Burundi

Actualité
Bulletin No 97
Semaine du 21 janvier 2008

Insécurité à Ruyigi avant et après l’attaque contre la résidence du gouverneur

Bujumbura le 18.01.2008 (Samson Kwizera)

Bien avant l’assassinat de l’agent de l’ONG Action Contre la Faim, un volcan couvait au chef-lieu de la province de Ruyigi tandis que Magy était aux anges dans ses draps chauds avec son amant camerounais, un ancien fonctionnaire du HCR à Bujumbura et actuellement en poste au Tchad. Le secret de polichinelle fait état d’un projet de mariage qui a été abandonné par Magy car ses conseillers lui ont fait remarquer que son ONG disparaîtrait! Mais Magy en voudrait aux Hutus qui travaillent chez elle d’avoir divulgué le secret de ses amours pas du tout platoniques! Elle ne fait que haïr car elle est loin d’ignorer que « la haine n’aura pas le dernier mot ». Elle vient d’inaugurer un hôpital moderne à Ruyigi dédié à la mère et à l’enfant. Mais le sang des Françaises de l’ACF hante la ville de Ruyigi.

Il se raconte que l’ONG maison Shalom de Marguerite Barankitse plus connue sous le diminutif de Magy ne voyait pas d’un bon œil la manière de recruter le personnel et de travailler de l’ONG français. D’autres indiscrétions disent que Magy garderait une dent contre ACF depuis qu’elle s’est pointée en retard pourtant, à un bureau où une aide substantielle attendait le Burundi. Quand Magy est arrivée sur place, l’aide venait d’être accordée aux philanthropes français. Ces informations que Magy qualifie de grotesques viennent conforter d’autres accusations faisant état de discrimination envers les orphelins d’ethnie hutue étant donné que Magy louerait des résidences à Bujumbura pour les orphelins tutsis tandis que les hutus doivent obligatoirement se contenter de l’internat. Dans un pays comme le Burundi où bien des orphelins n’ont personne pour les aider, on comprend que Magy mérite plutôt des encouragements. Et si elle est amoureuse, on l’applaudit des deux mains!
Disons que la personnalité de Magy est traînée dans la boue depuis que son employée, madame Flora Ndayisenga a été confondue et arrêtée pour avoir entraîné deux Françaises dans le guet-apens du 31 décembre dernier. Après la perquisition ordonnée par le gouverneur via le procureur de la République, l’arme du crime qui a été saisie appartient à une certaine Clavera.

Il se raconte que cette femme avait reçu cette arme de son époux Stany (décédé en 2004). Le mari avait acheté le fusil à un policier du nom de Nkeshimana. Celui-ci avait volé ledit fusil à son collègue et l’avait vendu à Stany pour un montant de 250 mille francs bu. Il faut préciser que le policier à qui Nkeshimana avait volé le fusil a passé bien des années en prison pour perte d’arme à feu en période de guerre. Après la mort de son époux, Clavera a gardé le fusil et le louait à des bandits. Les enquêtes policières indiquent que le fusil de Clavera aurait été utilisé dans plusieurs vols perpétrés chez des commerçants à Ruyigi et ailleurs.

Lors de la perquisition effectuée dans la matinée du 1 janvier dernier, le fusil de Clavera a été saisi. L’expertise militaire a confirmé que l’arme avait servi il n’y avait plusieurs heures. Quand les policiers ont demandé à Clavera ce qu’elle pensait de cette expertise, elle a confié avoir loué l’arme au policier du nom de Nkeshimana qui ne lui a ramené le fusil que le 31 décembre tard dans la soirée. Or, les coups de feu subis par les Françaises avaient été tirés avant 20 heures!

On signale qu’une trentaine de minutes après l’arrivée des Françaises à l’hôpital de Ruyigi, ce même Nkeshimana est venu l’hôpital voir les victimes et leur témoigner de sa compassion. On comprend qu’il venait s’assurer de leur mort inéluctable. Devant le constat que mademoiselle Aude survivrait, le même Nkeshimana a essayé de brouiller les pistes en dénonçant les prénommés Modeste et Stany, deux ex-employés de l’ACF comme étant les auteurs du forfait.

Pour le moment, Flora Ndayisenga et son époux, Clavera, Nkeshimana, Modeste et Stany sont sous les verrous à Gitega. Des manœuvres ont été montées pour sortir Flora de la prison en prétendant qu’elle souffrait d’une infection grave dans les parties génitales. Or, les infirmières de la prison et celles de l’hôpital de Gitega qui l’ont examinée n’ont décelé qu’un problème pas si grave mais lié aux règles douloureuses!

