Burundi

Actualité
Bulletin No 100
Semaine du 11 février 2008

Dénonciations calomnieuses, un sit-in des démobilisés à la RPA

Bujumbura, le 04 février 2008 (Samson Kwizera) Un groupe de démobilisés écoeurés par les lenteurs de la Justice et le manque de professionnalisme des journalistes de la Radio Publique Africaine, est venu avec nattes, femmes et enfants faire le sit-in au siège de la RPA ce lundi 11 février.

Venus de la commune urbaine de Kanyosha, les démobilisés très en colère ont confié à la presse être venus manifester leur mécontentement aux autorités de la RPA. Ils ont déclaré au président de l’association de défense des droits de l’homme et des personnes détenues APRODH qu’ils étaient menacés dans leur quartier à cause d’informations sans fondement diffusées par la RPA au mois de janvier passé faisant état de distribution d’armes auxdits démobilisés. Ils ont ajouté que les combattants des FNL Palipehutu les poursuivaient maintenant pour les éliminer.

La RPA qui avait ignoré la lettre de protestation lui adressée par ces démobilisés et qui avait refusé de reconnaître ses erreurs est montée au créneau pour accuser le parti au pouvoir et les services de renseignements d’avoir monté ces démobilisés pour venir intimider ses journalistes.

Le directeur apparent de ladite radio (car il n’est qu’un secret de polichinelle que cette radio demeure la caisse de résonance du trop ambitieux Alexis Sinduhije), monsieur Emmanuel Nsabimana s’en pris violemment aux services des renseignements au lieu de reconnaître la délicatesse de la situation que vivent ces démobilisés depuis que sa radio entre guillemets a eu le culot d’accuser gratuitement ces gens de préparer des actes criminels. Ainsi, la RPA a, pour la énième fois, démontré qu’elle était une radio de la haine et des dénonciations calomnieuses. Erigée d’une manière ostentatoire en tribunal expéditif au mépris des lois de la République, notons que cette radio qui dépend essentiellement des fonds de la coopération américaine, belge et hollandaise, se donne le luxe de propager des rumeurs susceptibles de dresser les habitants contre d’autres. D’aucuns qualifient d’ailleurs la RPA de radio des sans échecs car dans son personnel figureraient bien de ces criminels de triste mémoire, sans oublier de préciser qu’elle recrute des animateurs ou journalistes n’ayant même pas obtenu le petit diplôme des humanités!

Malheureusement au Burundi, la solidarité négative des hommes des médias fonctionne toujours et fait trop de tort aux consommateurs des informations tronquées. C’est ainsi que l’Association Burundaise des Journalistes n’a pas tardé à apporter tout son soutien à la RPA dans son bras de fer avec les victimes de ses dénonciations malveillantes. Aussi la RPA peut-elle rêver de déclencher une fronde contre les services de renseignements. A moins que la justice ne fasse avorter un plan de déstabilisation du régime en place que les médias dits indépendants mettent en application par étapes.

Toutefois, une autre note d’espoir pour ceux qui privilégient l’objectivité et le professionnalisme dans le traitement des informations est sans doute la récente mise en place de la nouvelle équipe du Conseil National de la Communication. Ce Conseil a pour missions de réguler, de contrôler et de veiller au bon fonctionnement de la presse. Rien d’étonnant donc que l’Association Burundaises des Journalistes se soit empressée de rejeter la composition de la nouvelle équipe, car celle-ci risque de se sévir contre le libertinage des organes de presse du Burundi.

Le Burundi connaît un essor sans précédent de la liberté d’expression mais bien des citoyens sont victimes des informations graves et non vérifiées que colportent les radios privées. Ils sont bien nombreux à Bujumbura et dans tout le pays les citoyens et habitants du Burundi qui réclament à défaut des sanctions du Conseil National de la Communication, des condamnations pénales à l’encontre des journalistes et des organes de presse qui ne respectent pas la déontologie. L’incident survenu à la RPA invite les pouvoirs publics à bannir l’impunité des délits de presse pour éviter que les citoyens ne cherchent à se rendre justice eux-mêmes.

12 février 2008
Samson Kwizera.

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

Document source:
Abarundi.org
Document authors:
Samson Kwizera


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