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Burundi |
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No 96 Semaine du 14 janvier 2008 |
Affaire Interpétrole: est-ce la fin du feuilleton ? |
| Bujumbura le 15.01.2008 (abarunjdi.org) Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce qui a été présenté comme l’une des malversations financières les plus graves du pouvoir du président Pierre Nkurunziza. Le jeudi 10 janvier 2008, l’inspecteur général de l’Etat, monsieur Alexandre Nakumuryango, sur le plateau de la télévision nationale, a déclaré avoir déjà déposé le dossier définitif des investigations sur le paiement effectué par la ministre Denise Sinankwa au mépris de toute la réglementation régissant ce genre d’opérations. Pour l’inspecteur général de l’Etat, ce dossier n’est plus confidentiel et peut être consulté par le public en s’adressant aux services du deuxième vice-président de la République. Après la déclaration de monsieur Alexandre Nakumuryango, ceux qui accusaient à tort et à travers le deuxième vice-président de la République d’avoir trempé dans l’affaire Intepetrol font profil bas ou plutôt pensent déjà à fabriquer d’autres poux à trouver sur la tête propre et rasée de monsieur Gabriel Ntisezerana. C’est que, alors que les ordres de paiement comportent habituellement et obligatoirement plus d’une dizaine de signatures, ceux autorisant le déblocage des sous en faveur d’Interpétrole et de Globex n’en portaient que deux: celles de madame Denise Sinankwa et de monsieur Isaac Bizimana, alors gouverneur de la Banque de la République du Burundi. L’étau va-t-il enfin se resserrer autour de madame Denise Sinankwa ? Depuis bien des mois, l’ancien gouverneur de la BRB croupit dans la prison de Mpimba tandis que Denise Sinankwa se la coule douce dans son appartement parisien. D’aucuns parlent de la politique de deux poids deux mesures, arguant qu’au Burundi, il semble plus facile d’arrêter et d’emprisonner un dignitaire hutu. Ils réclament donc l’accélération du travail de la commission rogatoire chargée d’obtenir l’extradition de madame Denise Sinankwa. D’autres demandent au procureur général de la République d’expliquer aux Burundais où il en est avec la collaboration d’Interpol dans le cadre du mandat d’arrêt international. Inutile de signaler que les parlementaires burundais amusent plutôt la galerie en réclamant une commission d’enquête parlementaire sur les négociations sans fin avec les FNL Palipehutu. Une distraction assez cynique et par trop machiavélique dans un pays où le président de la République est déjà passé à la vitesse supérieure en instaurant un téléphone rouge entre lui et Agathon Rwasa comme ce fut le cas entre la Maison Blanche et le Kremlin pour trouver un équilibre et bannir la course effrénée aux armements. Or, les parlementaires qui redoutent un heureux dénouement qui permettrait la mise en pratique des accords signés en septembre 2007 réclament à cor et à cri une commission, comme pour perpétuer le constat d’un président français qui disait: « Quand on ne veut pas s’occuper d’un problème crucial, on crée une commission ad hoc ». La mise en place d’une commission parlementaire signifierait le renvoi aux calendes grecques de la question urgente de mettre en pratique les accords de paix. Une aubaine qu’attend impatiemment Léonard Nyangoma et autres opportunistes pour mieux se positionner lors des élections de 2010. Revenons à notre feuilleton d’Intepetrole. Toujours en poursuivant nos investigations sur le non-dit des malversations imputées à madame Denise Sinankwa, on signale que la ministre n’a pu être démasquée que grâce à la vigilance et au patriotisme de son directeur de cabinet. Ce dernier a beaucoup souffert de son audace de dénoncer cette brebis galeuse de l’Etat. En effet, une fois les dossiers Intepetrol et Globex denoncés auprès du deuxième vice-président de la République, la ministre Denise Sinankwa a eu le culot de piétiner d’autres lois de la République en confiant l’interim du ministère à un directeur général en lieu et place du directeur de cabinet. D’autres indiscrétions rèvèlent que madame Denise Sinankwa était prête à tout pour s’enrichir vite et de manière illicite. Cependant, les motivations en faveur de la société Interpétrol ne peuvent pas être recherchées dans l’unique appât des sommes sonnantes et trébuchantes. Il se raconte que par le passé, Denise Sinankwa avait travaillé pour la société Intepetrole et avait été dénoncée et écrouée à la prison de Mpimba pour détournements d’importantes sommes de la société. En débloquant illégalement et indûment des milliards de francs burundais, madame Sinankwa cherchait également à éponger sa dette personnelle envers Intepetrol. La cupidité de l’ancienne ministre des finances est pointée du doigt dans le dossier Globex où d’autres milliards de francs burundais ont été débloqués indûment et illégalement. On souligne ici que le déblocage qui urgeait alors était celui de quelques milliards que l’Etat devait et doit toujours à la société Regideso. Inutile de préciser que madame Denise Sinankwa de même que bien des opportunistes tutsis surtout, n’ont adhéré au parti CNDD-FDD qu’après l’entrée de l’ex-mouvement rebelle dans le gouvernement du président Domitien Ndayizeye. On parle de la mauvaise graine semée par Hussein Radjabu. Ce qui exaspérait d’ailleurs bien des militants hutus de la première heure qui voyaient ce genre d’opportunites récolter les dividendes de la lutte armée alors que bien des militants imprégnés de l’idéologie du Parti chômaient à Bujumbura et à l’intérieur du pays. On signale
en passant que ce dossier des fonds dus à la Regideso reste toujours
en souffrance alors que cette société est vitale pour l’Etat.
J’allais en outre préciser que ce genre d’impayés
qui empêchent ladite sociéte d’accomplir bien sa mission
de service public viennent surtout des camps militaires et des habitations
des hauts gradés de l’armée. Ce qui dévoile
un gouffre où les deniers publics disparaissaient en toute impunité,
si l’on précise que les camps militaires et les dignitaires
des régimes précédents recevaient de l’Etat
des sommes devant couvrir ce genre de dépenses. 16 janvier 2008 mise en ligne par Janvier Mbarushimana |
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Document source: Abarundi.org |
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authors: Samson Kwizera |