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Burundi |
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No 102 Semaine du 03 mars 2008 |
A
Kayanza, le Deuxième Vice-Président de la République
échange avec la population (1ère Partie) |
| Bujumbura, le 03 mars 2008 Cellule
Presse et Communication Le vendredi 29 février, Son Excellence monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a présidé les cérémonies d’investiture du nouveau gouverneur de Kayanza en la personne d’Edouard Nduwimana. Au petit stade de Kayanza, les cérémonies ont débuté par le salut des couleurs nationales suivi du mot de bienvenue prononcé par le gouverneur sortant. Elles étaient égayées par les danses des tambourinaires de Murima et Kabarole qui semblaient se livrer à un concours d’excellence pour la grande joie du public qui n’a été avare en applaudissements. A la fin des cérémonies d’installation du nouveau gouverneur, son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président s’est entretenu avec les chefs de service et les commerçants au Lycée de Kayanza. Prenant la parole, Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République a remercié la population de la province de Kayanza pour l’accueil chaleureux qui lui avait été réservé ainsi qu’à la délégation qui l’accompagnait et qui comprenait entre autres le ministre de l’intérieur et du développement communal (monsieur Venant Kamana), le ministre de l’éducation nationale (monsieur Saidi Kibeya), le ministre de l’agriculture et de l’élevage (mr. Ferdinand Nderagakura) et la ministre du Commerce et de l’industrie (madame Euphrasie Bigirimana). Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a placé sa descente à Kayanza dans la politique du gouvernement d’être auprès de la population pour l’encourager à aimer le travail et à consolider la paix. Il a immédiatement abordé le volet « sécurité » pour dire que le fait que cette province touche sur la forêt de la Kibira arrange les combattants des FNL Palipehutu qui font des va-et-vient entre la forêt et les ménages. Il a déclaré que la question des FNL Palipehutu allait trouver une solution définitive grâce aux discussions qui sont en cours en Tanzanie en vue de la mise en application des Accords signés en septembre de l’année passée. Il a demandé aux responsables du Mouvement FNL Palipehutu de se préparer à rentrer pour participer à la reconstruction du pays. Il a encouragé les cadres de la province de Kayanza à aider la population à s’atteler au travail et à ne jamais céder aux rumeurs et aux manipulations des hommes politiques désireux de voir la province de Kayanza sombrer dans des affrontements à caractère politique. Il a dit que le gouvernement faisait pour trouver une solution rapide aux problèmes des démobilisés qui n’ont pas encore reçu leur frais de réinsertion et qui en attendant, se livrent à des actes de vandalisme. Le Deuxième Vice-Président de la République a attiré l’attention des cadres et des commerçants de Kayanza sur le problème de la densité démographique. Il est revenu sur les chiffres que venait de donner le gouverneur qui évaluaient la densité démographique de la province à 593 habitants par kilomètre carré étant donné que la province compte autour de 560.000 habitants. Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a demandé aux cadres d’expliquer ce problème à la population et de l’encourager à limiter les naissances. Il a dit: « Dans la tradition burundaise, l’enfant est une richesse et les Burundais faisaient beaucoup d’enfants pour avoir une main d’œuvre et agrandir la famille. Les temps ont changé, il n’y a plus assez de terres et les sols se sont dégradés. Tout en encourageant les agronomes, les moniteurs agricoles à aider les agriculteurs à entretenir les sols et à lutter contre l’érosion, nous demandons à la population de comprendre le bien fondé de la politique de limitation des naissances. Ce n’est pas parce que les soins de santé pour les enfants et les soins d’accouchement ont été supprimés qu’il faut faire des enfants qui vont manquer de quoi manger et où s’établir. Nous disons aux familles qu’il est urgent qu’on fasse moins d’enfants en parents responsables.» Parlant de l’éducation, le Deuxième Vice-Président a redit l’indignation du gouvernement devant l’ampleur de l’indiscipline qui caractérise les élèves de certains coins du pays. Bien que ces cas où les élèves lèvent la main sur leur professeur ne soient pas signalés dans la province de Kayanza, il a demandé aux responsables de l’enseignement, aux forces de l’ordre et aux autorités communales et provinciales de prévenir ces comportements et si cela se produisait, de punir sévèrement les élèves pour que l’enseignant soit respecté dans son métier. Il a par ailleurs demandé aux enseignants de bien faire leur travail, de voler au secours des enfants qui ont besoin d’une formation adéquate pour pouvoir se faire une place dans le Burundi désormais membre de la Communauté Est Africaine. Au chapitre des soins de santé, Son Excellence Monsieur Gabriel Ntisezerana a demandé aux responsables des hôpitaux