Burundi

Actualité
Bulletin No 105
Semaine du 24 mars 2008

Rapport d’observation et d’analyse des contenus médiatiques de janvier 2008

Bujumbura, le 24 mars 2008

Les sujets les plus saillants diffusés sur des ondes de ces stations de radio sont :

• Assassinat d’une Française Agnès Bury travaillant à l’ONG Action Contre la Faim de Ruyigi
• Insécurité grandissante dans presque toutes les localités du pays : Bujumbura mairie, Bujumbura rural, Ruyigi, Kayanza,Gitega, Ngozi, Kirundo,Bururi, Bubanza, Rutana, Muramvya, Cibitoke,…
• Révision à la hausse du prix des produits Brarudi : 100fr de plus sur les limonades et 50fr sur les bières
• Fouilles perquisition de la police au quartier Sanzu de Ruyigi ; commune urbaine de Cibitoke ; Kinama ; Rumonge, …où les irréguliers ont été arrêtés et certaines armes saisies
• Boycott des travaux à l’Assemblée Nationale par certains députés exigeant la mise sur pied d’une commission parlementaire chargée de suivre de près la question du FNL-PALIPEHUTU
• Grève des étudiants de l’ENS, de l’Université du Burundi et celle des élèves de l’ITAB Gisozi
• Conflits fonciers : Carama, Gatumba, Gasekebuye,…
• 43ème anniversaire de l’assassinat de l’ancien 1er Ministre Pierre Ngendandumwe
• Fuite du principal accusé dans l’assassinat d’une trentaine de personnes à Muyinga en 2006, Colonel Vital Bangirinama, ancien commandant de la 4ème région militaire
• Comparutions d’Hussein Radjabu et de ses co-détenus en audience publique
• Malversations à l’OTB via la SBF
• Emprisonnement en République Démocratique du Congo de 5 Burundais dont 2 militaires
• Bavures de certains éléments de la police nationale et de la FDN
• Affrontements entre les FNL et les FDN à Musigati et à Bukeye
• Exclusion du parti CNDD-FDD de l’Honorable Alice Nzomukunda, 1ère Vice Présidente de l’Assemblée Nationale
• Visite au Burundi de l’ex Président Mozambicain Joachim CHISSANO
• Acheminement à Musasa de plus de 200 réfugiés Congolais qui campaient au terrain ‘’la tempête’’
• Fermeture de l’ONG Action Contre la Faim dans tout le pays après la mort d’Agnès Bury, une employée Française
• Don d’un nouveau Lycée au centre urbain de Makamba accordé par l’Irlande via l’Eglise Anglicane
• Crise au Kenya et ses conséquences sur le commerce Burundais
• Visite au Burundi du Ministre Chinois des relations extérieures
• Audience à la 2ème Vice-Présidence du représentant du FMI Israël de la Piedra
• CAN 2008
• Plantation d’arbres fruitiers par le Président de la République dans plusieurs provinces du pays
• Visite au Burundi du Ministre Tanzanien de la défense
• Nouveau système de contrôle des passagers à l’aéroport de Bujumbura, y compris les hautes autorités’’VIP’’
• Pluies diluviennes causant des dégâts surtout à Gihanga
• Indignation et étonnement de l’Association Burundaise des Journalistes face à la déclaration du porte-parole à la 2ème vice-Présidence en rapport avec l’accréditation des journalistes qui serait désormais exigée pour aller y chercher de l’information

Tels sont quelques uns des sujets importants diffusés à travers les radios précitées.
Le public a été informé sur diverses réalités de l’actualité tant nationale qu’internationale. Bien que certains médias ne s’intéressent pas beaucoup à cette dernière catégorie d’actualités ; ils ont quand même amélioré en faisant part aux auditeurs de la crise qui prévaut au Kenya et du déroulement de la Coupe d’Afrique des Nations 2008.

