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Le gouvernement Burundais les a appelé cyniquement « Gardiens de la Paix ». Mais dans les faits, il s’agit d’une milice recrutée et armée par le gouvernement pour prêter main-forte aux forces de sécurités. Sur le plan juridique, ces miliciens n’ont aucun statut, aucune rémunération, et apparemment aucun compte à rendre à qui que ce soit. En d’autres termes, ils ont un permis de tuer, et c’est ce qu’ils font tous les jours. Le gouvernement encourage et ferme les yeux sur les exactions commises par cette milice qui n’est régie par aucune loi ni aucune structure de commandement. Parce qu’elle fait la sale besogne en faisant le «travail» qui revient normalement aux forces de l’ordre. Cette milice de type INTERAHAMWE est sous la direction du Ministre de l'intérieur et de la sécurité publique, M. Salvator Ntihabose aujourd’hui en visite au Canada. Ces pseudo gardiens de la paix ne font que traumatiser la population civile innocente par le vol, le viol ainsi que des assassinats ciblés. Exactement comme les tristement célèbres INTERAHAMWE, exécutants du génocide au Rwanda en 1994. C'est un crime contre l'humanité que d'avoir distribué des armes à des gens qui ne sont régies par aucun texte et donc qui n'ont aucune rémunération pour le «travail » qu'ils accomplissent. Même si la paix revenait, cette milice constituera un danger d’insécurité permanente. C’est comme si le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique n’avait rien appris de l’histoire récente du Rwanda où des centaines de milliers de citoyens ont été systématiquement assassinés par une milice devenue incontrôlable.
LE
SÉNAT BURUNDAIS:
UNE
HONTE ET UN VÉRITABLE DÉSHONNEUR POUR LE BURUNDI.
Alors qu’ailleurs un sénat est une
institution dirigée par de grands sages et des personnes qui doivent justifier
d’un casier judiciaire vierge et d’un certificat de bonne conduite vie et
mœurs, le sénat burundais apparaît
comme un refuge officiel pour certains criminels qui ont endeuillé le pays et
qui l’ont enfoncé dans l’abîme dans laquelle il a sombré depuis l’indépendance
du pays en 1962. Conçu sur une base d'équilibre strictement ethnique, des
dictateurs, des putschistes et des personnes coupables de crimes contre
l’humanité y sont accueillies avec le titre d’ « HONORABLE ».
Certains de ces « honorables » qui siègent au sénat sont des gens
qui, dans d’autres Etats de Droit, devraient
être traduit en justice et jeter en prison de grande sécurité pour
toutes sortes de crimes contre l’ humanité. Certains de ces
« honorables » sont déjà connus : Mr. Libère Bararunyeretse, qui
est le Président de ce sénat, est l’un des artisans et concepteurs du coup
d’Etat du 21 octobre 1993 qui a déclenché la guerre qui dure depuis dix ans. Le
Colonel Jean Bikomagu est l’homme qui a livré le Président assassiné à ses
bourreaux en ces termes : « voici l’homme que vous cherchez ».
Certains enfants de ces « honorables » se sont réfugiés au Canada,
notamment le fils de Jean Bikomagu, qui réside actuellement dans la région de
la capitale nationale. Ces
« honorables » jouissent d’une immunité sénatoriale qui les soustrait
pratiquement de toute poursuite judiciaire mais nous espérons que les Pinochet
burundais vont commencer à être arrêtés dans un avenir proche.
LA
JUSTICE BURUNDAISE:
LES
ASSASSINS DE TOUT ACABIT COURENT TOUJOURS.
La justice burundaise doit être restructurée. Les auteurs des génocides et crimes contre l'humanité commis au Burundi en 1965, 1969, 1972, 1979, 1988, 1993 sont toujours en liberté. Les assassins du président Melchior Ndadaye et ses collaborateurs courent toujours. On a arrêté quelques exécutants qui ont miraculeusement disparu, assassinés sans doute pour éviter de remonter aux véritables commanditaires de ce crime sans nom. Même choses pour les assassins et commanditaires de l'assassinat du Docteur Kassi Manlan représentant de l'OMS au Burundi. La justice burundaise doit avoir le courage de faire comparaître le Major Pierre Buyoya et son épouse qui sont souvent cités dans cette affaire. Nous savons que le Docteur Manlan a été tué parce qu’il en savait trop sur les détournements des fonds et médicaments destinés à la lutte contre la malaria. Par ce détournement, des milliers de Burundais sont morts par manque de soins médicaux. Il s’agit d’un autre dossier de crime contre l’humanité que la communauté internationale ne devrait pas laisser impuni. L’immunité sénatorial dont Buyoya jouit actuellement en tant qu’ancien chef d’Etat ne devrait pas servir d’obstacle pour ne pas le faire comparaître. Un autre dossier de parodie judiciaire est celui des tueries de Taba l’année passée où plus d’un milliers de civils, femmes, enfants et vieillards ont été délibérément tués, de façon systématique, par l’armée burundaise. Les officiers auteurs de ces exécutions sommaires ont été identifiés, emprisonnés et libérés juste à peine quatre mois après. Ces officiers sont devenus des héros devant d’autres criminels éventuels qui ne se gêneront pas avant de commettre les mêmes forfaits. Le Burundi est un pays où l’impunité et la corruption s’est inscrit en permanence dans la gestion des institutions de l’État. Et même dans le cas où les auteurs des détournements de fonds publics sont connus, rien n’est fait pour recouvrer les fonds publics comme en témoigne le cas de ceux qui ont détournés les fonds publics dans les missions diplomatiques. Ces criminels sont connus par les deux ministres aujourd’hui en mission au Canada.
UNE
VISITE PRÉMATURÉE:
Cette visite des ministres du
Gouvernement de transition est prématurée si c'est pour dire à la communauté
internationale et à la diaspora burundaise que toutes les questions ont trouvé
des solutions, que la paix est revenue, que le moment est donc venu pour la
communauté internationale de débourser les fonds pour reconstruire le pays. Les
membres de la cellule du CNDD-FDD de la capitale du Canada ne sont pas opposés
à ce qu’une aide internationale soit accordée au Burundi, cette aide est même
nécessaire, voire indispensable. Mais nous croyons qu’il serait prématuré
d’autoriser le déboursement de cette aide, parce que le pays n’a pas encore
franchi le point de non retour vers une STABILITÉ POLITIQUE. Actuellement, le
pays est encore dirigé par ceux-là mêmes qui ont contribué à son déclin, au
sein d’une alliance mafieuse entre les anciens putschistes et les anciens élus
(UPRONA-FRODEBU). La mise en application stricte de l'accord global signé à Dar
es Salaam le 16 Novembre 2003 devrait conditionner tout déblocage de fond
destiné au Burundi. Nous sommes conscients que La population burundaise vit une
situation plus que désastreuse, la voie des agences humanitaires devrait
être la priorité aujourd'hui.
Nous disons que cette visite ne reflète
pas le cours du processus de paix en cours au Burundi. Elle est prématurée parce
que nous ne voyons pas les représentants de l’opposition armé et non armée.
Nous avons plutôt l’impression qu’il y a une sorte de précipitation pour venir
faire passer un certain message avant l’entrée au gouvernement des nouveaux
acteurs.
Pour le CNDD-FDD, cellule d’Ottawa-Gatineau
Dr Georges Gahungu, Président
| Document source: CNDD-FDD |
Author: Dr Georges Gahungu |
URL: http://www.abarundi.org |