et des centres de santé d’appliquer correctement la mesure de la gratuité et de dénoncer toute personne qui entraverait sa mise en application. Comme dans son mot d’accueil le nouveau gouverneur avait demandé que l’hôpital de Kayanza soit agrandi pour tenir compte du nombre des malades qui s’y font soigner, de même qu’il avait évoqué le manque de médecins à l’hôpital de Musema depuis que les médecins de MSF Hollande avaient plié bagage, le Deuxième Vice-Président de la République a promis d’examiner ces deux requêtes et avec le ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida et avec les partenaires qui appuient la mesure de la gratuité des soins pour ce projet visant l’agrandissement de l’hôpital de Kayanza. Il a encouragé la population de Kayanza à se faire soigner, à répondre nombreux aux travaux communautaires de chaque samedi matin et à vivre en harmonie en bons voisins pour préserver la sécurité. Quelques questions posées par les cadres et les commerçants Monsieur Epimaque Manirakiza est administrateur de la commune de Matongo. Il a pris la parole le premier pour poser les questions suivantes: 1° Dans la loi communale, il est écrit que l’Etat doit aider les communes à relever le secteur des finances. Or, l’Etat perçoit 6% du prix de vente du café produit dans les communes. Ne faudrait-il pas modifier cette loi et accorder au moins 1% du prix du café aux communes qui doivent entretenir un véhicule, payer les chefs de zone et d’autres charges ? 2° La loi sur les taxes communales date de l’époque des Belges. Ne faut-il pas adopter une nouvelle loi qui tienne compte de la valeur de la monnaie burundaise ? 3° Il a été signé avec l’Etat une convention pour l’apurement des arriérés que les communes doivent à leur personnel suite à la crise. Cette convention a été signée du temps du ministre Denise Sinankwa. L’Etat va-t-il enfin débloquer cet argent? 4° Pendant la crise, des domaines de l’Etat (ibitara) ont été cédés illégalement à des particuliers. Ceux-ci ont coupé les arbres et s’attribuent les terres. Nous demandons à l’Etat de récupérer ces domaines. Monsieur Victor Ntakirutimana est administrateur de la commune de Kabarole. Pour commencer, il abonde dans le sens de son collègue pour dénoncer la loi communale. Il explique que dans sa commune, l’exploitation de la Colombo- tantélite ne leur rapporte rien car il leur est impossible de lever des taxes à côté de celles perçues par l’Etat pour cette même activité. En deuxième lieu, il aborde la question de la densité démographique qui a poussé les autorités à demander que la ville de Kayanza s’agrandisse vers le bureau du DPAE. Il fait part de ses inquiétudes quant aux risques de disparition du DPAE alors que ce département rend de grands services aux agriculteurs. Il demande à l’Etat d’intervenir et de demander aux autorités provinciales d’encourager plutôt la construction des immeubles à étages. Troisièmement, monsieur Ntakarutimana demande à l’Etat de voir comment augmenter le salaire des agronomes, des vétérinaires et des moniteurs agricoles. Monsieur Oscar Niyonzima est administrateur de la commune de Butaganzwa. Il pose quatre questions : 1° Les combattants du mouvement FNL Palipehutu distribue des tracts et profère des menaces à la population en l’encourageant à désobéir aux autorités. Ils sont à l’origine de l’insécurité dans la commune et de la peur qui gagne la population. Nous demandons à l’Etat de nous aider à contrôler les mouvements des combattants en attendant que les discussions prévues débouchent sur une paix totale. 2° Dans ma commune, un officier de police semait le désordre et nous avons demandé qu’il soit muté. Un nouveau chef de poste a été nommé mais le policier en question est resté sur place. Nous demandons que le gouvernement nous aide à obtenir que cet officier de police soit sanctionné. 3° Dans ma commune, nous avons construit pas mal d’écoles et il se pose le problème des tôles. Avec l’arrivée des pluies, les murs risquent de s’écrouler. Nous demandons à l’Etat de nous faire parvenir les tôles promises. 4° La province de Kayanza produit beaucoup de café. Cependant, au Burundi, le prix du café est très bas et cela décourage les agriculteurs qui commencent à déraciner les caféiers pour y mettre du haricot qui se vend très bien sur le marché pour le moment. Nous demandons à l’Etat de s’occuper du prix versé au producteur de café. L’administrateur de Gatara prend la parole. « Lorsque SOGESTAL s’est installée, il était convenu qu’elle verse à la commune 1 franc par kilo vendu. Cet engagement n’a pas été respecté. Le Projet national PTPCE nous a demandé de contribuer à hauteur de 26 millions de francs burundais pour qu’il nous aide à construire un marché moderne. Nous avons sensibilisé la population mais n’avons pu récolter que 8 millions que nous avons versés sur le compte dudit Projet. Nous demandons à l’Etat de nous aider à obtenir que PTPCE accepte de construire ce marché qui rendrait de grands services à la population et à la commune. Dans ma commune, tous les centres de santé appartiennent aux privés. Ceux-ci