Burundi

Actualité
Bulletin No 111
Semaine du 13 mai 2008

Qui est infaillible au Burundi ?

mardi 13 mai 2008 par Célestin

Je viens d’entendre à la radio Isanganiro dans le journal de 12:25 de ce mardi 13 mai 2008 un commentaire bien musclé pour discréditer la police nationale du Burundi. A entendre ce commentaire, l’on ne retiendrait seulement que la Police Nationale n’est capable que d’annoncer des enquêtes qu’elle n’est pas en mesure de mener.

Dans la conjoncture actuelle du Burundi où des criminels profitent de la confusion qui entoure l’attitude du PALIPEHUTU-FNL pour priver le pays de certains de ses dignes fils et filles, il est pour le moins regrettable que l’on n’entende que rarement sur les radios de la place une quelconque condamnation de ces criminels. Mais s’empresser à incriminer la police relève de la voie la plus facile : celle de jeter le tors sur le Gouvernement à travers ses services, encore que parmi les victimes de ces crimes figurent aussi des policiers.

Il est également regrettable et dangereux que dans certains médias, toute action de la Police soit systématiquement interprétée dans son sens inverse, où on semble chercher (des fois par interviews interposés) à démontrer combien la police est inutile à la population. La journaliste de Radio Isanganiro a cherché à démontrer noir sur blanc qu’aujourd’hui ressemble aux années 1993 1994. Je pense qu’ici il s’agit d’une opinion personnelle qu’elle a voulu faire avaler à tout le monde, et ceci n’honore pas tous ces Burundais qui se sont donné corps et âme, allant jusqu’à payer de leur vie pour recouvrer la paix actuelle que ces pêcheurs en eau trouble sont en train de perturber. Et peut-être qu’elle ne manque pas de frère ou de sœur parmi ces vaillants fils et filles du pays. Celui qui était au Burundi à cette époque avalerait difficilement son affirmation.

Tant il est vrai qu’en anglais on dise "no news is good news", encore faudrait-on nous accorder que "good news is news". Ceci pour revenir aux nombreuses interventions que la Police Nationale opère pour le bien du citoyen burundais, ordinaire ou pas. Le même journal a par exemple rapporté à Gitega une intervention de la police pour empêcher les enfants soldats qui attaquaient de paisibles écoles, armés de gourdins, de couteaux, de pierres et autres. N’y a-t-il rien de bénéfique dans pareille intervention ? A moins que ma mémoire ne soit courte, je n’ai senti aucune dénonciation de cette malheureuse opération contre de paisibles élèves.

Quoi qu’il en soit, pour quelques vingt mille hommes qui assurent la sécurité de plus de 7 millions d’individus avec les modestes moyens qui existent et dans la période post-conflit que nous connaissons, il serait utopique de leur demander d’être partout à la fois. Je suis de ceux-là qui reconnaissent que l’action de la police a été déterminante pour que le Burundi tienne encore aujourd’hui, et elle mérite des encouragements.

Nul ne pourrait se garder de condamner les bavures signalées çà et là, mais à ce que je sache les autorités policières nous ont confirmé dans les médias que des coupables ne cessent d’être sanctionnés. Dans les enquêtes policières, les témoins sont d’une valeur hautement précieuse. Ici donc il y a lieu de se poser cette question : Combien de ceux-la qui pointent du doigt la police pour incompétence l’auraient un jour aidé dans l’avancement des dossiers entre ses mains ? La tendance de lui brouiller les pistes est plutôt devenue chez certains burundais une stratégie.

Ici comme ailleurs, l’armée, la police, les institutions, les médias, les associations etc. sont toutes issues de la population. Elles sont composées par des individus et mon des objets. Et parmi les individus il existe de faiblesses tout comme des forces, le bien étant que tout le monde combine ces forces pour juguler les faiblesses et ainsi faire avancer la société au lieu de parlementer sur qui fait pire que qui.

Une bonne action de la police profite à toutes les bonnes volontés de près ou de loin. S’aliéner donc la police reviendrait à proclamer une anarchie dont les conséquences seraient difficilement maîtrisables. On ne perd rien, au lieu d’adopter le langage dénigrant envers tout un corps, à encourager son compatriote pour l’aider à s’améliorer ou à mieux faire, il en va de l’intérêt de tout un chacun, et Dieu seul sait que dans ce pays nul n’est infaillible.

Par Célestin

mise en ligne par Janvier Mbarushimana

Document source:
Burundi-Info
Document authors:
Célestin


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