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No 108 Semaine du 21 avril 2008 |
La loi des gangs à Ruyigi ! |
Bujumbura le 24 avril 2008 (abarundi.org) - La province de Ruyigi a défrayé la chronique dès le début de cette année par l’assassinat d’une volontaire française de l’ONG Action Contre la Faim. Ce crime crapuleux a eu pour conséquence la fermeture des activités de ladite ONG et son départ du Burundi. Cette perte aurait dû suffire pour convaincre les habitants de la province de l’importance de faciliter la tâche au personnel des ONG. Les événements du moment prouvent le contraire, hélas ! Des jeunes du chef lieu de la province de Ruyigi, des gens déscolarisés, d'autres analphabètes ou diplômés en chômage, menacent la sécurité des organisations internationales et non gouvernementales (ONG) oeuvrant dans cette province. Dans une correspondance adressée à ces organisations, il se lit des menaces graves au cas où elles n'accepteraient pas de les embaucher. Le lundi 21 avril, un chauffeur de la Croix rouge n'a pas pu circuler. Les jeunes avaient érigé des barricades contre le véhicule et menacé le chauffeur. La même menace avait eu lieu au bureau de l'Association Internationale des Volontaires laïcs (UVA) qui, dernièrement, venait d'engager un chauffeur originaire de la colline Burenza, en commune de Butaganzwa, dans la même province. Les jeunes avaient refusé que ce chauffeur circule librement. Pour eux, le chauffeur en question n'avait pas le droit d'être engagé parce qu'il n'est pas originaire de la commune Ruyigi. D’autres menaces avaient été adressées au Conseil Norvégien pour les Réfugiés (CNR) qui venait de muter un chauffeur et de le remplacer par un autre. Les jeunes exigeaient que le chauffeur arrivé dans cette procédure de mutation soit renvoyé pour être remplacé par l’un d’entre eux. « Sinon », menaçaient-ils, « le nouveau chauffeur n'aura pas la liberté de circuler » ! Ce même lundi, une deuxième menace a été proférée à l'endroit de la croix Rouge Burundi. Les jeunes accusent les organisations et d'autres organismes de bienfaisance de venir à Ruyigi avec un staff étranger à la province y compris les chauffeurs. Il convient de préciser que parmi ces jeunes, il y en a qui ont un diplôme d'instituteur mais qui ne veulent pas être engagés dans la fonction Publique parce que l'Etat paie des salaires dérisoires. Ils réclament que les chauffeurs non natifs de la province soient remerciés pour qu'ils les remplacent ! Les responsables de ces organisations indiquent que les revendications des jeunes ne sont pas fondées parce que quand ils veulent engager les travailleurs, les appels d'offres sont radiodiffusés, publiés dans les journaux et affichés sur des places publiques. La sélection se ferait dans la transparence. Mais rares sont les jeunes de Ruyigi qui se présentent à Bujumbura, où les tests de sélection se déroulent généralement. Ces responsables regrettent plutôt la montée de cette « xénophobie » chez les jeunes du chef lieu de la province Ruyigi. Ils rappellent que tout Burundais a le droit de s'établir et de travailler n'importe où sur le territoire de la République du Burundi. Ils demandent aux autorités de décourager ces comportements et de sévir contre les actions qui empêcheraient les ONG d’accomplir leurs missions conformément aux accords signés avec la République. De l’avis
des observateurs sur place, l’administrateur de la commune de Ruyigi
se montrerait complaisant envers ces jeunes. Il se dit également
que la mort de la volontaire française hante les esprits au chef-lieu
de la province de Ruyigi. De toute façon, il est inadmissible que
des caïds imposent la loi de gangs à une partie du pays. La rédaction (d’après un document de l’ABP) Mise en ligne: Janvier Mbarushimana |
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Document source: Abarundi.org |
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authors: abarundi.org |