Ces médias ont puisé les informations dans tous les domaines de la vie nationale à savoir la politique, l’économie, le social, l’environnement, la justice, l’éducation, la santé, l’environnement, le sport et surtout la sécurité qui a été à la une dans presque toutes les éditions de ces radios, cela parce que probablement elle n’a cessé d’être perturbée à travers le pays. Plusieurs cas d’insécurité ont été relevés par ces médias au cours de ce mois de janvier.
Les médias ont véhiculé les points de vue et les avis de la population envers les destinataires. C’est le cas par exemple de ses avis sur la hausse des prix des produits Brarudi ; sur l’insécurité persistante et dont elle est souvent victime ; … Ils ont également permis aux autorités à différents échelons de s’adresser à leurs dirigés sur des questions diverses notamment liées à l’insécurité, à la politique, au rapatriement ;... Les médias ont permis à l’opinion d’entendre et juger les avis des uns et des autres sur certains sujets controversés comme les grèves à l’Université du Burundi, à l’ENS, ITAB Gisozi ;…

Ils ont donné l’opportunité aux gens des différentes couches de la société de dire ce qu’ils pensent de certains dossiers qui seraient émaillés d’irrégularités comme de certains cas de malversations économiques ou autres. Ils ont reporté le déroulement des cérémonies officielles comme les journées nationales et internationales, les déplacements des hautes autorités, les audiences, les sessions parlementaires,… Ils n’ont pas oublié de dénoncer certains maux qui minent le pays notamment les violations des droits humains. Cependant, certaines fautes sont commises et méritent d’être corrigées.

Les fautes commises.

1. La radio ISANGANIRO

a. Déséquilibre dans le traitement de l’information

- le 07/01 : l’ancien chef du personnel du CFPP Nyakabiga, madame M.Rose Ngendakuriyo accuse le directeur de l’avoir licenciée injustement à cause du fait qu’elle l’a dénoncé dans ses malversations. Il fallait trouver le dit directeur afin qu’il donne sa version des faits dans le but d’équilibrer l’information.


b. Le mauvais traitement de l’information

- le 03/01 : concernant les commerçants qui ont mal accueilli la décision de l’administrateur communal de Rumonge d’augmenter les taxes sur les ndagala et poissons ; le journaliste interroge l’honorable François Bizimana sur ce que prévoit la loi communale en la matière et ce dernier affirme que l’administrateur communal n’a pas les prérogatives de hausser les taxes mais l’auditeur reste sur sa soif car il n’est pas informé sur ce qui advient dans le cas où l’administrateur maintient sa décision. Il aurait fallu proposer des voies de sortie de crise entre ces commerçants et l’administrateur.

- 21/01 : à propos de l’actualité internationale, la journaliste propose de suivre ce qui se passe en Somalie et une interview s’en suit alors qu’elle n’a pas annoncé qui est l’interviewé ni celui qui interviewait.

le 16/01 : le journaliste qui reportait l’élément sur le secrétaire exécutif du CNDD-FDD Patrice Magnus Nyandwi donne des précisions qui pourraient être fatales pour le blessé car en donnant l’adresse où il est soigné, cela pouvait servir à ses bourreaux au cas où ils souhaiteraient l’achever. Il a dit ’’ twamusanze kuruyu wa gatatu mu biro Prince Régent Charles aho bariko baramuha amaraso n’impwemu muri ca cumba bita réanimation…’’
- le 11/01 : l’usage des sigles non usuels qu’il faut développer en toutes lettre : INECN, APRODH

c. Erreurs techniques

Certaines erreurs soit techniques soit d’inattention soit de mauvaise prononciation ou autres ont été constatées. C’est le cas de :

- le 08/01 : l’élément sur la grève à l’ITAB Gisozi est coupé avant sa fin car la journaliste se raclait la gorge. Une pause s’en est suivie puis la reprise de l’élément.
- le 10/01 : le journaliste annonce l’élément sur le vol des vaches des Banyamulenge dans la forêt de Rukoko mais est lancé celui sur l’insécurité à Gitega avant que le journaliste ne reprenne tout.

- le 16/01 : le journaliste qui reportait l’élément sur le secrétaire exécutif du CNDD-FDD Patrice Magnus Nyandwi dit:’’ twamusanze kuruyu wa gatatu mu biro Prince Régent Charles’’ au lieu de ‘’…mu bitaro’’ pour signifier ‘’à l’hôpital ‘’.

