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LES EX-REBELLES DEMANDENT À LA POPULATION DE VOTER « OUI » AU PROCHAIN RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION.
Bujumbura, le 07/02/2005 (abarundi.org). -« Nous demandons aux Barundi de voter à 100% OUI au référendum sur la constitution ». Telle est, en substance, la traduction du titre à la une du mensuel en Kirundi, TUMENYE UKURI (connaître la vérité), un organe d’information du CNDD-FDD, dans sa livraison du mois de février. C'est aussi le message que le Secrétaire général de l'ex-mouvement armé CNDD-FDD, M. Hussein Radjabu, a adressé aux militants et mobilisateurs politiques des zones des communes Buruhukiro, Munini, Songa, Matana, Rutovu, Vyuya, Buyengero, Rumonge et Minago, en province de Bururi, lors de sa tournée du 31 janvier dans le sud du pays. Pour ce qui est de la constitution, M. Radjabu est catégorique: il est hors de question d'en changer quoi que ce soit. « Ce n'est pas que nous-mêmes nous sommes d'accord sur tous les points contenus dans cette constitution, c'est simplement une question de principe de respect de la parole donnée, comme nos ancêtres l'ont toujours dit: Umugabo yihindukiza mu kirago ntiyihindukiza mw'ijambo », (c'est au lit qu'on peut changer de position et non quand il s'agit de la parole donnée), a-t-il instruit à ses militants et mobilisateurs politiques. « Vous savez qu’il y a pas mal de chefs de partis qui n’osent pas se présenter devant vous (le peuple) parce qu’ils n’ont aucun objectif de développement inscrit sur leur programme politique. C’est pourquoi ils traînent toujours les pieds à chaque fois qu’il y a une échéance électorale. C’est pourquoi vous devez vous présenter massivement pour voter à 100% OUI la loi fondamentale qu’est la constitution, parce que c’est cette constitution qui sera le pilier des autres élections qui suivront directement après », peut-on par ailleurs lire dans ce numéro de TUMENYE UKURI. Toutefois, les ex-rebelles se montrent très sceptiques, et surtout critiques, quant à la tenue de ce référendum le 28 février prochain, et mêmes des autres élections subséquentes, accusant ouvertement le Chef d’État d’être derrière tous ces blocages. « C’est ahurissant de voir comment M. Joseph Nzeyimana se comporte comme s’il était le porte-parole du Président Ndayizeye. Le même Nzeyimana qui, il y a quelques semaines, a incité les gens à manifester dans la ville de Bujumbura. Si ce n’était que ceux qui sont chargés de la sécurité ne sont plus des gens inféodées aux vieilles pratiques du passé mais plutôt des citoyens imprégnés des idéaux de paix du CNDD-FDD, personne ne sait où nous aurait mené ce mouvement insurrectionnel que M. Nzeyimana voulait initier », peut-on lire dans le journal. M. Joseph Nzeyimana, président d’un parti Tutsi, le RADDES, est aussi porte-parole d’une coalition de radicaux Tutsi qui ont toujours été opposés à la constitution dont il est question au référendum du 28 février. En 1993-94 après la mort tragique des présidents Ndandaye et Ntaryamira, M. Nzeyimana a été à la tête d’un mouvement insurrectionnel composé de jeunes paramilitaires Tutsi (les tristement célèbres Sans-Échecs) qui ont tué plusieurs intellectuels et universitaires Hutu. C’est dans la vague de ces assassinats ciblés qu’est né un mouvement de résistance, qui a conduit à la création du Conseil national de défense de la démocratie (CNDD) et sa branche armée, les Forces de défense de la démocratie (FDD). Le CNDD-FDD a signé en novembre 2003, un accord historique de cessez-le feu qui a jeté les bases de la création d’une nouvelle armée incluant les ex-mouvements armés, la Force Nationale de Défense (FDN). Aujourd’hui, les ex-FDD rappellent les circonstances dans lesquelles l’ex-mouvement armé a accepté d’arrêter la guerre, s’asseoir sur la table de négociation et finalement entrer au gouvernement. Pour eux, la constitution qui sera soumise au référendum le 28 février prochain est un condensé des compromis importants que les ex-rebelles ont dû accepter pour arrêter la guerre. « Il est important de se rappeler que la constitution sur laquelle il faudra se prononcer au prochain référendum a été le résultat des accords arrachés dans des conditions difficiles que vous connaissez. Cette constitution n’est rien d’autre qu’une compilation des différents accords de paix, dont l’Accord d’Arusha, et de l’Accord Global de Cessez-le feu. Ceux qui sont en train de vouloir les changer, ce sont eux-même qui les avaient signés, ce sont eux-même qui nous avaient demandé d’arrêter la guerre », peut-on lire dans ce mensuel en Kirundi, langue nationale. Acculé de par et d’autres même au sein de sa formation politique, le FRODEBU, et surtout après une mise en garde claire des présidents de la sous-région par l’intermédiaire du médiateur Jacob Zuma, le Président Domitien Ndayizeye a finalement jeté du lest et annoncé qu’il abandonnait son projet de modifier la constitution. Cependant, une source diplomatique bien informé croit que Ndayizeye a toujours fait réapparaître les FNL dans le décor à chaque fois qu’il voulait prolonger certaines échéances. Cette source n’exclut pas la possibilité que Domitien Ndayizeye et M. Pasteur Habimana, porte-parole du FNL, puissent avoir conclu des ententes secrètes de collaboration mutuelle. Cette source assure que les pays de la sous-région et l’ONU enquêtent discrètement sur cette possibilité. /Steve De Cliff. Copyright © 2001-2005 abarundi.org. All right reserved. |
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