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Les ministres burundais ex-rebelles refusent de prêter serment

BUJUMBURA, 11 déc (AFP) - Le chef de l'ex-principal groupe rebelle du Burundi et nouveau ministre d'Etat, Pierre Nkurunziza, a conditionné jeudi la prestation de serment des nouveaux ministres issus de son mouvement à la mise en place des états-majors intégrés.

"Si nous nous en tenons à l'accord signé (le 16 novembre entre les rebelles des Forces pour la défense de la démocratie, et le gouvernement burundais), il est clair que notre entrée dans le gouvernement devait coïncider avec la mise en place des états-majors intégrés de l'armée, de la police et des services de sécurité", a déclaré Pierre Nkurunziza à la presse à Bujumbura.

Or les états-majors intégrés n'ont toujours pas été constitués.

"Vous comprenez donc que la prestation de serment aux institutions de l'Etat doit être retardée", a ajouté Pierre Nkurunziza au moment où il prenait ses fonctions de ministre d'Etat.

La prestation de serment des nouveaux ministres devait avoir lieu dès la nomination de ces derniers, le 23 novembre.

Pierre Nkurunziza, qui dirigeait le mouvement rebelle des Forces pour la défense de la démocratie (FDD), a signé le 16 novembre à Dar es-Salaam (Tanzanie) un accord de paix global avec le président burundais Domitien Ndayizeye.

Cet accord prévoyait la mise en place d'un gouvernement comprenant les FDD et la création des états-majors intégrés pour le 23 novembre.

Le nouveau gouvernement a été formé. Pierre Nkurunziza a été nommé ministre d'Etat chargé de la Bonne gouvernance et de l'Inspection générale de l'Etat, devenant le troisième personnage de l'exécutif. Les FDD ont reçu trois autres ministères, conformément à l'accord de paix.

Mais les états-majors intégrés ne sont toujours pas mis en place.

Les ex-rebelles doivent participer à hauteur de 40% dans l'état-major intégré de l'armée, et à hauteur de 35% dans celui de la police et des services de renseignements.

"Ces état-majors, qui sont cruciaux, ne sont pas encore mis en place, alors qu'ils doivent tout planifier, quant à la formation des nouveaux corps de défense et de sécurité", a expliqué à l'AFP le porte-parole des FDD, le colonel Gélase Daniel Ndabirabe.

"Prêter serment aujourd'hui signifierait faire avancer les choses sur le plan politique, sans que le plan militaire suive", a-t-il ajouté.

La guerre civile au Burundi qui oppose depuis 1993 les rebelles hutus et l'armée, dominée par la minorité tutsie, a fait plus de 300.000 morts, en majorité des civils.

C'est l'assassinat du premier président démocratiquement élu du Burundi, Melchior Ndadaye, un Hutu, le 21 octobre 1993 au cours d'une tentative de coup d'Etat militaire, qui a déclenché le conflit.

Un seul mouvement rebelle hutu, les Forces nationales de libération (FNL), continue aujourd'hui la guerre.

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AFP
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AFP
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