- le 24/01 : la journaliste confonds la SYMABU, syndicat des magistrats du Burundi à la COSYBU en parlant du communiqué sorti par la SYMABU indignée par l’emprisonnement de deux magistrats à Ruyigi accusés ‘’injustement’’ d’implication dans l’attaque du domicile du Gouverneur. Non seulement elle parle de COSYBU au lieu de SYMABU, mais aussi elle dit Bururi au lieu de Ruyigi ; ce qui cause la confusion à l’auditeur.

- le 30/01 : alors que les médias privés travaillaient en synergie, deux éléments successifs n’ont pas été disponibles (un sur les vols à main armée à Bururi, l’autre sur 11 personnes déjà mortes depuis 2008). Aussi, quand l’élément sur Pasteur Habimana, porte-parole du FNL est annoncé ; est lancé celui sur Vital Bangirinama, le principal accusé dans l’assassinat d’une trentaine de personnes de Muyinga.


2. Radio Nationale


a. Mauvais traitement de l’information

- le 09/01 : à propos de 300 maisons construites à Nyarunazi pour les rapatriés, le journaliste dit : ‘’Icegera ca kabiri c’Umukuru w’Igihugu cari caherekejwe n’abashikiranganji babiri harimwo n’uwo gufatana munda, umupfasoni Immaculée Nahayo.’’ Ce qui peut être traduit en français comme suit :’’le 1er Vice-Président de la République était accompagné par 2 ministres dont celle de la solidarité nationale Immaculée Nahayo’’. Si il a choisi de nommer ces ministres, il fallait les nommer tous et pas seulement une d’entre elles.

b. Erreurs techniques, d’expression d’inattention ou autres

- le 10/01 : la journaliste parle de la zone Kizuka au lieu de Kivyuka à propos des fuites de la population après les affrontements entre les FNL et les FDN.
-le 11/01 : la journaliste appelle l’élément sur la réhabilitation du musée vivant mais vient un autre sur la sécurité et malgré que la journaliste ait repris l’élément, ce dernier est resté non disponible.

- le 14/01 : à propos du commerçant qui s’est suicidé à Mwaro, l’administrateur communal de Mwaro parle mais on ne donne pas son nom alors que c’est une autorité publique qui n’a sûrement pas voulu requérir l’anonymat.

- le 21/01 :concernant la procédure dans l’arrestation des personnes soupçonnées dans la mort de la Française à Ruyigi, la journaliste parle de Me Charles Ntakiyica puis de Me Tharcisse Ntakiyica et on ne sait pas le vrai nom entre les deux.
- le 21/01 : deux coupures de courant dans la même édition
- le 30/01 : la journaliste classe le procès d’Hussein Radjabu dans la rubrique sécurité au lieu de justice.

- le 31/01 : parmi les nouveaux membres du Conseil National de la Communication, le journaliste parle de Giswaswa Edouard au lieu de Evrard.


3. RPA

a. Déséquilibre dans le traitement de l’information

- le 02/01 : 112 familles Batwa de Busoni via leur représentant accusent un opérateur économique nommé Nzogera d’avoir fait incendier leurs maisons en connivence avec les autorités. Comme l’une des victimes s’est exprimée ; il aurait fallu interroger l’opérateur économique ou les autorités accusées afin d’équilibrer l’information

- le 03/01 : l’ancien personnel de l’ONUB licencié sans préavis accuse l’ONUB de violation de leurs droits et se plaint de la non intervention du Ministère des Relations extérieures en pointant du doigt l’Ambassadeur Adolphe Nahayo qui les aurait affirmé qu’ils n’auront rien de lui et qu’ils ne pourront rien contre le BINUB. Il aurait fallu équilibrer cette nouvelle par la version de l’Ambassadeur Adolphe Nahayo ou du représentant du BINUB à propos des revendications de ce personnel.

- Le 10/01 : à travers les investigations faites par la RPA au sujet de la fixation des prix du carburant, le journaliste affirme avec des chiffres à l’appui, que les importateurs perçoivent un bénéfice de loin supérieur à celui dû ; d’où ces importateurs devraient avoir un mot à dire là-dessus surtout que le journaliste termine en disant que ce bénéfice excédentaire est supporté par la population.

