Association Burundaise « IZERE »

Trasmolenstraat 22

1333 CX  Almere/Pays-Bas

Tél/Fax : 0031- 36 540 72 90

E-mail : a.nkeshimana@12move.nl

 

 

 

COMMUNIQUE

 

L’association des Burundais vivant aux Pays-Bas « IZERE » en collaboration avec la Plate-forme des associations de ressortissants des pays africains, la fondation « AFRONETH » a organisé une conférence  de Paix sur le Burundi en date du 02 au 03 septembre 04 au centre WTC-Alnovum à Almere aux Pays-Bas.

 

Dans son mot d’ouverture, le président du comité d’organisation, Mr André Nkeshimana a souligné qu’en ce moment où la période de transition tire bientôt à sa fin, des spéculations de tout genre vont bon train au Burundi tant du côté des hutus que du côté des tutsis de tous les partis politiques en place.

 

Après avoir rappelé les derniers massacres de Gatumba et le refus catégorique des partis politiques du G10 de la proposition du partage de pouvoir entre les différentes composantes ethniques du Burundi, il a indiqué que « la catastrophe à l’horizon » peut devenir une réalité et l’irréparable peut arriver dans ce pays où l’économie déjà en faillite est aggravée par la présence des endémies de tout genre et où la corruption et l’impunité font déjà loi.

 

« Nous pensons qu’il n’est pas trop tard pour sauver le Burundi, mais que chaque jour d'immobilisme diminue les chances de survie de notre pays. C’est pour tirer une sonnette d’alarme que l’association IZERE, de concert avec l’AFRONETH, lance un appel à la communauté Internationale, notamment l’UA, l’ONU, l’EU, et les Pays-Bas en particulier en leur qualité de Président de l’UE, à se mobiliser dès maintenant en vue d’accorder une attention particulière à la situation explosive au Burundi », a-t-il poursuivi avant de demander aux participants de proposer des actions immédiates concrètes et réalistes, utiles pour le Burundi d’aujourd’hui.

 

Les travaux ont débuté par une prière animée par Mgr Joachim Ntahondereye, Evêque du Diocèse de Muyinga qui a imploré le « Tout Puissant » pour qu’il guide les participants dans leurs propositions pour le retour d’une paix durable au Burundi.

 

Une exposition d'objets d’arts burundais, de portraits des différents dirigeants depuis le royaume du Burundi, de livres, etc., ainsi que des manifestations culturelles (tambours burundais) ont été organisées avant et après les débats.

 

Les principaux orateurs étaient : S.E. Mr Sylvestre Ntibantunganya, ancien Président de la République du Burundi, Honorable Adrien Sibomana, ancien Premier Ministre, Mgr Joachim Ntahondereye, Evêque du Diocèse de Muyinga, Mr Donatien Bihute, consultant économique et ancien ministre, Mr Salvator Siboniyo, représentant de l’Ambassadeur du Burundi en Belgique, Mr Norbert Braakhuis, représentant du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, Mr Chris De Beule, analyste de la région des Grands Lacs, Mr. Jaume Obrador, Président de Voisins Sans Frontières.

 

Les orateurs ont mené un débat intéressant (accompagné par de photos/images illustrant la vie quotidienne au Burundi et dans la région des Grands Lacs)  devant un public très attentif autour de 2 thèmes principaux à savoir:

·   Les élections démocratiques : une commission présidée par Mr Joseph Ntamahungiro

·   La reconstruction du Burundi : une commission présidée par Donatien Bihute

 

Les participants ont accueilli positivement la récente décision des Chefs d’Etats de la région des Grands Lacs de tenir obligatoirement les élections conformément au calendrier fixé par l’accord d’Arusha. Ils ont salué également la nomination de la commission électorale nationale indépendante et le vote de la commission vérité-réconciliation. Tous les participants ont convenu de dénoncer toute personne physique ou morale qui tenterait de torpiller (de l’intérieur comme de l’extérieur du pays) le processus de paix en déstabilisant le pays.

 

Les participants ont émis les résolutions suivantes:

 

Première Commission: Élections démocratiques

 

1.       Les élections doivent être organisées dans l’esprit de la réconciliation nationale. A cet  effet, il faut accélérer la nomination de membres de la commission réconciliation et vérité et la doter de tous les moyens politiques et financiers lui permettant de s'acquitter de sa tâche.

2.       La Classe politique burundaise doit se surpasser et s'entendre sur une constitution post-transition, une loi électorale et une loi communale avant le 1er novembre 04.

3.       En gardant à l’esprit qu'il faut des élections qui stabilisent et apaisent progressivement tout doit être mis en œuvre pour que les élections prévues par les accords d Arusha aient lieu avant le premier novembre.

