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Burundi |
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No 106 Semaine du 14 avril 2008 |
La commercialisation du café burundais au cœur des débats |
| Le jeudi 10 avril 2008 à Ngozi, Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a rencontré les associations des caféiculteurs pour parler de la nouvelle politique de commercialisation du café burundais. Tout au préalable, Son Excellence Monsieur Gabriel NTISEZERANA a déclaré aux responsables des associations des caféiculteurs qu’il avait fait le déplacement de Ngozi pour venir soutenir leurs états généraux qui se tenaient pendant deux jours avec objectifs: amélioration de la qualité du café et des mécanismes de commercialisation pour que le café profite davantage au producteur. Le Deuxième Vice-Président a expliqué être venu à Ngozi pour discuter des stratégies des stratégies de financement de la campagne café 2008, du désengagement de l’Etat de la filière café tout en gardant l’oeil sur la qualité de la production et les voies de commercialisation en jouant le rôle de régulateur; discuter des problèmes et des solutions permettant au paysan qui vend son café de rentrer immédiatement avec son argent mais au prix qui tienne vraiment compte des cours réels sur le marché international. Son Excellence Monsieur Gabriel NTISEZERANA a également invité la confédération nationale des caféiculteurs à résilier sans délais le contrat qu’elle venait de signer avec le courtier du nom de KENNETH, en faisant remarquer que la nouvelle politique de commercialisation du café prônait la concurrence et jamais le monopole: il faut que beaucoup d’acteurs, de traders soient approchés et puissent venir librement au Burundi acheter le café. De cette concurrence entre acheteurs va résulter un meilleur prix pour le paysan. Prenant la parole, monsieur Anselme Binyogote de l’association des caféiculteurs de Kayanza a remercié Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président pour l’intérêt que l’Etat burundais témoigne à l’égard des associations des caféiculteurs. Il a encouragé la fin du monopole détenu par KENNETH pour qu’il y ait plus de compétition dans la commercialisation du café burundais. Monsieur Macaire Ntirandekura, président de la confédération nationale des caféiculteurs a remercié Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président du cadre de dialogue et de concertation qu’il initiait en faveur des caféiculteurs. Il s’est prononcé en faveur de la nouvelle politique de commercialisation du café qui permettra au producteur de rentrer avec son argent. Il a par contre soulevé le problème du financement de la campagne café depuis que l’Etat s’est désengagé en dénonçant les réticences des banques à accorder des crédits de peur que le café ne se vende mal et que l’argent ne soit perdu. Il a fait remarquer qu’il était difficile aux associations des caféiculteurs de convaincre les banques de les aider étant donné que les prix du café ne sont connus qu’après signature d’un contrat avec un acheteur. Il a expliqué que la confédération avait quitté la voie des appels d’offres pour privilégier la vente à terme et qu’il y avait maintenant beaucoup de bruits sur la filière café car les personnes qui, par le passé, étaient influentes dans le secteur montent au créneau pour dénoncer un prétendu monopole que détiendrait KENNETH. Monsieur Ntirandekura a défendu bec et ongles le courtier Kenneth en disant qu’il n’était qu’un conseiller et jamais un acheteur (mais à qui on accorde tout de même 2% du prix de la vente du café !). Il a déclaré qu’il y avait urgence de mettre en application le règlement de vente du café que les associations des caféiculteurs et l’OCIBU venait d’élaborer. Casser à tout prix le monopole du courtier KENNETH Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a répondu à monsieur Ntirandekura que le courtier KENNETH jouissait bel et bien d’une situation de monopole et que cela était inadmissible dans la nouvelle politique de commercialisation du café, laquelle politique participe des conditionnalités du Point d’Achèvement pour l’annulation de la dette. Il a confié que la Banque Mondiale allait fournir des experts et des conseillers techniques afin que le Burundi s’inspirent des expériences heureuses de commercialisation positivement performante du café. Il a fait remarquer que la confédération aurait dû ne pas se contenter d’un seul expert mais plutôt aurait convoqué plusieurs experts pour n’en sélectionner que le ou les meilleurs. Il a insisté pour que les associations des caféiculteurs résilient le contrat signé avec le courtier KENNETH en attendant que d’autres candidats y compris ce même KENNETH, soient approchés et que la sélection ait lieu conformément au nouveau règlement de vente du café. Il a précisé que le règlement préparé par les associations de caféiculteurs et l’OCIBU avait été soumis aux experts de la Banque Mondiale qui avaient fait des observations que le gouvernement, l’OCIBU et les délégués des associations des caféiculteurs étaient en train de tenir compte dans le texte définitif qui devait être rendu public avant la fin de la semaine. Son Excellence Monsieur