alimentaire. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à obtenir que les fonds alloués soient dépensés selon les programmes proposés.

Accélérer le plan d’actions et réhabiliter le laboratoire national

Cap sur la direction générale de l’élevage. Cette direction générale comprend trois directions: la direction de la santé animale, la direction de la promotion des productions animales (avec le volet de l’insémination artificielle), la direction de l’eau, de la pêche et de la pisciculture.

Le directeur général a.i. monsieur Séverin Bagorikunda a commencé par dénoncer l’urbanisation anarchique qui fait disparaître les centres vétérinaires (le centre de Kayanza dont les parcelles ont été distribuées à d’autres personnes, le centre de Mukoni à Muyinga dont le lotissement est déjà préparé, le centre de Muramvya qui est menacé de disparition et le centre de Gitega qui est devenu litigieux). Au chapitre des réalisations, le directeur général a parlé de la lutte contre les épizooties (vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine), la lutte contre la fièvre de la Vallée du Rift, la confection des textes réglementaires en santé animale, le contrôle du mouvement du bétail sur le territoire national, la surveillance sur les frontières du marché du bétail, le projet de repeuplement du cheptel national qui a diffusé dans le monde rural 355 vaches et 45 taureaux de race frisonne. Le projet PRASAB qui a donné 5.457 bovins, 61.331 caprins, 2.350 porcins et 1.808 ovins, le projet BUTUTSI qui a distribué 900 vaches de race frisonne, le projet PARSE qui vient de démarrer et qui va contribuer à la reconstruction du cheptel national etc.

Monsieur Bagorikunda a plaidé en faveur de la mise en place d’une unité de transformation des aliments pour bétail afin de pouvoir nourrir convenablement le bétail qui vient de l’étranger dans le cadre de la reconstitution du cheptel national. Parlant de la lutte contre la grippe aviaire, il a déclaré qu’un atelier avait eu lieu pour valider un plan d’actions mais que les bailleurs de fonds ont exigé que ce plan soit adopté par le gouvernement pour que les financements sollicités puissent être accordés. Il a demandé au Deuxième Vice-Président de s’occuper de ce problème.

Et quid du laboratoire ? Pour monsieur Bagorikunda, les experts de la COMESA qui sont venus dernièrement au Burundi ont classé le laboratoire burundais au niveau zéro (nul)! Il a alors fait remarquer que le Rwanda avait obtenu des financements de cette communauté pour la construction d’un laboratoire moderne et que la RDC allait réhabiliter et étendre son laboratoire. Il a demandé au gouvernement burundais de faire en sorte que le laboratoire soit réhabilité pour atteindre au moins le niveau qu’il avait avant la crise. Il a dénoncé la mauvaise gestion du carburant en faisant remarquer qu’il lui fallait aller récupérer à Bujumbura les 40 litres de la semaine!

Sévir contre le trucage des balances et les caprices des intermédiaires

Monsieur Jean de Dieu Mutabazi, Directeur Général de l’OCIBU, est intervenu pour dire qu’une équipe chargée d’élaborer des stratégies (par secteur avec des financements conséquents) en rapport avec la sécurité alimentaire a été mise en place au temps où il était ministre de l’agriculture et de l’élevage. Il a demandé audit comité de remettre son rapport. Pour ce qui est du secteur café, il a parlé de la nouvelle politique qui consiste à augmenter la quantité en même temps que la qualité, de l’amélioration de la commercialisation du café en sélectionnant les cafés par station de lavage et par province car le café de différentes stations de lavage n’a pas la même qualité et ne peut pas être vendu au même prix. Il a dénoncé le trucage des balances au niveau des points de vente de café qui prive les caféiculteurs de revenus importants: « On truque la balance et les kilos changent par après par rapport aux quantités à payer aux paysans et celles que les Sogestal déclarent plus tard. Au niveau de l’usine, les kilos sont encore une fois falsifiés, et au port de Bujumbura au moment de l’exportation, il y a également des vols », s’est indigné l’honorable Mutabazi. Il a également dénoncé le travail des commissionnaires qui vendent le café burundais à bas prix et pire encore, mettent trop de temps (parfois plus de 8 huit mois) à écouler leur stock. Il a dénoncé le chantage auquel ces intermédiaires recourent en disant que le franc burundais a subi des dévaluations alors qu’ils réalisent des plus values étant donné qu’ils sont payés en devises et qu’ils ne paient les producteurs qu’en monnaie locale!

Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a demandé à la direction générale de l’OCIBU de réduire sensiblement le nombre des intermédiaires dans la vente du café. Il a insisté pour que les paysans cessent d’être volés sur les balances truquées. Il a encouragé les responsables des Sogestal à trouver des financements au niveau des banques pour que le paysan puisse rentrer avec l’argent de son café et au plus le plus élevé qui soit. Car à défaut, on ne pourra plus condamner le paysan de vendre son café clandestinement au Rwanda alors que ce pays voisin est plus offrant! Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a rappelé que l’Etat compte privatiser les stations de lavage et a encouragé les associations des caféiculteurs à négocier des crédits bancaires pour pouvoir acheter les Sogestal. Il a demandé que les appels d’offres internationaux soient lancés pour obtenir les financements des campagnes café et pour ouvrir le marché du café à la concurrence.

Bujumbura, 18 mars 2008
Cellule Presse et Communication
Deuxième Vice-Présidence de la République

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

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