4.       Regrouper certaines élections en un seul jour afin de réduire le coût financier  et faciliter la tâche aux observateurs internationaux. Ex.: regrouper l’élection des conseillers communaux et celle des députés en un seul jour.

5.       La communauté internationale doit exercer des pressions très fortes sur les leaders politiques burundais qui cherchent à torpiller le processus démocratique pour qu’ils cessent leur jeu de blocage.

6.       La CSA au cas ou le gouvernement n’arriverait pas à préparer les textes constitutionnels et les faire approuver par le parlement pour qu’il n’y ait pas de vide constitutionnel après le 31 octobre 04, qui ouvrirait la voie au chaos politique.

7.       La communauté internationale devrait honorer ses engagements en ce qui concerne le financement du cantonnement et démobilisation des ex-combattants et militaires gouvernementaux.

8.       Appel à la communauté internationale pour apporter un soutien matériel et financier à la mise en place rapide d’un mécanisme d’observation des élections à quatre niveaux:  des observateurs internationaux, des observateurs nationaux de la société civile, des mandataires des partis politiques et mandataires des candidats. Le code électoral doit contenir des dispositions le permettant.

9.       Reconnaître comme partis politiques les ex-mouvements armés après le début du processus de cantonnement conformément aux accords signés. Laisser tous les partis politiques exercer librement leurs activités politiques comme le leur autorise l’accord d’Arusha et exiger d'eux le fair-play politique.

10.   Tout burundais établi à l’étranger et qui n’a pas renoncé à sa nationalité a le droit de participer aux élections.

11.   Les Batwa constituent une minorité  historiquement exclue qu’il faut promouvoir économiquement et socialement. A cet effet il faut leur concéder une discrimination positive en ce qui concerne leur préparation à la participation active dans les institutions de l’Etat.

12.   Les partis et mouvements, le gouvernement et la commission électorale nationale indépendante sont interpellés pour qu’ils veillent à garantir la sérénité, la liberté, la transparence et la justice des élections.

 

Deuxième Commission: Reconstruction du Burundi

 

Les participants au Séminaire sur la paix au Burundi,

 

Constatant:

 

1.       L’état de misère totale dans lequel se trouve la population burundaise dans sa majorité, toutes ethnies confondues; et plus particulièrement les sinistrés, et les groupes vulnérables,

2.       La situation de non-droit dans laquelle se trouve l’Etat burundais, et les conséquences qui en découlent, telles que l’impunité et l’exclusion.

3.       L’état de destruction et de délabrement des infrastructures économiques et sociales, ainsi que la destruction de l’environnement,

4.       La régression du système éducatif et sanitaire.

5.       L’état de désespoir dans lequel la majorité de la population burundaise se trouve et son sentiment d’avoir été abandonnée à elle-même par les pouvoirs publics,

6.       L’urgente nécessité de voir le pays sortir enfin de la crise profonde et multidimensionnelle qui a déchiré son tissu social et désarticulé son économie,

 

Après avoir fait un inventaire non exhaustif des besoins de reconstruction;

 

Appelons à la reconstruction intégrale du Burundi, qui signifie: la réhabilitation et la consolidation de la société burundaise tant au niveau politique, sécuritaire, économique, social que moral.

 

A tous les acteurs, tant nationaux qu’internationaux, à savoir:

-    la classe politique,

-    la société civile,

-    la communauté internationale,

-    les ONGs nationales et internationales.

-    les confessions religieuses, etc.

 

Nous recommandons selon son statut:

 

1.       Au niveau politique et sécuritaire:

 

 

2.       Au niveau économique:

 

 

3.       Au niveau social:

 

 

4.       Au niveau moral:

 

 

Le rôle de la femme burundaise dans la reconstruction du pays a été particulièrement souligné. L’assemblée a recommandé que ce point soit approfondi pendant les débats prévus le 23 Octobre 2004 à l’occasion de la Journée burundaise qu’organise l’association burundaise « IZERE » aux Pays-Bas. Un accent particulier a été également mis sur les principaux secteurs tels que : l’éducation, la santé et l’agriculture.

 

Avant de clôturer les débats, les participants ont exprimé beaucoup d’optimisme sur l’avenir proche du Burundi à 2 mois des échéances électorales. D’autres ont cependant un optimisme critique et prudent face à certaines contraintes qui continuent à entraver l’application des accords signés et ont recommandé la vigilance en vue de prévenir le pire.

 

La journée a été clôturée par un repas burundais accompagné de la musique burundaise.

 

 

Fait à Almere ce 06 sept.-04

Pour le Comité d’organisation

A.Nkeshimana, Président

 

 

N.B. : pour plus de détails, voir:                  www.info-burundi.net,
www.arib.info
www.abarundi.org
www.burundi.news.free.fr