refusent de soigner gratuitement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Nous demandons à l’Etat de construire au moins un centre de santé dans la commune. Dans la province de Kayanza, il n’existe aucune école de formation en métiers. Nous demandons à l’Etat d’ouvrir ce genre d’école dans notre province. Un autre problème épineux est celui du manque d’enseignants dans les collèges communaux. Il se pose également le problème des tôles pour les écoles en construction. La toiture d’un collège communal vient d’être emportée par le vent. Nous demandons à l’Etat d’intervenir rapidement avec de nouvelles tôles car rien ne sera récupéré de la toiture endommagée. » L’administrateur de la commune Rango prend la parole: « Ma commune est très éloignée de l’hôpital de Kayanza et de celui de Musema. Faute d’ambulance pour le centre de santé de la commune, beaucoup de malades meurent entre les mains des infirmiers désarmés. Ma deuxième question porte sur le cas des déplacés qui se sont installés dans des sites qui appartiennent à d’autres propriétaires mais refusent de les quitter. Les propriétaires qui rentrent maintenant veulent avoir leurs terres et cela est source d’insécurité. Ma troisième question porte sur les tôles des écoles qui se font toujours attendre. Nous demandons que l’Etat nous donne également du ciment et qu’il nous aide à remplacer les vieilles salles de classe. J’aimerais préciser ici que dans ma commune, il n’y a pas d’électricité.» Madame Mireille Keza est commerçante. Elle prend la parole pour parler du problème des prélèvements forfaitaires que tout importateur doit payer à l’avance et qui ne sont pas par après comptabilisés par les receveurs de douanes. Ces derniers refusent de faire la différence entre les prélèvements forfaitaires et les frais de dédouanements mais demandent plutôt au commerçant d’aller à Bujumbura pour demander le remboursement desdits prélèvements. Madame Keza fait remarquer que cette pratique fait perdre beaucoup d’argent aux commerçants. Elle demande au Deuxième Vice-Président de se pencher également sur la question des dédouanements de véhicules qui doivent se faire à Bujumbura. Monsieur Jean Muzirabwoba prend la parole au nom d’un groupe d’associations. Il s’insurge contre les requêtes des administrateurs communaux qui ont réclamé une nouvelle loi communale pour augmenter les taxes communales alors que la population s’appauvrit! Il dénonce les arrestations de citoyens qui se sont aux bureaux des communes et qui vont au-delà des 7 jours autorisés par la loi. Il demande à ce que les partis politiques qui, à Bujumbura, parviennent à s’entendre pour former un gouvernement, demandent à leurs militants dans les communes de s’entendre et de dialoguer pour éviter des querelles stériles. Il déclare que leur plateforme d’associations compte lancer une banque de micro finances pour aider les petites gens. Il se félicite du fait que les participations récoltées aient été versées à hauteur de 95% par des femmes. A en croire monsieur Muzirabwoba, leur plateforme compte 1200 associations et 6000 membres ont librement accepté de verser un minimum de 5000 fbu pour lancer la banque de micro crédits. Il déclare que cette micro finances compte, à partir de mercredi de cette semaine, ouvrir un compte de 100 millions de fbu destinés au financement des projets des membres. Etienne Ngarukiye est économe au lycée de Kayanza. Il présente la situation de son école: « Pour 900 élèves, nous n’avons que 200 matelas et très peu de lits. Du côté des dortoirs et du réfectoire, les vitres ont été cassées et jamais remplacées. Pour préparer la nourriture des élèves, l’école manque de marmites. Il demande au gouvernement d’agir vite car les élèves qui dorment par terre traînent carrément dans la boue lorsque l’eau des pluies créent des marécages dans les dortoirs. L’autre requête de l’économe porte sur le traitement des dossiers des nouvelles recrues. Il s’indigne de voir les nouveaux enseignants passer 12 mois avant de toucher leur salaire et pire encore, ces salaires sont payés en déduisant les frais de la Mutuelle de la Fonction Publique alors que ces enseignants n’avaient pas de carte pour se faire soigner. A défaut d’accorder la carte d’affiliation dès l’instant où l’enseignant est recruté, il demande que ces frais ne soient retenus qu’à partir du mois où l’enseignant reçoit sa carte d’affiliation à la Mutuelle.
Monsieur Célestin Nahimana est un commerçant. Il demande à l’Etat de réglementer vite pour éviter que les commerçants soient taxés différemment dans les provinces pour la même activité commerciale. Il demande à l’Etat de construire et de réparer les routes pour faciliter le transport des marchandises. Pour le cas particulier des commerçants de Kayanza, il demande que la place du marché soit protégée la nuit pour faire cesser les vols qui s’y commettent. (À suivre) Bujumbura, 03 mars 2008 mis en ligne par Janvier Mbarushimana |
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Document source: Abarundi.org |
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