Burundi

Actualité
Bulletin No 101
Semaine du 25 février 2008

Alice Nzomukunda, vers la fin de l’imposture !

Bujumbura, le 24 janvier 2008 (Samson Kwizera)

Ceux qui ne sont pas habitués au sophisme des ventriotes du Burundi tombent facilement dans le piège des crocodiles comme des proies naïves. Ces derniers temps, la politique de la chaise vide pour laquelle une partie considérable des représentants du peuple ont opté scandalise toute une nation. L’assemblée nationale a démarré les travaux de la session de février mais les députés passent le gros de leur temps à jouer entre la souris et le chat: certains députés se présentent à l’hémicycle et d’autres qui s’absentent comme pour tuer le temps et retarder l’heure de la vérité. Pendant que le peuple crie à la trahison, le jeu stupide et cynique se poursuit tout en sachant que la souris va finir par sentir dans sa chair les dents d’un adversaire intraitable.

Au mois de janvier, le Parti CNDD-FDD a organisé un congrès extraordinaire. Cette instance suprême de décision s’est prononcée à l’unanimité des participants pour l’exclusion de madame Alice Nzomukunda du parti. Une fois celle qui était alors première Vice-présidente de l’assemblée nationale a perdu le soutien du parti auquel revenait le poste, la succession était ouverte. Il suffisait donc que le Parti CNDD-FDD informe le bureau de l’assemblée nationale de la disgrâce qui a frappé madame Alice Nzomukunda pour que la vacance de poste soit déclarée.

Il est vrai que madame Alice Nzomukunda ne s’est pas avouée vaincue bien que la décision du congrès soit sans recours. Elle a tenté d’entraîner l’opinion nationale et internationale dans son bateau à la dérive en essayant de contester la décision du congrès et de défendre bec et ongles son poste. Malheureusement les carottes étaient cuites et tout le tapage médiatique n’a produit que l’effet de ce chien qui aboie pendant que la caravane passe bien son chemin.

Madame Alice Nzomukunda a gaspillé maladroitement sa réputation controversée de femme politique courageuse et tombeuse de l’ex-homme fort du parti au pouvoir et de ses réseaux de détournements des compétentes étatiques. Il vous en souviendra que l’alliée du député Mathias Basabose s’est présentée à la face du monde comme une dame incorruptible, patriote et de très forte personnalité. Gratien Rukindikiza qui sait plumer les amateurs de gloires éphémères s’est empressé de retirer de son site les écrits parlant des constats d’adultère que le procureur de la République avait essayé d’établir pour donner raison au mari d’Alice qui, depuis bien des mois, vit séparé de celle qui ne cache plus sa liaison avec Mathias Basabose.

Depuis que le CNDD-FDD a mis à nu le jeu insensé de madame Alice Nzomukunda et ses alliances contre nature, la radio RPA et le site de Gratien Rukindikiza ont multiplié les feuilletons de défense de la femme en chute vertigineuse. On nous a cassé les oreilles et les cervelles des exploits de celle qui semble être faite pour rester éternellement dans les hautes sphères du pouvoir. On ne nous a jamais parlé de la cagnotte de l’intendance de la deuxième Vice-Présidence que madame Alice Nzomukunda a emportée lorsqu’elle démissionnait et qui lui a permis de financer la construction de sa villa à Gasekebuye non loin du camp Muha. On ne nous a jamais parlé du mea culpa qu’Alice au député Hussein Radjabu pour qu’il l’intègre dans le groupe des députés liges de l’enfant terrible de Muyinga. On ne nous a jamais parlé des compromissions que Madame Alice Nzomukunda avec l’aile du président Léonce Ngendakumana pour mettre en difficulté l’aile du député Jean Minani. Il se raconte d’ailleurs que le FRODEBU conditionne le remplacement d’Alice par l’entrée de Pierre Claver Nahimana au bureau. Donc, le départ de Didace Kiganahe, jugé flexible et attentif à l’intérêt général alors que le FRODEBU prône l’échec de la législature du CNDD-FDD.

Ainsi, alors que l’accord de principe sur la vacance du poste de la première vice-présidence était acquis, les députés de l’aile Léonce Ngendakumana essayent de tirer un énième profit de la situation en jouant les prolongations avant de participer à l’élection du successeur de madame Alice Nzomukunda. Le groupe fidèle au député Hussein Radjabu, bien qu’il ait refusé d’ouvrir les portes à la dame par qui tous les malheurs arrivent, profite de la situation pour brandir ses pancartes réclamant le respect de la légalité. Des requêtes qui amusent toujours la galerie quand on sait que Hussein Radjabu était réputé pour son allergie au dialogue et à l’ordre républicain. Comme si cela ne suffisait pas, Mathias Basabose vole naturellement au secours de sa maîtresse Alice pour dénoncer quelque complot qui viserait à les éliminer physiquement. La justice semble être en effet aux trousses du couple le plus mégalomane de la capitale. Ce n’est donc pas le retrait de la garde rapprochée qui cache des soucis à Alice mais plutôt son entreprise criminelle.

Disons que les larmes de crocodiles du député Mathias cachent plutôt une vérité horrible. Il se raconte à Bujumbura qu’Alice et Basabose ont, plus d’une fois, tenté d’éliminer Hermès, le mari malchanceux de celle qui se revendique du titre de femme fatale. Les services de renseignements burundais ont déjoué in extremis tous les plans et les preuves s’accumulent et accablent Alice et Mathias. Bientôt, les convocations peuvent être envoyées aux amants terribles. Au bureau de l’assemblée nationale, Alice a coupé l’arbre sur lequel elle était assise et se retrouve en chute libre.

Du côté de ses amours défendues, la terre glisse sous les pieds de Mathias Basabose et une fois le nouveau bureau de l’assemblée nationale complété, les immunités vont être levées pour que le glaive de justice frappe ces minables députés. Nous jugeons inopportun d’évoquer l’humiliation qu’Alice et Mathias ont essuyée à Nyakabiga lorsqu’ils ont tenté d’apporter une aide dérisoire aux personnes indigentes de la commune. La population les a chassés sans ménagement.

Si nous sommes d’accord que la voix du peuple est celle de Dieu, la scène de Nyakabiga rappelle celle de Dieu chassant Adam et Eve du paradis car Alice se croyait en territoire conquis dans le vallon de son enfance. Pour dire que les députés consciencieux doivent sans tarder doter l’assemblée nationale d’un nouveau bureau et se mettre au travail car un pays pauvre comme le Burundi ne peut pas se payer luxe de continuer à choyer des parlementaires qui se complaisent dans des querelles de poulailler. Quant à Alice et Basabose, ils sont bien aux abois et les larmes de crocodiles ne leur seront d’aucun secours.

25 février 2008
Samson Kwizera

 

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

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Abarundi.org
Document authors:
Samson Kwizera


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