- Le 14/01 : les victimes des pluies diluviennes de Gatumba (2007) se plaignent contre l’Etat qui ne tient pas ses promesses car il leur avait promis de les secourir en leur trouvant d’autres terrains où construire et de leur donner des chiting en attendant, mais que rien de tout ça ne leur est pas encore parvenu. Un message lancé par la représentation du gouvernement aurait été tranquillisant pour ces populations et du coup, les auditeurs sauraient ce que l’Etat envisage de faire pour assister sa population en détresse, au lieu de cela, l

- Le 18/01 : à propos du litige foncier entre la famille du Prince Mboneko de Bugendana et l’administrateur communal de Bugendana qui aurait vendu illégalement plus de 200 tonnes de quinquina récolté dans ses champs, seul Juliano Mboneko parle accusant José Gitunati l’adminiostrateut d’avoir violé la loi mais même si le journaliste a dit que ce dernier avait refusé de parler au téléphone ; il fallait le joindre à son bureau puisqu’il avait dit que quiconque voudrait lui parler devrait venir le trouver à son bureau. Cela aurait permis l’équilibre de l’information.


b. Mauvais traitement de l’information

- le 17/01 : au sujet de 6 enseignants de l’école primaire de Butihinda incarcérés pour avoir vulgaridé l’idéologie du FNL, le journaliste reporter dit :’’ komiseri w’inyamiramabi wa hariya mu ntara ya Muyinga araremesha abanyagihugu ngo kuko i dissier yabo bantu ariwe ayifise mu minwe ngo ntibizohava bimera nk’ivyabaye ubwa mbere’’ ce qui peut être traduit en français comme suit : « le commissaire de la sécurité publique en province Muyinga tranquillise la population puisque le dossier de ces gens est entre ses mains et que les choses ne risquent pas de se reproduire comme dans le passé » ; et ici l’auditeur se demande ce qui s’était passé et qui ne risquera pas de se reproduire ; d’où un petit rappel était nécessaire pour faciliter la compréhension à l’auditeur.

c. L’exagération des faits.

- le 04/01 : au sujet de la révision à la hausse des prix des produits Brarudi, le journaliste exagère en disant que la Brarudi a pu ajouter un montant supérieur à celui convenu avec l’Etat parce que ce dernier était dans ‘’akajagari’’

d.L’ingérence dans la vie privée

Le 14/01 : parlant de l’état de santé déplorable de l’une des détenus Flora Sindayigaya incarcérée à Gitega pour le dossier de l’assassinat de la Française Agnès Bury, le journaliste laisse Liliane Niyonzima, belle-sœur de la détenue, étaler au grand jour ce dont souffrait Flora en disant : ‘’n’umuntu afise hémorragie ya utérus, aguma ava ava cane…’’ signifiant en français qu’elle souffre d’une hémorragie de l’utérus et qu’elle saigne tout le temps. Cela ne devrait pas passer comme tel, la preuve en a été que la malade elle même a dit par la suite être choquée par ce qui avait été dit à la radio par sa belle-sœur au sujet de sa santé et que cela n’engageait qu’elle !


Autres erreurs

- le 18/014 : au lieu de dire grève à l’ETSA Gitega, le journaliste dit’’grève à l’ITSA Gitega
- le 14/01 et le 21/01 : coupure de courant en milieu du journal
- le 11/01 : usage du sigle non développé ‘’ACFED’’

Conclusion.

Durant le mois de janvier, les médias ont travaillé généralement dans le respect des textes régissant la presse burundaise. Ils ont tenu à leur mission d’informer, former et divertir. Les n’ont ménagé aucun effort pour mener des investigations surtout dans les domaines qui touchent la vie quotidienne de la population. Il s’agit ici de la sécurité (dossier dit Muyinga, Maregarege…ainsi que de l’économie (fixation des prix du carburant et ceux des produits Brarudi). Ils ont encore une fois preuve de l’esprit de confraternité en travaillant en synergie (30/01).Néanmoins, l’un ou l’autre dérapage est commis notamment le fait de promettre en vain de revenir sur l’un ou l’autre élément et nécessite la correction dans le sens d’améliorer afin d’atteindre un journalisme professionnel.

mis en ligne par Janvier Mbarushimana

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Abarundi.org
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