Burundi

Actualité
Bulletin No 110
Semaine du 05 Mai 2008

LE PALIPEHUTU-FNL DANS UNE BOUCLE SANS FIN

mercredi 7 mai 2008 par Jean-Claude Mubisharukanywa

Bujumbura, le 07/05/2008 (Burundi-Info). -Depuis le 17 avril 2008, le Parti pour la Libération du Peuple Hutu-Forces Nationales de Libération (PALIPEHUTU-FNL), a attaqué les quartiers nord et sud de la Capitale Bujumbura, ainsi que certaines localités de la province Kayanza, Bujumbura Rural et Bubanza, en violation flagrante de l’accord global de cessez-le feu signé le 7 septembre 2006 entre ce mouvement et le Gouvernement du Burundi.

D’aucuns se demandent les motivations profondes de cette agression puisque les explications avancées pur justifier cette acte belliqueux n’ont convaincu que ce mouvement lui-même.

Ces attaques lancées à l’aveuglette ont arraché de sa quiétude nocturne la population des quartiers indistinctement visés, incluant la résidence de l’envoyé de Sa sainteté le Pape Benoït XVI au Burundi.

Avant ces attaques, l’on se souviendra que le PALIPEHUTU-FNL avait proféré à plusieurs reprises des accusations contre le Gouvernement, faisant état du refus de celui-ci de lui accorder une immunité provisoire, alors qu’il y’a toujours une immunité même en cours aujourd’hui et que les membres de ce mouvement peuvent se prévaloir n’importe quand.

En effet, les plus hautes institutions du pays, qui ont délivré cette immunité provisoire, sont les mêmes qui sont sollicités encore aujourd’hui pour produire une autre immunité qui se juxtaposerait à celle qui est toujours en cours.

Rappelons que c’est la même immunité provisoire que le FNL a utilisé lorsque ses membres sont venus à Bujumbura pour participer dans le MCVS (Mécanisme Conjoint de Vérification et de Suivi).

Le MCVS avait été mise en place le 11 octobre 2006 et ses travaux n’ont débuté à Bujumbura qu’avec quatre mois de retard, soit le 19 février 2007. Sans aucune explication, les membres du PALIPEHUTU-FNL ont suspendu leur participation au MCVS le 26 mars 2007 et les travaux n’ont repris que trois mois plus tard, soit le 28 juin 2007. Le 23 juillet 2007, c’était le départ définitif des FNL.

Il est important de signaler qu’en aucun cas pendant le peu de temps qu’ils sont restés à Bujumbura, les FNL n’ont jamais invoqué une quelconque insécurité ou un quelconque accrochage avec les forces gouvernementales, ou encore avec la justice burundaise. Ils ont pleinement joui de leur immunité, sans aucune inquiétude.

Le retrait brutal du PALIPEHUTU-FNL du MCVS, de même que ces récentes attaques, font actuellement l’objet de plusieurs questionnements. Pendant que du côté du PALIPEHUTU-FNL on invoque un faux prétexte d’immunité, certains acteurs politiques vont jusqu’à mettre sur le même pieds d’égalité ce mouvement et le Gouvernement, ou encore que la facilitation ne sait pas ce qu’elle fait.

Tous ces amalgames méritent d’être décantés pour y voir plus clair. Du côté Gouvernement, il convient de préciser que c’est un gouvernement d’union nationale, issu des élections démocratiques de 2005. Le peuple l’a mandaté pour accomplir une mission précise dont la sauvegarde de la paix, la stabilité, le développement, ainsi que la poursuite des négociations avec le mouvement rebelle restant.

Le Gouvernement s’est acquitté dignement de cette mission malgré les contraintes socio-politiques et économiques qui n’étaient pas des plus favorables.

Du côté de la facilitation, les pays membres de l’Initiative Régionale ont accompagné cette volonté de recouvrer à tout prix la paix et la stabilité au Burundi à travers une série d’assistances matérialisées dans de multiples rencontres à Dar es Salam, à Kampala, en Afrique du Sud

Contre vents et marées, la facilitation a déployé tous les efforts qui méritent des encouragements de la part des parties en négociations. La mission de la facilitation est donc claire et précise et a été exécutée comme telle. Mais là où les choses ne sont pas claires, c’est que le PALIPEHUTU-FNL désavoue la facilitation pour des prétextes de complaisances au Gouvernement.

Cette démarche obscure du PALIPEHUTU-FNL de toujours mettre dos à dos le Gouvernement et la Facilitation, ne le met pas à l’abri de la confusion qu’il crée lui-même. Car en effet, les choses qui se connaissent bien s’énoncent clairement. Plutôt que projeter sur les autres toutes ces différentes incapacités dans l’espoir de se mettre au dessus de la mêlée, le PALIPEHUTU-FNL devrait faire une auto-analyse pour voir si réellement cette confusion qu’il entretient, n’est finalement pas sa seule contribution depuis le début des négociations jusqu’aujourd’hui.

Jusque quand le PALIPEHUTU-FNL continuera-t-il à tourner dans cette boucle sans fin pour cesser d’être victime de ses propres créations ?

Jean-Claude MUBISHARUKANYWA

Mise en ligne: Janvier Mbarushimana

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