Gabriel NTISEZERANA a fait remarquer que pour la campagne 2007, les experts de la Banque Mondiale et du F.M.I avaient dénoncé la mévente du café burundais :une performance négative. Il a encouragé les banques à accorder des crédits aux associations des caféiculteurs en rappelant que l’Etat n’abandonnera jamais le secteur combien vital pour l’économie mais qu’il jouera bien son rôle de régulateur. Monsieur Joseph Ntirabampa vient de l’association des caféiculteurs de Kirundo et Muyinga. Il a pris la parole pour dire que leur confédération avait choisi le courtier KENNETH comme conseiller et qu’il rendait de grands services à la confédération. Il a demandé au Deuxième Vice-Président de proposer une date précise à laquelle de nouveaux courtiers seraient proposés aux caféiculteurs. Il a demandé au gouvernement de trouver une solution claire au problème de financement du café, de contraindre l’OCIBU à rester dans son rôle de régulateur et d’éviter de garder indéfiniment l’argent des associations de caféiculteurs. Un autre intervenant a expliqué que la confédération nationale des caféiculteurs avait choisi le courtier Kenneth car il acceptait de voler au secours des producteurs délaissés par l’Etat, ce qui a fait que pour bien des caféiculteurs, les caféiers ont été arrachés pour être remplacés par les champs de haricot. Il a demandé au gouvernement de faire en sorte que l’argent retenu sur la vente de café et qui est destiné aux communes leur soit effectivement versé. Il a demandé à Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de bien préparer cette politique basée sur la concurrence pour éviter que les caféiculteurs ne se retrouvent dans la même situation que celle qui a suivi le désengagement de l’Etat. Un autre intervenant a déclaré que les caféiculteurs attaquaient les associations quant au blocage de la mise en application de la mesure présidentielle octroyant plus d’argent au producteur. Il a posé la question de savoir si le blocage venait des associations qui travaillaient avec Kenneth ou de la mauvaise foi de l’OCIBU. Il a demandé à Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de poursuivre cette politique de libéralisation afin que le producteur de café soit encouragé à entretenir ses caféiers, convaincu que le prix de vente récompense réellement les efforts fournis. Gérard de la SOGESTAL Ngozi est intervenu pour dire que l’Etat, à travers ses services techniques, n’avait pas pris des mesures d’accompagnement après son désengagement. Il a souligné qu’il fallait alors continuer l’encadrement des producteurs de café et s’impliquer auprès des banques pour que le financement des campagnes café ne pose jamais de problème. « Nous avons quitté le régime des subventions pour celui de la libéralisation sans aucune mesure d’accompagnement. Et voilà maintenant l’Etat qui intervient pour casser le contrat avec le courtier Kenneth sans autre proposition concrète. Oui, nous sommes d’accord pour que tout soit fait afin que le producteur soit mieux payé et rapidement. Mais qu’est-ce qui est réellement fait pour que cette nouvelle réforme n’échoue point ? » a interrogé Gérard. Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a réagi à l’intervention de Gérard en disant que le gouvernement saluait le travail qu’a réalisé la confédération des associations dans l’encadrement des caféiculteurs. Il a dit que le dialogue initié par le gouvernement n’avait aucunement pour but de mettre les bâtons dans les roues des associations mais qu’il était grand temps que les monopoles soient bannis dans la commercialisation du café. Il a demandé aux représentants des associations des caféiculteurs de se préparer à travailler, dès mardi suivant, avec l’équipe de la Deuxième Vice-Présidence afin que la nouvelle politique soit lancée le plus rapidement possible. Il a parlé de supprimer les intermédiaires qui prennent des pourcentages et empêchent au producteur de toucher le véritable prix de vente du café sur le marché international. Il a demandé aux associations des caféiculteurs de faire les démarches auprès des banques afin de pouvoir acheter les stations de lavage qui vont bientôt être vendues par l’Etat. Il a promis de vérifier sur le compte bancaire de l’OCIBU si des sommes d’argent appartenant aux associations des caféiculteurs étaient retenues par cet organe afin qu’elles soient versées rapidement auxdites associations, dans un délai ne dépassant pas une semaine pour être précis. Le règlement de vente comme garantie de la politique de concurrence Madame Jeanne d’Arc alias McAskie a demandé à l’assemblée d’applaudir Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président pour sa présence aux états généraux des associations de caféiculteurs. Elle a dit que la confédération avait longtemps souhaité une rencontre avec le Président de la République depuis la mise en place de cette plateforme. Elle a souligné que la présence du Deuxième Vice-Président et responsable numéro un des questions économiques dans le pays était un signe assez éloquent du soutien que l’Etat accordait aux producteurs de café. Elle a salué la volonté du gouvernement de vendre les stations de lavage aux associations des caféiculteurs. Elle a demandé que le règlement de vente entre rapidement en vigueur. Elle a fait remarquer qu’il existe des coopératives de producteurs de café et celles de vendeurs de café mais que les lois ne sont pas claires et que cela causait des difficultés dans la protection réelle des producteurs de café. Monsieur Ciza Harouna a posé la question de la garantie que le gouvernement donnait aux producteurs de café quant au succès de la politique de concurrence. Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a rappelé qu’une fois le règlement de vente entré en application, plusieurs acheteurs potentiels allaient être approchés sur une liste qui a été proposée par la Banque Mondiale. Il a dit que les acheteurs allaient faire des propositions et que dans un délai de deux semaines le nouveau prix de vente du café pouvait être fixé. Monsieur Herman TUYAGA, Conseiller Principal chargé des Questions Economiques à la Présidence de la République a abondé dans le sens du Deuxième Vice-Président pour saluer le travail abattu par la confédération nationale des caféiculteurs. Il est revenu sur l’historique de la création des SOGESTAL et leurs missions de contribuer à l’amélioration de la qualité du café burundais, de réduire les efforts qu’exigent le lavage, la sélection et le transport du café jadis accomplis par le producteur. Il a confié que l’Etat gardait toujours un oeil vigilant sur la culture, le traitement et la commercialisation du café. Il est revenu sur la mesure prise par le Président de la République visant à accorder au moins 72% du prix de vente au producteur de café. Il a précisé qu’il s’agissait là d’une proposition mais que rien n’empêchait à politique de concurrence de permettre au producteur d’obtenir 80 voir 90% du prix de vente! Il a parlé de l’urgence de supprimer les intermédiaires en précisant que l’Etat allait également surveiller pour empêcher que les représentants de producteurs ne se transforment en démarcheurs. Il a recommandé aux associations des caféiculteurs de profiter de l’Internet pour suivre au jour le jour les fluctuations du prix du café sur le marché international. Il a fait remarquer que si le producteur gagne beaucoup d’argent, que cela contribuera au développement des communes. Redynamiser la culture du café et accorder des formations aux producteurs du café Monsieur Léonce NDARUBAGIYE, Conseiller Principal chargé des Questions Socioculturelles à la Deuxième Vice-Présidence de la République a demandé aux associations des caféiculteurs d’accueillir favorablement la nouvelle politique de commercialisation du café. Il a souligné que le café était un produit stratégique dans la rentrée des devises dans le pays et que le gouvernement en collaboration avec ses partenaires ne recherchait qu’à protéger le producteur afin que la qualité et la quantité du café s’améliorent. Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a insisté pour que la confédération mette fin au contrat avec le courtier KENNETH. Il a souligné que tout allait être fait pour montrer que le gouvernement avait bien mûri cette politique et que le café burundais allait mieux se vendre. Monsieur Macaire Ntirandekura a repris le micro pour faire remarquer que le Président de la République avait pris une mesure verbale accordant 72% du prix de vente au producteur de café mais qu’il n’y avait pas de textes. Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président a rectifié le tir en disant que le Président de la République avait donné des indications sur le prix minimum qu’il souhaitait que le producteur reçoive mais qu’il ne fallait pas mal interpréter ses paroles. Il a déclaré que tout allait être clair avec le nouveau règlement de vente. Le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a pris la parole pour remercier Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président d’avoir accepté de venir encourager les associations des caféiculteurs dans leurs états généraux. Il a déclaré à l’assemblée que l’Etat encourageait la culture du café et qu’il voulait qu’elle soit redynamisée pour faire rentrer plus de devises dans le pays. Il a dit que le désengagement de l’Etat était irréversible mais qu’il n’était pas synonyme d’abandon. Il a dit que les textes et les stratégies visant la vente des stations de lavage étaient en cours d’élaboration et que les études avaient été faites avec l’appui de la Banque Mondiale pour éviter la faillite des stations une fois que l’Etat se sera retiré. Il a précisé que des formations allaient être organisées à l’intention des producteurs de café pour les habituer aux techniques de vente du café sur le marché international. Notons qu’à la fin de la réunion, les délégués des associations ont été invités à signer un document résiliant le contrat du courtier KENNETH. Il a été convenu que la réunion de travail avec les services de la Deuxième Vice-Présidence de la République visant à approcher des acheteurs potentiels de par le monde allait avoir lieu à partir du mardi 15 avril 2008. Bujumbura
12 avril 2008 mis en ligne par Janvier Mbarushimana |
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Document source: Abarundi.org |
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