Burundi

Actualité
Bulletin No 96
Semaine du 14 janvier 2008

Assassinat d’un inspecteur de l’Etat à Bujumbura

Bujumbura le 18.01.2008 (Théophile Ndimunzigo)

Depuis Paris, monsieur Gratien Rukindikiza vient de donner un signal à ses complices en sales besognes pour qu’ils éliminent monsieur Daniel Kabuto, le nouveau porte-parole du deuxième Vice-Président de la République. En effet, alors que le président de la République a signé plus d’une dizaine de décrets et autant de nominations vers la fin du mois de décembre dernier, monsieur Rukindikiza, ne publie que celui de Kabuto avec pour mot de passe aux tueurs à gages : « Kabuto remplace De Cliff »! Un code qui fait penser à celui des Belges renvoyant Patrice Emery Lumumba à ses bourreaux en prétendant « demander au Juif l’autorisation de recevoir Satan »! L’homme propose mais seul Dieu dispose.

L’entreprise démoniaque de monsieur Gratien Rukindikiza inquiète surtout qu’à Bujumbura, un autre membre de la diaspora rentré servir son pays vient de trépasser suite à un acte odieux. Monsieur Emmanuel Havyarimana est mort apparemment empoisonné par les personnes avec qui il avait partagé un repas dans la soirée du jeudi 11 janvier dernier. Paix à son âme!

A en croire ses amis à Bujumbura où il travaillait comme inspecteur de l’Etat, feu Emmanuel Havyarimana disait avoir un rendez-vous important dans cette soirée aux environs de vingt heures. Il disait attendre un coup de fil pour se rendre à ce dîner d’affaires. Il faut préciser qu’en dehors de ses lourdes charges d’inspecteur de l’Etat, feu Emmanuel Havyarimana était toujours le point focal du gouvernement dans le cadre de l’organe SIEP du ministère de l’information où il s’occupait de toutes les informations que le gouvernement publiait sur Internet. Ces dernières fonctions lui permettaient d’effectuer beaucoup de missions à travers le monde. Il comptait d’ailleurs se rendre en mission dans cette semaine.

Le jeudi 11 janvier, Emmanuel Havyarimana est rentré du dîner et après avoir garé sa voiture, a regagné sa chambre sans problèmes. Quelques instants après, il a ressenti des douleurs atroces, des vertiges et a même vomi à côté de son lit. L’agonie a été un calvaire et la mort est venue carrément le libérer sans qu’il ait pu appeler un médecin ou un ami. Depuis cet instant, son téléphone n’a fait que sonner dans le vide. Ce n’est que samedi soir que des amis et la famille préoccupés par cette anomalie dans les habitudes d’Emmanuel (car il répondait promptement aux appels ou rappelait sans tarder lorsqu’il avait manqué un appel), ont alerté la police. Ils ont tenté de contacter le procureur de la République en mairie de Bujumbura sans succès. La police a promis d’intervenir mais demandé d’attendre le lendemain. Dimanche matin donc, la police est venue forcer la porte de la maison et retrouver un corps sans vie étendu sur le lit comme dans un repos du guerrier. Elle a promis de vérifier l’origine de l’appel téléphonique fatal mais craint qu’il ne s’agisse d’un numéro anonyme!

Avant l’enterrement effectué le jeudi 17 janvier au cimetière de Mpanda, l’autopsie exigée par la famille et l’inspection générale de l’Etat n’avait pas été faite faute de matériel adéquat à l’hôpital Roi Khaled, mais les échantillons ont été relevés et seront envoyés en Europe. On espère que les Pays-Bas dont Emmanuel possédait également la nationalité prête main-forte dans ces investigations.

La diaspora burundaise de Hollande est donc interpellée pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de politique de deux poids deux mesures: quand un Blanc est assassiné au tiers monde, le monde entier monte au créneau et mobilise les moyens pour faire la lumière mais quand il s’agit d’un Noir ayant la nationalité européenne, personne ne se manifeste. C’est inadmissible.

Selon toute évidence, Emmanuel Havyarimana a été tué à cause des jalousies ou des dossiers sensibles qu’il traitait en tant qu’inspecteur de l’Etat. D’aucuns parlent d’un crime crapuleux mais l’ampleur des assassinats du côté de l’ethnie hutue serait de 75% de toutes les personnes tuées par les FNL Palipehutu, les bandits armés et les empoisonnements. En sens inverse, 75% des personnes heureuses d’avoir trouvé un emploi dans la magistrature, l’inspection générale de l’Etat, les services de l’Onatel, les ministères etc. seraient d’ethnie tutsie. Les pessimistes pensent déjà que les fonctions qu’occupait feu Emmanuel pourraient bientôt revenir à un Tutsi.

Notons que les officiers ex-rebelles ne sont pas épargnés par la campagne d’élimination car dans la soirée de mercredi dernier, le commandant du camp Muha, le Major Symphorien Karikunzira a fait face à une attaque musclée des hommes armés venus décimer sa famille. L’insécurité s’aggrave au Burundi mais les réseaux des fauteurs de troubles à l’étranger affûtent les armes pour que le régime CNDD-FDD tombe comme un fruit pourri. Malheur aux naïfs !

mise en ligne par Janvier Mbarushimana

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