La fouille qui a été effectuée le 1 janvier n’a concerné que le quartier Sanzu. Elle n’a pas pour autant visé que les domiciles des Tutsis car même le député Edouard Surwumwe a été perquisitionné sans que le concerné se prévale de son immunité. Depuis cette fouille, les hauts cadres tutsis du chef-lieu de province haïssent publiquement le gouverneur, monsieur Moïse Bucumi et des menaces de mort ont été lancées. Charles, le procureur de la République à Ruyigi qui a signé le mandat de perquisition à contrecœur, s’en est d’ailleurs pris à quatre personnes dont le gouverneur en les accusant d’avoir élaboré une liste secrète des maisons à fouiller longtemps. Le bruit a alors été propagé comme quoi le gouverneur chercherait à chasser les Tutsis de leurs postes. La vérité serait que le gouverneur reste l’unique grand représentant de l’Etat dans la province qui, avec le médecin provincial, soient des Hutus. On fait ainsi remarquer que le conseiller principal du gouverneur, le procureur de la République, le chef de la documentation, le directeur de DPE, le directeur de DPAE, le commissaire provincial, le directeur de l’hôpital, le commandant du 26ème bataillon et l’administrateur communal de Ruyigi sont tous des Tutsis. Inutile de dire que depuis les régimes militaires, toutes les administrations sont dominées par une ethnie. La population de Ruyigi crie à la trahison en rappelant que le CNDD-FDD a gagné plus de voix en termes de pourcentage dans tout le pays. Ils dénoncent l’arrogance des ennemis du gouverneur et surtout leurs larmes de crocodile relayés par certaines radios.

A Ruyigi, l’administrateur communal va à l’encontre des décisions du gouverneur de province. Monsieur Elie Ndikuriyo, l’administrateur communal, est pourtant très connu pour les crimes de sang qu’il a commis à Ruyigi pendant la crise. En 1994, l’actuel administrateur communal a dirigé l’opération qui s’est terminée par l’assassinat de Stany Bihwayaga (hutu, alors conseiller principal du gouverneur) et de Ntibwameze (un hutu, alors conseiller social du gouverneur). Ces deux intellectuels hutus ont été tués à coup de grenades dans leurs domiciles respectifs. Il cherche maintenant la tête de Moïse Bucumi, le gouverneur.

Rétablir l’équilibre ethnique dans les sphères du pouvoir à Ruyigi

En 1997, après le retour de major Pierre Buyoya aux affaires, il s’est rendu à Ruyigi où il s’est vu reprocher d’avoir oublié la province de Ruyigi. Le président Buyoya avait alors nommé un gouverneur hutu et madame Christine Ruhaza, alors ministre de la condition féminine s’est vue dénier toute appartenance au club des intellectuels de la province pour cette importante raison: elle était hutue! Une fois de retour à Bujumbura, le président Buyoya s’est empressé de remplacer le gouverneur par monsieur Bujaba, tutsi et président de l’association des ressortissants de Ruyigi.

Le samedi 19 janvier dernier à 1 heure et 15 du matin, le domicile du gouverneur Bucumi a été pendant trente minutes, la cible d’une attaque armée d’une trentaine d’assaillants armés de grenades et de fusils. Le gouverneur qui n’avait pas pris les menaces à la légère avait alors fait passer sa garde de 4 à 9 policiers. Ces derniers ont opposé une résistance farouche aux assaillants. Il y a eu des blessés du côté des agresseurs et beaucoup de dégâts matériels dans la résidence du gouverneur. Une fois l’agression repoussée, le gouverneur a demandé au procureur d’ordonner la perquisition dans toute la ville.

Dans cette nuit, la police et l’armée ont quadrillé la ville et procédé aux fouilles systématiques. 1 fusil a été saisi au quartier Sanzu et 4 fusils au quartier Gasanda. Les propriétaires de ces armes ont pu brandir les autorisations de port d’armes mais les fusils ont été provisoirement confisqués pour être soumis à l’expertise militaire. 4 personnes, toutes des Tutsis, ont été arrêtées avec des preuves tangibles de participation à des réunions visant l’élimination physique du gouverneur de province dont l’administrateur et le substitut du procureur. Elles viennent d’être transférées à la prison de Gitega. La tension est à son comble car les Hutus parlent maintenant de mener une mission punitive contre les familles des agresseurs du gouverneur.

Le ministre de l’intérieur, monsieur Venant Kamana (un Tutsi originaire de Ruyigi et très apprécié pour son pragmatisme) qui s’est rendu sur place ce week-end pour apaiser le climat a vu sa mission échouer car la situation appelle des changements remarquables. La balle est dans le camp de la plus haute autorité à Bujumbura pour tenir compte du mécontentement des électeurs et de l’acte d’une gravité sans pareil qu’est cette attaque armée dirigée contre le représentant du chef de l’Etat.

21 janvier 2008
Samson Kwizera

mise en ligne par Janvier Mbarushimana

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Samson Kwizera


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