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No 104 Semaine du 17 Mmars 2008 |
Ces partis à la fois membres du gouvernement et de l’opposition |
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20 mars 2008 (Burundi-Info)
Ceux qui suivent avec attention et intérêt la vie au quotidien des Burundais perdent souvent leur latin devant les jeux subtils et ridicules auxquels les hommes politiques burundais se livrent. Que dire d’autre après la conférence de presse d’un groupe de députés en rébellion contre l’ordre républicain ? Des députés qui boycottent l’hémicycle et préfèrent les logomachies pendant que le peuple tire le diable par la queue ; des députés qui passent de session à session sans voter aucune loi mais qui espèrent ne jamais connaître de suspension de salaire. Parlons de ces partis politiques membres du gouvernement et de l’opposition à la fois ! Il est vrai qu’en France, certains militants des partis de la gauche ont choisi individuellement de soutenir la politique dite d’ouverture du président Sarkozy. Au Burundi, cependant, ce sont les leaders des partis ayant la représentativité requise par la constitution à l’assemblée nationale pour entrer au gouvernement qui ont négocié et accepté de faire partie de l’actuelle coalition gouvernementale. Vous êtes donc sans ignorer que les partis FRODEBU et UPRONA ont intégré le gouvernement dans le dernier remaniement ministériel que tout le monde a salué parce qu’il respectait la constitution et tous les équilibres. L’UPRONA power a placé son homme de confiance à la tête de la Première Vice-Présidence de la République et le Dr. Martin Nduwimana en disgrâce, s’est retrouvé au chômage ! Le FRODEBU a fait nommer des ministres et vice-ministres, des gouverneurs de province et des chefs de mission diplomatique. Quelle leçon tirer alors de la caution que les députés Pierre Claver Nahimana et Cathérine Mabobori ont apportée à la conférence de presse animée par les députés issus des partis dits de l’opposition, le groupe fidèle au député Hussein Radjabu et la voix bruyante de l’ancien trafiquant de drogue désormais auréolé du titre de représentant du peuple pour ne pas nommer monsieur Mathias Basabose ? On ne peut qu’en déduire que le FRODEBU aile Léonce Ngendakumana et l’UPRONA tendance Rubuka restent par trop machiavéliques et veulent faire feu de tout bois. On ne saurait s’attarder sur cette conférence aux airs du déjà vu. Discourir sur le contenu et la portée de cette conférence de presse reviendrait à rentrer dans le cercle vicieux de ces hommes et femmes politiques irresponsables : des comportements qui laissent une avalanche d’interrogations dans le sillage. Après avoir « chassé » les députés opposés à ce comble du ventriotisme, on se pose la question de savoir si nos deux présidents de partis ne vont pas bientôt exiger la démission de leurs ministres. A moins que les congrès des partis respectifs ne les devancent pour privilégier l’intérêt général. Alors que la balle et les divisions se trouvent bel et bien dans les camps des partis alliés de celui vainqueur des élections de 2005, les analyses politiques que les régimes fascistes ont su fabriquer en quantité inquiétante comme ce Julien Nimubona, s’ingénient à convaincre le Président de la République de réunir l’assemblée nationale et le sénat en congrès pour leur adresser des mots sévères et permettre en passant le déblocage rapide des institutions. Que blocage ? Monsieur Nimubona veut, à vrai dire, mêler le Président de la République à l’imbroglio créé scandaleusement par quelques parlementaires au mandat visiblement impératif. Qu’est-ce qui empêcherait ces députés obscurantistes de saisir l’occasion pour agresser verbalement le Président de la République et accréditer l’idée que la République va à la dérive ? Quand des députés s’affolent, il faut plutôt les chasser de l’hémicycle, le plus tôt et le plus légalement du monde. L’UPRONA et l’influence du Président Buyoya Au lendemain de l’élection de la nouvelle Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, des sanctions sont tombées du côté des comités directeurs des partis FRODEBU et UPRONA. Les membres plus ou moins influents ont été suspendus du parti. C’est que le vote avait clairement mis à nu le peu de contrôle que les présidents des partis en question avaient sur un nombre non négligeable de leurs députés. Pour sauver la face, il a été procédé à quelques sanctions qui risquent de n’être jamais soutenues par les instances habilitées à les approuver en dernier ressort. Il vous en souviendra que pour le cas précis de monsieur Frédéric Ngenzebuhoro, le président de son parti avait tiré à hue et à dia pour faire barrage à l’élection de tout autre membre. Du scrutin, il s’est dégagé que les députés obéissaient aux ordres d’une tierce personne qui agissait de façon si discrète et si efficace. Il a été impossible aux séides du président du parti UPRONA de prendre des sanctions contre le Major Buyoya. Monsieur Rubuka s’est alors consolé en décrétant hâtivement la suspension d’un nombre alarmant de députés appartenant au parti. Comme qui dirait que Rubuka a essayé de fuir les griffes du tigre en allant se blottir dans ses crocs. Les Burundais diraient qu’il a essayé de fuir la pluie en allant se cacher dans la rivière. Le courant va finir par l’emporter sans faute. « Attention aux mauvais conseillers, attention aux mauvais camarades », dit une chanson ! Travailler pour l’intérêt du peuple et laisser braire Pour cacher le malaise et la peur qui ne cesse d’envahir les présidents Aloys Rubuka et Léonce Ngendakumana, on perd les pédales en envoyant des hérauts crier urbi et orbi que l’assemblée nationale serait malade d’un seul mal : l’honorable Pie Ntavyohanyuma. Ceux qui aiment les saltimbanques qui savent bien amuser la galerie étaient alors servis. Le peuple, quant à lui, maudit ces farceurs et appelle sur eux les pires malédictions comme ce fut le cas pour un Pharaon qui n’écoutait pas la volonté d’un peuple, la voix de Dieu. Le peuple se prononce de plus en plus en faveur d’un référendum qui nous débarrasserait de ces minables députés. Heureusement que dans la pratique, l’assemblée nationale n’est pas aussi paralysée que le souhaitent les hommes politiques aux ambitions démesurées. Les commissions se mettent progressivement en place. Comme si la grande majorité des députés avait compris la sagesse de l’adage qui dit qu’il faut bien travailler et laisser braire. - 20 mars 2008, Samson Kwizera Mise en ligne: Janvier Mbarushimana |
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Document source: Abarundi.org |
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authors: Samson Kwizera |