Burundi

Actualité
Bulletin No 110
Semaine du 05 Mai 2008

PIEGE PAR SES MENTORS DE L’OPPOSITION, LE FNL NE SAIT PLUS A QUEL SAINT SE VOUER !

Bujumbura, le 03 mai 2008 (Pollin)

En procédant à des attaques spectaculaires sur la capitale Bujumbura le 17 avril 2008, le FNL croyait pouvoir exercer une pression sur le pouvoir et ainsi obtenir satisfaction à ses revendications. Ces attaques apparemment bien préparées ont fait plus de peur que de mal car les forces gouvernementales ont pu les repousser à temps. Ces attaques dont la préparation était bien suivie par les milieux de l’opposition à Bujumbura visaient plutôt à lui donner une nième occasion d’asphyxier le régime en place. C’est pour cette raison que les patrons de ce mouvement, qui se la coulent douce à Dar Es- Salaam, avaient reçu la visite de certains députés de l’opposition mecontents d’avoir été rejetés par le parti au pouvoir. Cette stratégie d’attaquer Bujumbura est donc l’œuvre de l’opposition qui a voulu utiliser le Palipehutu-FNL pour arriver à leurs objectifs de déstabiliser le pouvoir. Les résultats escomptés tant par l’opposition que par le Palipehutu-FNL lui-même sont plutôt décevants.

D’une part le Mouvement d’Agathon Rwasa s’est vu infligé une défaite sans précédent car il est en train d’être acculé jusque dans ses derniers retranchements. Ses positions dans Bujumbura rural, qui étaient tolérées jusqu’avant les attaques du 17 avril par le gouvernement, ont été toutes balayées par les forces gouvernementales. Non seulement le Mouvement a perdu ses combattants, mais aussi il avait beaucoup investi dans la préparation de ces attaques dont la majorité des armes utilisées pour larguer les bombes sur la capitale burundaise avaient été louées aux FDLR basés en RDC. Actuellement, le FNL a du mal à remettre ces armes à leur propriétaire car l’armée burundaise a intensifié le contrôle de ses frontières avec son voisin de l’ouest. Les éléments du FDLR qui avaient prêté mains fortes au FNL ont plutôt préféré opérer dans la plaine spécialement dans la forêt de Rukoko pour pouvoir se replier facilement en RDC sans risque d’être interceptés par la FDN burundaise.

Au moment où les leaders de ce mouvement vivent dans l’opulence en Tanzanie et sur le dos de la communauté internationale et de la population burundaise régulièrement rançonnée par le FNL, les Burundais continuent à subir la guerre que ce mouvement leur impose encore une fois car il refuse obstinément à mettre en application les accords qu’il a lui-même signés. Si problèmes il y avait, leur solutions pouvaient être discutées et résolues à travers le Mécanisme Conjoint de Vérification et de suivi de l’accord.

D’autre part, ces attaques ont été unanimement condamnées par la communauté internationale qui a tant investi pour le retour de la paix au Burundi. Par ces attaques, les dirigeants du FNL ont raté une bonne occasion de retourner triomphalement au Burundi. En effet, Rwasa aurait été accueilli comme un héros le 1er mai date à laquelle il était supposé arriver à Bujumbura. Le FNL a presque perdu la confiance de la communauté internationale et surtout de la région des grands lacs qui risque de classer ce mouvement sur la liste des forces négatives avec toutes les conséquences que cela comporte. Même si le Nonce Apostolique a voulu tempérer les critiques de la communauté internationale sur l’attaque sur les locaux de la Nonciature Apostolique, cet acte n’a pas manqué de porter un discrédit sur ce mouvement.

En plus de cela, les attaques ont plutôt desservi l’opposition qui espérait augmenter son influence sur la vie politique du pays. En se hâtant à condamner les attaques en imputant la responsabilité au gouvernement, certains partis de l’opposition ont vite montré leur solidarité avec le FNL qui recevait régulièrement des conseils pour intensifier ses attaques en passant au delà des simples embuscades et escarmouches que l’armée burundaise avait jusque là du mal à supporter. Cependant, l’opposition a vite déchanté car le mouvement d’Agathon a été vite maitrisé et aura du mal à convaincre encore le gouvernement qui a plutôt opté pour la fermeté.

En fait ces attaques visaient à empirer la situation qui prévalait au Burundi et surtout à l’Assemblée Nationale et ainsi rendre ingouvernable le pays. Des pseudo-analystes se sont vite mis à démontrer que le FNL était sur les traces du CNDD-FDD dans sa conquête du pouvoir tout en oubliant que le parti au pouvoir avait plutôt privilégié les négociations avant de mériter la confiance des Burundais à travers les élections. Ces mêmes analystes, dont l’objectif n’était autre qu’attiser les affrontements et la haine entre le FNL et le CNDD-FDD, n’ont pas hésité à affirmer que le parti au pouvoir ne voulait pas la venue du FNL par peur de perdre l’électorat en sa faveur. Parmi ces analystes se trouvent des gens comme Gérard NDUWAYO, ancien porte-parole de l’Uprona, Julien NIMUBONA, membre du comité central de l’uprona et enseignant à l’université du Burundi, Gratien Rukindikiza, devenu le principal mentor de Rwasa.

Ces derniers ont choisi de défendre la cause du FNL dans les media alors que les partis comme MSD et Frodebu ainsi que le camp Radjabu ont opté pour un soutien logistique et une consultance gratuite au FNL. On comprend donc que ces attaques sont loin d’être un fait du hasard même si leurs résultats sont plutôt désastreux. Mais la question est de connaitre les motivations des uns et des autres car même s’ils s’accordent tous à vouloir mettre à genou le parti au pouvoir, il n’est pas évident que leur objectif ultime reste le même.

Actuellement, le FNL s’en prend à tout le monde : le gouvernement du Burundi, la communauté internationale, la région, le directoire politique, la facilitation, etc. Cependant, il faudrait que les leaders de ce mouvement se souviennent que c’est cette même communauté internationale et régionale qui les nourrit et les héberge. Tout le monde, excepté l’opposition burundaise, est pris à parti par le FNL qui se retrouve de plus en plus marginalisé et qui risque gros s’il n’opte pas à revenir sur la table des négociations, condition sine qua none à l’arrêt de l’offensive de l’armée gouvernementale. Souhaitons seulement que ce mouvement ne continue pas à se faire duper par ses mentors qui ne veulent que l’utiliser pour arriver à leurs propres visées. C’est quand même regrettable que la population burundaise continue de payer cher l’égoïsme des politiciens burundais qui se soucient très peu de son sort.

Mise en ligne: Janvier Mbarushimana

Document source:
Abarundi.org
Document authors:
Pollin


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